{"id":1761,"date":"2021-04-18T05:47:29","date_gmt":"2021-04-18T03:47:29","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?p=1761"},"modified":"2024-11-03T08:32:50","modified_gmt":"2024-11-03T07:32:50","slug":"interaction-dialogue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/interaction-dialogue\/","title":{"rendered":"Interaction &#8211; Dialogue -Polyphonie &#8211; Intertextualit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>INTERACTION \u2013 DIALOGUE<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>POLYPHONIE \u2013 INTERTEXTUALIT\u00c9 <\/strong><\/span><\/h1>\n<p>La conversation, le dialogue et l\u2019interaction supposent prototypiquement le face \u00e0 face, le langage oral, la pr\u00e9sence des interlocuteurs (face \u00e0 face ou \u00e0 distance), et l\u2019encha\u00eenement continu de tours de parole relativement brefs \u00e0 propos d\u2019un th\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 par les participants. Le dialogue est orient\u00e9 vers un th\u00e8me pr\u00e9cis et suppose une certaine distance entre les positions des locuteurs. Il suppose la pr\u00e9\u00e9minence du langagier dans une situation suppos\u00e9e \u00e9galitaire. L\u2019interaction prend en compte les in\u00e9galit\u00e9s de statut des participants.<br \/>\nGoffman et Ducrot ont montr\u00e9 la pluralit\u00e9 des <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/roles-proposant-opposant-tiers-2\/\">r\u00f4les<\/a>\u00a0 qui interviennent aussi bien dans le format de production polyphonique de la parole que dans son format de r\u00e9ception . Selon la vision monolithique classique du locuteur, la rh\u00e9torique consid\u00e8re que l&rsquo;argumentateur est la source de son discours, qu&rsquo;il ma\u00eetrise et pilote \u00e0 volont\u00e9. Selon le concept d&rsquo;intertextualit\u00e9, les discours pr\u00e9existent aux locuteurs.<\/p>\n<p>Les approches rh\u00e9toriques de l&rsquo;argumentation sont fond\u00e9es sur l&rsquo;examen de <span style=\"background-color: #ffff99;\">donn\u00e9es <em>monologales<\/em> <em>\u00e9crites<\/em><\/span>. Les approches dialectiques prennent pour objet une forme <span style=\"background-color: #ffff99;\">de <em>dialogue r\u00e9gi par un syst\u00e8me de r\u00e8gles<\/em><\/span> inspir\u00e9es de celles d\u00e9finies par la <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/dialectique\/\">dialectique ancienne<\/a>\u00a0; ces dialogues sp\u00e9ciaux sont analys\u00e9s sur des cas reconstruits par l&rsquo;analyste. L&rsquo;\u00e9tude des <span style=\"background-color: #ffff99;\"><em>dialogues<\/em> <em>formels<\/em> <\/span>reconstruit les lois logiques au moyen de dialogues norm\u00e9s, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/logiques-du-dialogue\/\">Logiques du dialogue<\/a>.<\/p>\n<p>Les approches <em>interactionnelles <\/em>de l\u2019argumentation sont li\u00e9es au d\u00e9veloppement des \u00e9tudes d\u2019interactions verbales (en fran\u00e7ais Kerbrat-Orecchioni 1990-1992-1994 ; Vion 1992 ; Traverso 2000). Elles sont apparues \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 aux \u00c9tats-Unis (Cox &amp; Willard 1982 ; Jacobs et Jackson 1982 ; van Eemeren <em>et al. <\/em>1987). L&rsquo;argumentation est n\u00e9cessairement <em>biface<\/em>, elle combine du monologal et de l&rsquo;interactionnel, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/argumentation-1\/\">Argumentation: D\u00e9finitions<\/a><\/p>\n<p>Les questions argumentatives peuvent \u00eatre discut\u00e9es de fa\u00e7on pertinente sous une grande vari\u00e9t\u00e9 de formats, depuis le trait\u00e9 philosophique jusqu&rsquo;au forum internet en passant par la conversation \u00e0 table.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">1. Interaction, dialogue, dialogue argumentatif<\/span><\/h2>\n<p><strong>La conversation, le dialogue et l\u2019interaction<\/strong> supposent prototypiquement le face \u00e0 face, le langage oral, la pr\u00e9sence des interlocuteurs (face \u00e0 face ou \u00e0 distance), et l\u2019encha\u00eenement continu de tours de parole relativement brefs \u00e0 propos d\u2019un th\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 par les participants.<\/p>\n<p><strong>Le <\/strong><em><strong>dialogue<\/strong> <\/em>est orient\u00e9 vers un th\u00e8me pr\u00e9cis et suppose une certaine distance entre les positions des locuteurs. Il est pratiqu\u00e9 d\u2019abord entre humains, et, par extension, entre humains et animaux sup\u00e9rieurs, entre humains et machines.<br \/>\nCe n\u2019est pas forc\u00e9ment le cas pour <strong><em>l\u2019interaction <\/em><\/strong>: les particules <em>interagissent<\/em>, elles ne dialoguent pas. On parle d\u2019interactions <em>verbales <\/em>ou <em>non verbales<\/em>, mais difficilement d\u2019un <em>dialogue non verbal<\/em>, seulement des <em>aspects non verbaux d\u2019un dialogue<\/em>. On peut ne pas dialoguer, mais on ne peut pas ne pas interagir. Les organisations sociales <em>interagissent<\/em> n\u00e9cessairement\u00a0; elles peuvent ouvrir un <em>dialogue<\/em>, peut-\u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par des <em>conversations informelles<\/em>, afin de promouvoir leurs int\u00e9r\u00eats respectifs ou communs, ou de r\u00e9soudre leurs diff\u00e9rends.<\/p>\n<p>La notion de <em>dialogue<\/em> suppose la pr\u00e9\u00e9minence du langagier dans une situation suppos\u00e9e \u00e9galitaire. <span style=\"background-color: #ffff99;\">La notion <em>d\u2019interaction<\/em> prend en compte les in\u00e9galit\u00e9s de statut des participants<\/span>. Elle met l\u2019accent sur la coordination entre langage et autres formes d\u2019action (collaboratives ou comp\u00e9titives) se d\u00e9roulant dans un environnement mat\u00e9riel complexe, incluant des t\u00e2ches de tmanipulations d\u2019objets.<br \/>\nOn parle <em>d\u2019interactions <\/em>de travail, et non pas de <em>dialogues <\/em>de travail ; le dialogue au travail \u00e9voque plut\u00f4t des discussions entre partenaires sociaux. Les <em>conversations <\/em>au travail excluent le travail. Les notions de dialogue argumentatif et d\u2019interaction argumentative ne se recouvrent donc pas ; le dialogue est un cas particulier d\u2019interaction.<\/p>\n<p>La perspective interactionnelle a ouvert le champ de l\u2019argumentation en situation de travail et d\u2019acquisition de connaissances scientifiques, et l\u2019a ainsi amen\u00e9 \u00e0 se poser le probl\u00e8me de l\u2019exercice de l\u2019argumentation au cours d\u2019activit\u00e9s pratiques mat\u00e9rielles, imposant la manipulation d\u2019objets et de savoirs.<\/p>\n<p>Le dialogue a une unit\u00e9 de propos, qui l&rsquo;oppose \u00e0 la conversation ordinaire, qui tend \u00e0 se d\u00e9velopper d&rsquo;un th\u00e8me \u00e0 un autre. <span style=\"background-color: #ffff99;\">Le mot <em>dialogue <\/em>a une orientation positive quasi prescriptive <\/span>: le dialogue est <em>bon<\/em>, <em>il faut <\/em>dialoguer ; les philosophies du dialogue ont une couleur humaniste marqu\u00e9e; les personnalit\u00e9s ouvertes au dialogue s\u2019opposent aux <em>f<\/em><em>ondamentalistes<\/em>,\u00a0 <em>ferm\u00e9s <\/em>au dialogue. Entre deux parties, <em>dialoguer <\/em>signifier se concerter, et pratiquement \u201cn\u00e9gocier\u201d ; <em>rompre le dialogue <\/em>ouvre un espace \u00e0 la violence. Comme en t\u00e9moigne le titre de l\u2019ouvrage de Tannen, <em>The argument culture : Moving from debate to dialogue <\/em>(1998), il est possible d\u2019opposer le <em>d\u00e9bat <\/em>un peu vif \u2014 <em>argument <\/em>en anglais \u2014 au <em>dialogue<\/em>, et de voir un progr\u00e8s dans le passage de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">2. Dialogal, dialogique, dialogisme<\/span><\/h2>\n<p>Les concepts de <em>dialogisme<\/em>, de <em>polyphonie<\/em> et <em>d&rsquo;intertextualit\u00e9<\/em> permettent d&rsquo;appliquer les m\u00e9thodes et les concepts issus de l&rsquo;analyse des dialogues et des interactions aux discours monologiques et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, aux textes \u00e9crits. Le discours monologique est d\u00e9fini comme un discours tenu par un seul locuteur, parl\u00e9 ou \u00e9crit, \u00e9ventuellement long et complexe.<\/p>\n<p>Sur le mot <em>dialogue <\/em>sont form\u00e9s les deux adjectifs, <em>dialogal <\/em>et <em>dialogique.<br \/>\n<\/em><strong>\u2014\u00a0L\u2019adjectif <em>dialogal <\/em><\/strong>renvoie au <em>dialogue <\/em>authentique, quotidien, ou naturel, entre deux ou plusieurs participants, dans une situation de face \u00e0 face.<\/p>\n<p><strong>\u2014\u00a0L\u2019adjectif <em>dialogique<\/em><\/strong> et le nom <strong><em>dialogisme<\/em><\/strong>,$ s\u2019utilisent pour d\u00e9signer un ensemble de ph\u00e9nom\u00e8nes correspondant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d\u2019une situation de dialogue dans la parole d\u2019un locuteur unique. Ce locuteur lie des contenus s\u00e9mantiques \u00e0 des sources constituant une gamme de voix auxquelles il peut s\u2019identifier ou non.<\/p>\n<p>En rh\u00e9torique, le <em>dialogisme<\/em> est une figure de rh\u00e9torique mettant en sc\u00e8ne un dialogue dans un passage d&rsquo;une \u0153uvre litt\u00e9raire ou philosophique Mikha\u00efl Bakhtine a introduit les concepts de dialogisme et de polyphonie, pour d\u00e9crire un arrangement fictionnel sp\u00e9cifique. Dans la perspective classique du roman du XIXe si\u00e8cle, les personnages de la fiction sont pilot\u00e9s par le narrateur\u00a0; leurs actes et discours sont cadr\u00e9s en fonction de leur contribution \u00e0 l&rsquo;intrigue. <span style=\"background-color: #ffff99;\">Dans une disposition dialogique, <strong>le narrateur est en retrait<\/strong>\u00a0; les discours des personnages tendent \u00e0 se d\u00e9velopper de fa\u00e7on autonome par rapport aux exigences de l&rsquo;intrigue qui en vient \u00e0 se dissoudre.<\/span> L&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre est celle d&rsquo;une polyphonie, elle tient aux rapports des voix entre elles.<\/p>\n<p>Le dialogisme n\u2019est pas r\u00e9serv\u00e9 au discours monog\u00e9r\u00e9. Dans une conversation,<span style=\"background-color: #ffff99;\"> il est courant qu\u2019un tour de parole, forc\u00e9ment <em>dialogal<\/em>, soit \u00e9galement <em>dialogique<\/em>.<\/span> Dans un dialogue entre <strong>L0 <\/strong>et <strong>L1 <\/strong>il se peut que l\u2019interlocuteur r\u00e9el <strong>L1 <\/strong>(plan dialogal) ne cadre pas avec l\u2019interlocuteur <strong>L\u20191 <\/strong>construit dans les divers tours de <strong>L0, <\/strong>V <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/connecteurs-argumentatifs\/\">Connecteurs argumentatifs<\/a>. Ce hiatus se manifeste alors par divers ajustements et n\u00e9gociations entre les partenaires (Kerbrat-Orecchioni, 2000b).<\/p>\n<p>On peut utiliser le mot <em>dialogal pour<\/em> couvrir \u00e0 la fois le dialogal proprement dit, et le dialogique (polyphonique et intertextuel), afin de mettre l\u2019accent sur un aspect fondamental de l\u2019argumentation, celui d\u2019articuler deux discours contradictoires, \u00e0 l&rsquo;oral comme \u00e0 l&rsquo;\u00e9crit.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">3. Polyphonie<\/span><\/h2>\n<p>Les concepts bakhtiniens de dialogisme et de polyphonie permettent d\u2019\u00e9tendre la conception dialogu\u00e9e de l\u2019argumentation au discours monolocuteur.<\/p>\n<p><strong>En musique<\/strong>, une polyphonie est \u00ab\u00a0la combinaison de plusieurs m\u00e9lodies ou de parties\u00a0musicales, chant\u00e9es ou jou\u00e9es en m\u00eame temps\u00a0\u00bb, par opposition \u00e0 une texture \u00e0 une seule voix ou monophonique (Wikip\u00e9dia, Polyphonie).<br \/>\nLe mot <em>polyphonie<\/em> peut \u00eatre utilis\u00e9 <strong>m\u00e9taphoriquement<\/strong> pour d\u00e9signer un ensemble de ph\u00e9nom\u00e8nes correspondant globalement \u00e0 la mise en sc\u00e8ne monologique d&rsquo;une situation de dialogue, par un seul <em>locuteur<\/em> (Ducrot, 1988) ou <em>animateur<\/em> (Goffman, 1981).<br \/>\nLa th\u00e9orie de la polyphonie conceptualise le discours monologique comme <strong>un espace polyphonique<\/strong>, articulant une s\u00e9rie de voix clairement distinctes, chacune d\u00e9veloppant sa propre m\u00e9lodie, c&rsquo;est-\u00e0-dire exprimant un point de vue sp\u00e9cifique. \u00c0 la diff\u00e9rence de la citation directe qui mentionne la personne source, ces voix polyphoniques ne sont pas rapport\u00e9es \u00e0 des personnes.<\/p>\n<p>Dans la th\u00e9orie de la polyphonie, le \u201cfor int\u00e9rieur\u201d est vu comme un espace dialogique, o\u00f9 diff\u00e9rents contenus sont attribu\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes \u201cvoix\u201d que le locuteur prend en consid\u00e9ration et par rapport auxquelles il se situe pour s&rsquo;aligner ou s&rsquo;opposer \u00e0 elles. L&rsquo;activit\u00e9 du \u201clocuteur polyphonique\u201d est celle d&rsquo;un \u201cmetteur en sc\u00e8ne\u201d, l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 produit exposant le r\u00e9sultat de ses <strong>identifications<\/strong> et <strong>distanciations<\/strong>.<\/p>\n<p>Ce concept d&rsquo;identification est au c\u0153ur de la th\u00e9orie de l&rsquo;argumentation dans la langue. Il est totalement \u00e9tranger au concept psychologique d&rsquo;identification qui est discut\u00e9 \u00e0 propos de la question de la persuasion.<\/p>\n<p>Le dialogue polyphonique est lib\u00e9r\u00e9 des contraintes du face \u00e0 face, mais il reste un discours biface, <span style=\"background-color: #ffff99;\">articulant des positions oppos\u00e9es<\/span>. Par exemple, l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 \u201c<em>Pierre ne participera pas \u00e0 la r\u00e9union<\/em>\u201d met en sc\u00e8ne deux voix, la premi\u00e8re exprimant le contenu positif <em>Pierre participera \u00e0 la r\u00e9union<\/em>, et une seconde rejetant la premi\u00e8re\u00a0: <em>Non\u00a0!<\/em> Le locuteur s&rsquo;identifie \u00e0 la deuxi\u00e8me voix et se fait l&rsquo;\u00e9nonciateur de ce rejet, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/negation-denegation\/\">N\u00e9gation<\/a>\u00a0. L&rsquo;analyse de la coordination <strong><em>P<\/em><\/strong><em>, mais <strong>Q<\/strong><\/em>, est men\u00e9e dans le m\u00eame cadre conceptuel.<\/p>\n<p>Un m\u00eame locuteur peut d\u00e9velopper un discours \u00e0 deux faces, mettant en sc\u00e8ne deux voix, chacune articulant des arguments et des contre-arguments, comme dans une interaction argumentative. <strong>Le dialogue argumentatif est alors int\u00e9rioris\u00e9<\/strong>, dans une confrontation int\u00e9rieure lib\u00e9r\u00e9e des contraintes li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;interaction face \u00e0 face. C&rsquo;est le cas au th\u00e9\u00e2tre, lorsqu&rsquo;un personnage s&rsquo;engage dans un <strong>monologue d\u00e9lib\u00e9ratif<\/strong>. Le locuteur polyphonique parle d&rsquo;une voix, puis d&rsquo;une autre, oppos\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re, pour finalement rejeter telle option pour accepter l&rsquo;autre, en s&rsquo;identifiant \u00e0 cette derni\u00e8re voix.<\/p>\n<p>Le concept de polyphonie n&rsquo;est pas limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;analyse des monologues d\u00e9velopp\u00e9s. Un tour de parole conversationnel, n\u00e9cessairement dialogique, peut aussi \u00eatre polyphonique, comme le montre l&rsquo;utilisation de la n\u00e9gation. Les d\u00e9calages possibles entre l&rsquo;interlocuteur en tant que personne r\u00e9elle et l&rsquo;interlocuteur tel que le voit, le comprend et le fait parler son partenaire peuvent \u00eatre analys\u00e9s dans une perspective polyphonique.<\/p>\n<p>Les deux adjectifs <strong><em>dialogal<\/em> et <em>dialogique<\/em><\/strong> font tous deux r\u00e9f\u00e9rence au dialogue. On peut utiliser <em>dialogique<\/em> pour couvrir les aspects polyphoniques et intertextuels du discours d&rsquo;une part, et <em>dialogal <\/em>pour couvrir les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;interaction d&rsquo;autre part. De toute fa\u00e7on, l&rsquo;argumentation \u00e0 part enti\u00e8re articule deux voix contestataires, c&rsquo;est une activit\u00e9 dialogique.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">4. Intertextualit\u00e9<\/span><\/h2>\n<p>Selon la vision monolithique classique du locuteur, la rh\u00e9torique consid\u00e8re que l&rsquo;argumentateur est la source de son discours, qu&rsquo;il ma\u00eetrise et pilote \u00e0 volont\u00e9. Selon le concept d&rsquo;intertextualit\u00e9, <strong>les discours pr\u00e9existent aux locuteurs<\/strong>, ils lui imposent leurs propres r\u00e9alit\u00e9s et leur propre dynamique. Dans le cas de l\u2019argumentation, ces rapports d\u2019intertextualit\u00e9 sont sp\u00e9cifiquement pris en compte \u00e0 travers la notion de <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/script\/\">script<\/a>\u00a0argumentatif,<br \/>\nLe concept d&rsquo;intertextualit\u00e9 <strong>rabaisse le r\u00f4le du locuteur<\/strong>, qui ne vient qu&rsquo;en second par rapport aux nappes textuelles dans lesquelles il baigne. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme une instance de coordination et de reformulation de discours d\u00e9j\u00e0 \u00e9labor\u00e9s et affirm\u00e9s ailleurs. Le locuteur n&rsquo;est pas la source intellectuelle de ce qui est dit, mais simplement le vocalisateur plus ou moins conscient de formules et de contenus pr\u00e9existants. Le discours n&rsquo;est pas produit par le locuteur, mais le locuteur par le discours.<br \/>\nAppliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;argumentation, <span style=\"background-color: #ffff99;\">cette vision du locuteur comme <strong>machine \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter et \u00e0 reformuler<\/strong> arguments et points de vue h\u00e9rit\u00e9s<\/span> est en totale opposition avec l&rsquo;image classique d&rsquo;un orateur cr\u00e9atif et \u201cinventif\u201d. L&rsquo;objet de l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;argumentation n&rsquo;est plus seulement les productions concr\u00e8tes de tel ou tel locuteur, mais la fa\u00e7on dont sa parole manifeste le script de la question qu&rsquo;il aborde.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTERACTION \u2013 DIALOGUE POLYPHONIE \u2013 INTERTEXTUALIT\u00c9 La conversation, le dialogue et l\u2019interaction supposent prototypiquement le face \u00e0 face, le langage oral, la pr\u00e9sence des interlocuteurs (face \u00e0 face ou \u00e0 distance), et l\u2019encha\u00eenement continu de tours de parole relativement brefs \u00e0 propos d\u2019un th\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 par les participants. 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