{"id":1033,"date":"2021-04-15T05:22:13","date_gmt":"2021-04-15T03:22:13","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?page_id=1033"},"modified":"2024-10-30T18:24:17","modified_gmt":"2024-10-30T17:24:17","slug":"analogie-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/analogie-i\/","title":{"rendered":"Analogie (I): La pens\u00e9e analogique"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Analogie (1) : <\/span><span style=\"font-size: 14pt;\">LA PENS\u00c9E ANALOGIQUE<\/span><span style=\"color: #ff00ff;\"><br \/>\n<\/span><\/strong><\/span><\/h1>\n<p>Pour la pens\u00e9e analogique, le monde est structur\u00e9 par des analogies d&rsquo;origine divine. Savoir, c&rsquo;est \u00eatre capable de rep\u00e9rer les analogies pour les mettre au service des humains. Ainsi, les vertus des plantes m\u00e9dicinales sont marqu\u00e9es par une similitude avec la partie du corps qu&rsquo;elles sont destin\u00e9es \u00e0 soigner.<\/p>\n<p>Du point de vue anthropologique, l\u2019analogie est une forme de pens\u00e9e qui postule que les choses, les \u00eatres et les \u00e9v\u00e9nements se refl\u00e8tent les uns dans les autres. Pour la pens\u00e9e analogique, <span style=\"background-color: #ffff99;\">conna\u00eetre, c\u2019est d\u00e9chiffrer des ressemblances, \u00e9tablir des correspondances<\/span>\u00a0; ainsi con\u00e7ue, l\u2019analogie est au fondement de toutes les gnoses. L\u2019analogie, par les liens qu\u2019elle \u00e9labore, produit \u00ab\u00a0un sentiment cosmique o\u00f9 triomphe l\u2019ordre, la sym\u00e9trie, la perfection\u00a0\u00bb, un monde clos (Gadoffre <em>et al. <\/em>1980, p. 50).<br \/>\nDu point de vue de l\u2019histoire des id\u00e9es, cette forme de pens\u00e9e a connu son apog\u00e9e \u00e0 la Renaissance, o\u00f9 le monde \u201csublunaire\u201d \u00e9tait, par l\u2019analogie, mis en correspondance avec les sph\u00e8res c\u00e9lestes, et, g\u00e9n\u00e9ralement, avec le monde divin.<\/p>\n<p>Dans une de ses manifestations, la doctrine des correspondances valide les arguments de la forme :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Donn\u00e9e :<\/strong> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Cette fleur ressemble \u00e0 telle partie du corps.<\/em><em><br \/>\n<\/em><strong>Conclusion :<\/strong><br \/>\n<em>Elle a une vertu cach\u00e9e efficace pour gu\u00e9rir les maux qui touchent cette partie du corps<br \/>\n<\/em><strong>Permis d\u2019inf\u00e9rer :<\/strong><br \/>\n<em>Si la forme d\u2019une plante ressemble \u00e0 une partie du corps, alors elle gu\u00e9rit les maux qui touchent cette partie du corps<br \/>\n<\/em><strong>Garantie :<\/strong> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>C\u2019est une disposition divine.<\/em><\/span><\/p>\n<p>Cette forme de pens\u00e9e postule que toutes les plantes ont des vertus m\u00e9dicinales, mais que ces vertus sont cach\u00e9es. <span style=\"background-color: #ffff99;\">La plante porte une <strong><em>signature <\/em><\/strong>qui est une repr\u00e9sentation de la partie du corps humain qu\u2019elle peut soigner<\/span>. Cette signature ou \u00ab sympathie analogique \u00bb est un signifiant motiv\u00e9, une \u00ab ressemblance \u00bb avec la partie du corps concern\u00e9e. C\u2019est un signe que Dieu lui-m\u00eame a imprim\u00e9, de fa\u00e7on non arbitraire, sur les plantes afin de nous r\u00e9v\u00e9ler leurs vertus et de nous permettre d&rsquo;en b\u00e9n\u00e9ficier.<br \/>\nUne plante o\u00f9 l\u2019on trouve une ressemblance avec les yeux, par exemple la forme des paupi\u00e8res, gu\u00e9rit le mal des yeux. De m\u00eame, on observe que le coing est un fruit velout\u00e9. Ce trait apparemment superficiel est lu comme une signature, <em><span style=\"background-color: #ffff99;\">la signature des cheveux<\/span>, <\/em>donc<em> l<span style=\"background-color: #ffff99;\">e coing est bon pour les chauves<\/span>.<\/em> Dans les termes d\u2019Oswald Crollius :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Donn\u00e9e :<\/strong> <em>\u00ab Ce poil folet qui vient autour des coings [&#8230;] repr\u00e9sente en quelque fa\u00e7on les cheveux. \u00bb<\/em> (P. 41)<br \/>\n<strong>Conclusion :<\/strong> <em>\u00ab Aussi la decoction d\u2019iceux <\/em>[des coings]<em> fait croistre les cheveux, lesquels sont tomb\u00e9s par la verole ou outre maladie semblable. \u00bb <\/em>(P. 41)<br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Loi de passage<\/strong> :<em> La vertu curative des plantes \u00ab\u00a0se recognoist par la signature ou sympathie analogique, &amp; mutuelle des membres du corps humain, \u00e0 ces plantes-l\u00e0\u00a0\u00bb. <\/em>(P. 8)<br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Garantie :<\/strong><em> \u00ab Dieu a donn\u00e9 comme un truchement <\/em>[= moyen d&rsquo;expression]<em>\u00a0 \u00e0 chaque plante afin que sa vertu naturelle (mais cach\u00e9e dans son silence) puisse \u00eatre cogneu\u00eb &amp; descouverte. Ce truchement (*) ne peut estre autre que l<span style=\"background-color: #ffff99;\">a signature externe, c\u2019est-\u00e0-dire ressemblance de forme &amp; figure,<\/span> vrais indices de la bont\u00e9, essence &amp; perfection d\u2019icelles <\/em>(**). \u00bb<br \/>\n<span style=\"font-size: 8pt;\"><em>Truchement<\/em> : \u201cmoyen de se faire comprendre\u201d (Littr\u00e9) ; <em>d&rsquo;icelles<\/em> : \u201cde ces plantes\u201d.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><em>Traict\u00e9 des signatures ou vraye et vive anatomie du grand et petit monde,<\/em>160<\/span> <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/span><\/p>\n<p>De cette doctrine d\u00e9coule un programme de recherche, \u00e0 l\u2019usage de \u00ab\u00a0ceux lesquels veulent acquerir la vraye et parfaicte science de la m\u00e9decine\u00a0\u00bb : <span style=\"background-color: #ffff99;\">\u00ab\u00a0qu\u2019ils employent toute leur estude \u00e0 la cognoissance des signatures, hieroglyphes, &amp; characteres\u00a0\u00bb<\/span> (p. 20). Cette formation leur permettra de reconna\u00eetre \u00ab de plein abord (*), au seul regard de la superficie des herbes, de quelles facultez elles sont do\u00fcees \u00bb (p. 9 ; (*) \u201cimm\u00e9diatement\u201d.<\/p>\n<p>La connaissance des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales des plantes s\u2019acquiert ainsi en apprenant \u00e0 d\u00e9chiffrer le discours de la nature, c\u2019est-\u00e0-dire <span style=\"background-color: #ffff99;\">\u00e0 reconna\u00eetre les signes dispers\u00e9s dans le monde<\/span>, et non pas <span style=\"background-color: #ffff99;\">par l\u2019observation et l\u2019exp\u00e9rience<\/span>, en pratiquant la dissection ou en faisant ing\u00e9rer une d\u00e9coction au malade et pour constater ensuite qu\u2019il va mieux, qu\u2019il est mort, ou qu\u2019il ne va ni mieux ni pis.<br \/>\n<span style=\"background-color: #ffff99;\"><strong><em>La connaissance analogique<\/em><\/strong>, qui a partie li\u00e9e avec la pens\u00e9e magique, est un mode de pens\u00e9e sp\u00e9cifique, qui s\u2019oppose \u00e0 la <strong><em>connaissance par les causes<\/em><\/strong>,<\/span> auxquelles sont substitu\u00e9es de myst\u00e9rieuses correspondances v\u00e9hiculant des influences. Elle court-circuite la r\u00e9flexion sur la hi\u00e9rarchie des cat\u00e9gories en genres et en esp\u00e8ces, \u00e0 laquelle elle substitue une ligne ou un r\u00e9seau de ressemblances. Mais elle est un puissant stimulant de l&rsquo;observation et de la classification.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Milan, Arch\u00e8, 1976, p.23. Orthographe originelle.<br \/>\n<strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>Ce poil folet qui vient autour des coings [\u2026] repr\u00e9sente en quelque fa\u00e7on les cheveux. Aussi la d\u00e9coction <\/em><em>de coings<\/em><em> fait repousser les cheveux perdus suite \u00e0 la variole, la syphilis ou quelque autre maladie de ce genre.<\/em>\u00a0\u00bb<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><em>La vertu curative des plantes \u00ab se reconna\u00eet par la signature ou sympathie analogique et mutuelle des membres du corps humain \u00e0 ces plantes-l\u00e0. \u00bb<br \/>\n<\/em><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>Dieu a donn\u00e9 une sorte d&rsquo;interpr\u00e8te \u00e0 chaque plante, afin que sa vertu naturelle (mais cach\u00e9e dans son silence) puisse \u00eatre reconnue et d\u00e9couverte. Cette marque est la signature externe de la plante, c\u2019est-\u00e0-dire une ressemblance de forme et de figure, qui sont les signes authentiques de sa propri\u00e9t\u00e9, vertu curative, bont\u00e9, essence et perfection.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Analogie (1) : LA PENS\u00c9E ANALOGIQUE Pour la pens\u00e9e analogique, le monde est structur\u00e9 par des analogies d&rsquo;origine divine. Savoir, c&rsquo;est \u00eatre capable de rep\u00e9rer les analogies pour les mettre au service des humains. Ainsi, les vertus des plantes m\u00e9dicinales sont marqu\u00e9es par une similitude avec la partie du corps qu&rsquo;elles sont destin\u00e9es \u00e0 soigner. 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