« Les doigts de Francis et la clé à molette de Georges : Quand la recherche en littérature populaire arabe était une affaire d’avant-garde » (Iyas Hassan, in Carnet « Hypothèses » du programme Littératures Populaires du Levant (LiPoL), 2021)

Cette article retrace l’histoire des manuscrits du Roman de Baybars, dont l’édition est soutenue depuis 2000 par l’ENS puis par ICAR et dont le dix-huitième et dernier volume est sur le point de paraître.

 

En savoir plus : article disponible en ligne sur les Carnets Hypothèses de l’ANR LiPoL

 

 

« Exploring how language exposure shapes oral narrative skills in French-English emergent bilingual first graders » (Cathy Cohen, Eurydice Bauer et Jacob Minniear, in « Linguistics and Education », vol. 63, 2021)

This study explores how language exposure may shape oral narrative skills in three first grade French-English emergent bilinguals attending an international programme at a state school in France. The students come from three different home language backgrounds (English dominant; French dominant; both French and English). Parent questionnaires provide information on current and cumulative exposure and home literacy practices. Spontaneous oral narratives are elicited in French and English. Microstructure, macrostructure, and narrative quality analyses show that while one language may appear to be dominant, notably for certain microstructure skills, performance in other areas may be superior in the other language.

The study highlights how different actors’ agency (children, parents, siblings, teachers) may contribute to language learning trajectories and outcomes, steering dual language acquisition. For teachers, the study reiterates the complexity of language learning and the need to diversify activities to ensure that students are processing and producing language appropriately.

En savoir plus : article disponible sur la plateforme ScienceDirect via BibCnrs (accès authentifié)

Nous et les autres animaux (Catherine Kerbrat-Orecchioni, Labyrinthes, 2021)

Chaque jour, en France, plus de trois millions d’animaux « sentients » (c’est-à-dire dotés tout à la fois de sensibilité et de conscience) sont abattus pour nos besoins et plaisirs alimentaires, au terme d’une vie généralement courte et misérable ; et ce ne sont pas les seuls sévices que nous infligeons à nos « frères inférieurs », sur lesquels notre espèce règne sans partage.

Cette attitude violemment discriminatoire a aujourd’hui un nom : le « spécisme », que résume parfaitement la formule « ce ne sont que des animaux ». La présente étude explore les différentes facettes de ce spécisme, ainsi que les différentes critiques dont il est aujourd’hui l’objet. Depuis quelques années en effet, la « question animale » est admise, dans toutes sortes de champs disciplinaires, au rang d’objet scientifique à part entière, tout en prêtant à de vives controverses étant donné l’importance des enjeux théoriques, éthiques et pratiques qui s’y attachent. Controverses et enjeux dont cet ouvrage s’emploie à faire l’inventaire, débouchant sur une sorte d’état des lieux en matière de question animale.

En 1989, paraissait l’essai de Tzvetan Todorov intitulé Nous et les autres : « nous », c’est-à-dire le groupe culturel et social auquel on appartient, et « les autres », c’est-à-dire ceux qui n’en font pas partie. Au cœur de la réflexion, cette question : « comment peut-on, comment doit-on se comporter à l’égard de ceux qui n’appartiennent pas à la même communauté que nous ? », ou en d’autres termes : comment en finir avec l’ethnocentrisme ? Trente ans plus tard, il est tentant de chercher à transposer sur un plan plus large ce « nous » et ce « les autres ». L’heure est venue de se demander sérieusement comment nous les humains, nous devons nous comporter à l’égard de ceux qui n’appartiennent pas à la même espèce que nous, et comment on peut en finir avec les formes les plus indéfendables de l’anthropocentrisme.

En savoir plus : consulter le site Web l’éditeur ; extraits disponibles via Google Books

La fin du game ? Les jeux vidéo au quotidien (David Gerber, Hovig Ter Minassian, Isabel Colón de Carvajal [et al.], Presses universitaires François-Rabelais, 2021)

À la maison ou dans les transports, au bureau ou aux toilettes, les jeux vidéo sont partout. La banalisation de ce loisir électronique dans toutes les tranches d’âge et toutes les catégories de la société s’est accompagnée d’une diversification des publics mais aussi des manières de jouer.
Loin de l’image caricaturale du mâle adolescent jouant des heures durant à des jeux de tir, désormais les jeux vidéo sont pour beaucoup une activité ordinaire qui trouve place dans les interstices, les temps libres des routines journalières ou hebdomadaires. Ils sont imbriqués dans les modes de vie et contribuent aux modes d’habiter.

Fruit d’un travail de recherche collectif, ce livre analyse la place de ces pratiques vidéoludiques au quotidien. Comment joue-t-on aux jeux vidéo aujourd’hui ? Qui joue, où, et avec qui ? Quelles sont les diverses pratiques, de sociabilité, d’échanges mais aussi de mobilités et de marquage de l’espace, qui se développent autour de ce loisir électronique ? Quelles sont les émotions, les expériences, les affects, que les jeux vidéo rendent possible ?

Cette exploration inédite du domaine des jeux vidéo étudie la diversité de leurs publics, les pratiques que ces derniers développent, et les expériences qui s’y éprouvent.

En savoir plus : consulter le site Web de l’éditeur

« La corrélation motivée et régulière du son et du sens au sein du signe linguistique » (Georges Bohas, in « Le morphème en question. Exemples multilingues d’analyse submorphologique », Presses universitaires de Provence, 2021)

Résumé de l’ouvrage : le parti pris des études réunies dans ce volume – suite à une journée d’études organisée à la Maison de la Recherche d’Aix-en-Provence en juin 2018 – est d’explorer le niveau non pas supra mais infra-segmental du signe et d’essayer de montrer qu’en deçà du morphème (donc à un niveau sub-morphologique, pré-sémantique et pré-conscient) se situent des éléments constitutifs du versant phonique qui peuvent contribuer à l’émergence du sens et à la construction de réseaux.

Se trouvent ainsi mises au premier plan la question de la relation iconique entre le son et le sens, l’inscription corporelle de la cognition ainsi que l’importance de la synesthésie au cœur du langage.

L’intérêt du recueil est de réunir des articles qui, portant sur des langues pas toujours apparentées (anglais, arabe, espagnol, français, italien, guarani), proposent des approches certes similaires mais non strictement identiques. Le volume est donc autant un état des lieux que la confrontation de regards croisés critiques sur la méthode et la terminologie de la submorphologie dont l’objectif est d’essayer d’isoler, d’analyser et de mieux comprendre ces éléments inférieurs au morphème.

En savoir plus : sommaire de l’ouvrage disponible sur le site Web de l’éditeur

Discours programmateurs et mise en situation (Pierluigi Basso Fossali (dir), « Langages », vol. 221, n°1, 2021)

Cette nouvelle livraison de Langages porte sur les discours dits « programmateurs », étiquette générique déjà utilisée par A. J. Greimas (1983) qui s’ajoute à la longue liste de termes plus ou moins synonymes, rappelée par J.-M. Adam (2001), de textes « régulateurs » (Mortara Garavelli 1988), « procéduraux » (Longacre 1982), « instructionnels-prescriptifs » (Werlich 1975), « injonctifs-instructionnels » (Adam 1987) ou encore « textes de conseil » (Lüger 1995).

Elle veut se positionner dans la continuité de deux contributions scientifiques qui ont inscrit, dans les intérêts typologiques et descriptifs des sciences du langage, les discours consacrés à programmer et à illustrer techniquement l’action : le numéro de Langages sur « Les discours procéduraux » et le numéro de Pratiques sur « Les consignes dans et hors l’école », tous les deux, dirigés par C. Garcia-Debanc et parus en 2001.

Le numéro, dirigé par Pierluigi Basso Fossali, comporte de nombreuses contributions de membres d’ICAR :

  • Odile Le Guern : S’approprier des connaissances encyclopédiques : Le cas de la leçon d’histoire entre fiction et documentaire ;
  • Didier Bottineau : Textes programmateurs et scénarisations interactionnelles : Les instructions autour de la natation en piscine et en extérieur du point de vue de l’énaction, perspective contrastive ;
  • Pierluigi Basso Fossali et Julien Thiburce : La gestion du risque dans la ville : Patterns procéduraux dans les guides d’information et de prévention ;
  • Biagio Ursi : Le texte programmateur à l’épreuve des pratiques : une étude interactionnelle de la mobilisation de recettes de cuisine en situation ;
  • Heike Baldauf-Quilliatre et Isabel Colón de Carvajal : Séquences de guidage dans des sessions de jeux vidéo : Comment co-construire la programmation d’une action dans l’interaction ? ;
  • Audrey Mazur-Palandre, Jean-Marc Colletta et Kristine Lund : Alors, là, je vais vous expliquer comment on joue ! Explication procédurale finalisée dans une perspective développementale.

En savoir plus : numéro disponible en ligne via CAIRN (accès authentifié)

« Risques et atouts de l’approche interactionniste dans la formation sur l’interprétation en milieu social » (Anna Claudia Ticca, in « Bulletin de linguistique et des sciences du langage », n°31, 2020)

Contribution au numéro thématique intitulé « L’interprétariat dans la santé. Études linguistiques de terrain et activités de formation. Actes de colloque sous la direction d’Orest Weber ».

 

 

 

En savoir plus : consulter le sommaire du numéro à l’adresse suivante

« ODIMEDI : un outil numérique pour la formation des interprètes et des intervenants en santé » (Vanessa Piccoli, in « Bulletin de linguistique et des sciences du langage », n°31, 2020)

Contribution au numéro thématique intitulé « L’interprétariat dans la santé. Études linguistiques de terrain et activités de formation. Actes de colloque sous la direction d’Orest Weber ».

 

 

 

En savoir plus : consulter le sommaire du numéro à l’adresse suivante

Les stratégies métriques dans le Coran (Georges Bohas, Geuthner, 2021)

Bien que le Coran manifeste de l’hostilité envers les poètes (Les Poètes, 26, 224-226 : Ne vois-tu pas qu’en chaque vallée ils divaguent et disent ce qu’ils ne font point), cette hostilité concerne le « fond » et non la « forme » et une échappatoire est offerte aux poètes qui se rallient à la foi : (Les Poètes, 26, 227) Exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allāh et qui bénéficient de notre aide après avoir été traités injustement.

En réalité, le Coran et la poésie arabe recourent à la même combinatoire métrique, la poésie en faisant un usage contraint et le Coran un usage libre, les deux recourant à des stratégies différentes.

 

En savoir plus : résumé complet disponible sur le site Web de l’éditeur

Homo Narrans. Pour une analyse énonciative et interactionnelle du récit (Alain Rabatel, Lambert Lucas, 2020)

Deuxième édition corrigée des deux tomes réunis en un seul volume.

Homo narrans , c’est le sujet humain anthropologiquement saisi comme conteur d’histoires, l’Homme aux mille points de vue, aux mille voix. À l’analyse immanentiste du récit qui prévaut généralement en narratologie, l’ouvrage propose de substituer une approche énonciative et interactionnelle.
Le Tome I, Les Points de vue et la logique de la narration, est centré sur la problématique énonciative et interactionnelle des points de vue. Il distingue ces derniers selon leur source énonciative, leurs marques linguistiques et leurs effets textuels. Ce cadre, confronté à de grands textes (la Bible, les contes de Maupassant, Les Lauriers sont coupés, etc.), met en lumière des enjeux interprétatifs de premier ordre.
Le Tome II, Dialogisme et polyphonie dans le récit, montre comment l’approche énonciative des points de vue permet de définir le discours rapporté comme un discours représenté – comme la représentation des espaces mentaux par l’énonciateur citant. L’analyse des formes complexes de cette représentation (corpus d’Annie Ernaux, Renaud Camus, Jorge Semprun, Louis Calaferte, Lydie Salvayre, etc.) montre les relations dialogiques, d’ordre cognitif notamment, que l’énonciateur entretient avec lui-même et avec les autres.

En savoir plus : table des matières disponible sur le site Web de l’éditeur