{"id":1809,"date":"2021-04-18T11:17:33","date_gmt":"2021-04-18T09:17:33","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?p=1809"},"modified":"2024-11-07T10:10:21","modified_gmt":"2024-11-07T09:10:21","slug":"metaphore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/metaphore\/","title":{"rendered":"M\u00e9taphore &#8211; Analogie &#8211; Mod\u00e8le"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>M\u00c9TAPHORE \u2013 ANALOGIE \u2013 MOD\u00c8LE<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La m\u00e9taphore est une figure de <em>ressemblance<\/em>, qui s&rsquo;oppose \u00e0 la m\u00e9tonymie, figure de <em>contigu\u00eft\u00e9<\/em>. La premi\u00e8re se d\u00e9veloppe sur l&rsquo;axe paradigmatique du discours, la seconde sur l&rsquo;axe syntagmatique.<br \/>\nLa m\u00e9taphore (focus) fournit un mod\u00e8le pour le cadre dans lequel elle est pr\u00e9sent\u00e9e. En d&rsquo;autres termes, elle identifie son foyer \u00e0 son cadre, alors que l&rsquo;analogie ne fait que les rapprocher. L&rsquo;analogie trahit ainsi la m\u00e9taphore, et la rend la m\u00e9taphore malheureuse vuln\u00e9rable \u00e0 la r\u00e9futation.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">1. Un trope<\/span><\/h2>\n<p>La m\u00e9taphore est un <em>trope<\/em> (une figure) en un seul mot\u00a0: \u201c<em>Aucun homme n&rsquo;est une \u00eele<\/em>\u201d\u00a0(John Donne). On est en pr\u00e9sence d&rsquo;un trope lorsqu&rsquo;un mot fait saillie et obstacle dans un texte\u00a0; pris dans son sens habituel, ce mot ne convient pas au contexte\u00a0; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/lettre-fr\/\">\u00e0 la lettre<\/a>, l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 est faux, inacceptable, \u00e9nigmatique.<br \/>\nLe mot est le \u00ab foyer \u00bb et le contexte le \u00ab cadre \u00bb (<em>focus<\/em> \/ <em>frame<\/em>, Black 1979, p. 28) du trope. L&rsquo;effet \u201ctropique\u201d est produit par le sentiment d&rsquo;une incompatibilit\u00e9 cadre \/ foyer, qui ne permet pas de construire imm\u00e9diatement un sens global.<br \/>\nCette situation d\u00e9clenche un processus interpr\u00e9tatif. Il y a <em>m\u00e9taphore<\/em> lorsque l&rsquo;interpr\u00e9tation proc\u00e9dant par analogie permet de composer un sens r\u00e9tablissant la coh\u00e9rence de l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\">1.1 Interpr\u00e9tation<\/span><\/h3>\n<p>Cette interpr\u00e9tation peut aboutir \u00e0 extraire du terme foyer un \u201ctrait s\u00e9mantique\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire un mot ou une expression, qui, permet de composer un \u201csens litt\u00e9ral\u201d acceptable lorsqu&rsquo;on le substitue au foyer en conservant le cadre. Ici, le trait [coup\u00e9 des autres], permet de reconstruire le sens litt\u00e9ral acceptable, \u201c<em>aucun homme n&rsquo;est coup\u00e9 des autres<\/em>\u201d.<br \/>\nEn pratique, le contraste cadre \/ foyer est un stimulus, une machine \u00e0 produire de nouveaux discours dans lesquels le langage de l&rsquo;\u00eele (foyer) sera utilis\u00e9 pour dire l&rsquo;homme (cadre). Il est certes vrai que, comme l&rsquo;\u00eele, aucun homme n&rsquo;est coup\u00e9 des autres, mais que faire de l&rsquo;oc\u00e9an qui bat les c\u00f4tes de l&rsquo;\u00eele ? Peut-on l&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 la description de la condition humaine ? C&rsquo;est pourquoi <span style=\"background-color: #ffff99;\">la substitution au foyer du premier trait venu est toujours une perte<\/span>, d\u00e9samor\u00e7ant l&rsquo;image et annihilant la dynamique de la m\u00e9taphore, qui, du point de vue cognitif, a tendance \u00e0 se d\u00e9velopper jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;identit\u00e9. Le langage m\u00e9taphorique de l&rsquo;\u00eele tend \u00e0 recouvrir l&rsquo;humain pour le r\u00e9v\u00e9ler. <span style=\"background-color: #ffff99;\">C&rsquo;est ce potentiel de d\u00e9couverte qui est exploit\u00e9 dans la m\u00e9taphore argumentative.<\/span><\/p>\n<p>La comparaison <span style=\"background-color: #ffff99;\">\u201c<em>Pierre est paresseux comme un lion<\/em>\u201d<\/span> est une comparaison int\u00e9ressante, puisque le lion est de fait un animal paresseux \u2014 c&rsquo;est la lionne qui chasse et qui s&rsquo;occupe des enfants. Mais ce sens ne peut pas \u00eatre m\u00e9taphoris\u00e9 ; \u201c<em>Pierre est un lion<\/em>\u201d dit toujours que Pierre est fort et courageux, et non pas qu&rsquo;il laisse son compagnon faire tout le travail. L&rsquo;interpr\u00e9tation m\u00e9taphorique est conditionn\u00e9e par la pratique commune des st\u00e9r\u00e9otypes.<br \/>\nLa m\u00e9taphore qui n\u00e9cessite ouverte \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation est dite m\u00e9taphore <em>vive<\/em>. La m\u00e9taphore lexicalis\u00e9e ou catachr\u00e8se est une m\u00e9taphore <em>effac\u00e9e<\/em> pass\u00e9e dans le langage courant pour d\u00e9signer un objet qui n&rsquo;a pas de signifiant propre (<em>feuille<\/em> de papier). Elle a, de fait, perdu son caract\u00e8re de m\u00e9taphore.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\">1.2 M\u00e9taphore et analogie<\/span><\/h3>\n<p>La m\u00e9taphore se distingue de l&rsquo;analogie. L&rsquo;analogie bonne ou mauvaise, a toujours quelque chose de vrai \u201c<em>j&rsquo;\u00e9cris mon journal chaque matin comme je me brosse les dents\u201d <\/em>; elle peut \u00eatre contredite et discut\u00e9e. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 m\u00e9taphorique \u00ab <em>l\u2019\u00e9lecteur est un veau <\/em>\u00bb (Charles de Gaulle), est trivialement faux, c&rsquo;est une erreur de cat\u00e9gorisation, et \u00ab\u00a0<em>aucun homme n&rsquo;est une \u00eele\u00a0<\/em>\u00bb trivialement vrai (correction d&rsquo;une erreur de cat\u00e9gorisation). M\u00eame r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;analogie, la m\u00e9taphore maintient une ambigu\u00eft\u00e9, en introduisant un niveau de signification parasite, un sens figur\u00e9 apparemment d\u00e9pass\u00e9 mais toujours l\u00e0, comme un potentiel de d\u00e9veloppement s\u00e9mantique, parall\u00e8le au sens litt\u00e9ral, seul pertinent pour la discussion s\u00e9rieuse sur le fond des choses.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi la m\u00e9taphore vive est bannie du langage argumentatif logique, comme elle l&rsquo;est du langage de l\u2019expos\u00e9 des r\u00e9sultats scientifiques. M\u00eame si on lui reconna\u00eet un r\u00f4le heuristique, <span style=\"background-color: #ffff99;\">elle ne peut \u00eatre discut\u00e9e que si elle est mise sous la forme d\u2019une comparaison<\/span> (Ortony 1979, p. 191). En revanche, ses capacit\u00e9s de sugg\u00e9rer au-del\u00e0 du sens litt\u00e9ral sont bienvenues dans une d\u00e9marche <strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">heuristique<\/span><\/strong>, ou lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de populariser des r\u00e9sultats scientifiques complexes.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">2. M\u00e9taphore et coop\u00e9ration interpr\u00e9tative<\/span><\/h2>\n<p>Par la m\u00e9taphore, le locuteur sollicite ouvertement la <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/cooperation\/\">coop\u00e9ration<\/a> interpr\u00e9tative du destinataire\u00a0; il lui laisse quelque chose \u00e0 faire. <span style=\"background-color: #ffff99;\">Cr\u00e9ant de la coop\u00e9ration, la m\u00e9taphore force les accords pr\u00e9alables.<\/span> Cette explication fonctionnelle de la m\u00e9taphore est identique \u00e0 celle qu\u2019on donne de l\u2019<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/enthymeme\/\">enthym\u00e8me<\/a> comme syllogisme abr\u00e9g\u00e9, reconstruit au terme d\u2019un processus de coconstruction liant l\u2019orateur et l\u2019auditoire. Dans les deux cas, la fonction argumentative de cette condensation est <strong>l\u2019activation du partenaire<\/strong>. Cette analyse suppose que le langage argumentatif non-m\u00e9taphorique est moins complexe que le langage m\u00e9taphorique, voire transparent, et que son interpr\u00e9tation ne n\u00e9cessite pas de coop\u00e9ration ou une coop\u00e9ration moindre, ce qui ne va pas de soi.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">3. Comme l\u2019analogie, la m\u00e9taphore op\u00e8re un transfert de langage<\/span><\/h2>\n<p>La m\u00e9taphore trouve sans peine une solution \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de la m\u00e9taphore :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">La m\u00e9taphore est le travail du r\u00eave du langage, et comme tout travail du r\u00eave, son interpr\u00e9tation en dit autant sur l\u2019interpr\u00e8te que sur son auteur. L\u2019interpr\u00e9tation des r\u00eaves demande une coop\u00e9ration entre le r\u00eaveur et le r\u00e9veill\u00e9 [<em>waker<\/em>], m\u00eame s\u2019il s\u2019agit de la m\u00eame personne ; et l\u2019acte d\u2019interpr\u00e9tation est lui-m\u00eame un produit de l\u2019imagination. De m\u00eame, la compr\u00e9hension d\u2019une m\u00e9taphore est une t\u00e2che aussi cr\u00e9ative que sa production, et tout aussi peu guid\u00e9e par des r\u00e8gles. (<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\">Davidson, 1979, p. 29)<\/span><\/p>\n<p>Il est difficile de r\u00e9sister \u00e0 la m\u00e9taphore \u201cm\u00e9taphore, travail du r\u00eave\u201d m\u00eame si elle commet la fallacie <em>ad obscurum per obscurius<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle pr\u00e9tend \u00e9clairer l\u2019obscur (la m\u00e9taphore) par le plus obscur (le travail du r\u00eave). Dans <em>L&rsquo;interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em> (1900) Freud d\u00e9finit le travail du r\u00eave comme le processus par lequel le contenu <em>latent<\/em> d\u2019un r\u00eave est recouvert par son contenu manifeste, par d\u00e9placement, distorsion, condensation et symbolisme. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;id\u00e9e que les m\u00eames m\u00e9canismes sont \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre pour reconstruire le sens de la m\u00e9taphore.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">La m\u00e9taphore est un<\/span> <em>mod\u00e8le<\/em> <\/strong>(Black 1962), et un mod\u00e8le imp\u00e9rialiste, qui pousse vers l\u2019identit\u00e9 totale :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">\u00c0 propos d&rsquo;\u00e9conomie casino, on devrait appliquer aux traders drogu\u00e9s aux transactions financi\u00e8res les r\u00e8gles qu\u2019on applique aux joueurs addicts dans les casinos : on leur interdit l\u2019acc\u00e8s aux salles de jeu.<\/span><\/p>\n<p>Dire que \u201c<em>l<\/em><em>\u2019\u00e9lecteur est un veau<\/em>\u201d, c\u2019est dire que \u201c<em>l<\/em><em>\u2019\u00e9lecteur est ind\u00e9cis, faible et manipulable comme un veau<\/em>\u201d ; le veau \u00e9tant ici le parangon cumulant ces d\u00e9fauts, ce qui en fait un mod\u00e8le (une repr\u00e9sentation) de l&rsquo;\u00e9lecteur.<br \/>\nLa m\u00e9taphore est ouverte : si l\u2019\u00e9lecteur est cat\u00e9goris\u00e9 comme un veau, on peut lui faire adopter des comportements directement contraires \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats, par exemple le conduire \u00e0 un abattoir plus ou moins m\u00e9taphorique.<\/p>\n<p><span style=\"background-color: #ffff99;\">Au domaine du <strong>corps <\/strong>est attach\u00e9 un langage <\/span>sinon complet et coh\u00e9rent, du moins usit\u00e9 et compris, celui des flux de mati\u00e8res organiques, de la physiologie, de la bonne sant\u00e9 et de la maladie, de la vie et de la mort. \u00c0 travers ce langage, l\u2019intuition du corps est bien partag\u00e9e. Soit un autre domaine, comme la <span style=\"background-color: #ffff99;\"><strong>soci\u00e9t\u00e9<\/strong><\/span>, domaine mal connu, mal pens\u00e9, non dot\u00e9 d\u2019un langage coh\u00e9rent, fonctionnel efficace. L\u2019analogie m\u00e9taphorique projette le langage du domaine <em><strong>Ressource<\/strong>, <\/em>le corps humain, sur le domaine <em><strong>Probl\u00e9matique<\/strong>, <\/em>la soci\u00e9t\u00e9. Par ce transfert, la cible peut alors \u00eatre parl\u00e9e et pens\u00e9e, dans un langage dans lequel on a confiance. D\u2019un seul coup, dans le langage introduit par la m\u00e9taphore, la soci\u00e9t\u00e9 devient dicible et discutable. <span style=\"background-color: #ffff99;\">Alors que l\u2019analogie est une invitation \u00e0 observer le Probl\u00e8me \u00e0 travers la lunette de la Ressource, la m\u00e9taphorisation permet d\u2019oublier la lunette.<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Le peuple s\u2019\u00e9tait s\u00e9par\u00e9 des s\u00e9nateurs pour s\u2019affranchir des imp\u00f4ts et du service militaire, et l\u2019on tentait, pour le rappeler, d\u2019inutiles efforts. \u201cUn jour, dit Agrippa (*), d\u00e9put\u00e9 vers lui, les membres du corps humain, voyant que l\u2019estomac restait oisif, s\u00e9par\u00e8rent leur cause de la sienne, et lui refus\u00e8rent leur office. Mais cette conspiration les fit bient\u00f4t tomber eux-m\u00eames en langueur ; ils comprirent alors que l\u2019estomac distribuait \u00e0 chacun d\u2019eux la nourriture qu\u2019il avait re\u00e7ue, et rentr\u00e8rent en gr\u00e2ce avec lui. Ainsi, le s\u00e9nat et le peuple, qui sont comme un seul corps, p\u00e9rissent par la d\u00e9sunion, et vivent pleins de force par la concorde.\u201d Cet apologue ramena le peuple, qui cependant cr\u00e9a des tribuns de son ordre pour d\u00e9fendre sa libert\u00e9 contre l\u2019orgueil des nobles.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">Sextus Aurelius Victor, <em>Origine du peuple Romain<\/em>.\u00a0 (*) Consul en 503 av. J.-C. <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a><\/span><\/p>\n<p>Pour exploiter la m\u00e9taphore argumentative, on la d\u00e9veloppe en une fable. L\u2019analogie met en correspondance deux domaines bien distincts de r\u00e9alit\u00e9, sans pour autant les confondre. La m\u00e9taphore pousse l&rsquo;analogie jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;<strong>identification<\/strong> du domaine probl\u00e8me au domaine ressource. C\u2019est pourquoi la r\u00e9duction de la m\u00e9taphore \u00e0 l\u2019analogie sous-jacente trahit la m\u00e9taphore, en re-s\u00e9parant les domaines que la m\u00e9taphore assimile.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">3. Le saut de l\u2019analogie \u00e0 l\u2019identit\u00e9 ?<\/span><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/analogie-iii\/\">L\u2019analogie cat\u00e9gorielle<\/a> ou <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/analogie-iv\/\">structurelle<\/a> est une identit\u00e9 <em>partielle<\/em>. La question de l\u2019identit\u00e9 <em>totale<\/em>, sous-jacente \u00e0 des diff\u00e9rences imm\u00e9diatement discernables, joue un r\u00f4le essentiel dans certaines analogies :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Les cong\u00e8res, c\u2019est comme de la t\u00f4le ondul\u00e9e<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">Les cong\u00e8res, c\u2019est comme des dunes.<\/span><\/p>\n<p>Les structures syntaxiques de ces deux \u00e9nonc\u00e9s sont identiques. En donnant \u00e0 l&rsquo;interlocuteur les traits \/amas, ondulation\/, la premi\u00e8re analogie lui permet de visualiser l\u2019aspect des cong\u00e8res, et de s\u2019approcher du sens du mot <em>cong\u00e8re<\/em>. La seconde est plus profonde, elle ouvre la voie \u00e0 une identit\u00e9 profonde\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>neige : cong\u00e8re :: sable : dune<\/strong><\/p>\n<p>Ce rapport sugg\u00e8re que l\u2019analogie peut \u00eatre expliqu\u00e9e par l\u2019action du vent sur, respectivement, les particules de neige et les grains de sable. On est ainsi sur la voie de la construction d\u2019un mod\u00e8le physico-math\u00e9matique couvrant les deux ph\u00e9nom\u00e8nes (compte tenu des diff\u00e9rences entre les deux types de particules, grains de sable et flocons de neige, ainsi que de leurs lois d\u2019agglom\u00e9ration respectives). \u00c0 partir de deux ph\u00e9nom\u00e8nes bien distincts au d\u00e9part (on peut savoir ce qu\u2019est une dune sans savoir ce qu\u2019est une cong\u00e8re et vice-versa), <span style=\"background-color: #ffff99;\">on touche \u00e0 l&rsquo;identification : leur \u00eatre r\u00e9el, physico-math\u00e9matique, est-il le m\u00eame ?<\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tablissement d\u2019une analogie peut ainsi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme la premi\u00e8re \u00e9tape vers l\u2019affirmation d\u2019une identit\u00e9 abstraite. Cette dynamique, ou ces glissements, de <em>l\u2019analogie explicative <\/em>vers <em>l\u2019identit\u00e9 <\/em>est au centre d\u2019une classe de disputes autour de l\u2019analogie, qui s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019une vision de la m\u00e9taphore non seulement comme mod\u00e8le, mais comme expression de l&rsquo;essence authentique du ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9taphoris\u00e9.<\/p>\n<h2><span style=\"color: #0000ff;\">4. R\u00e9futation des m\u00e9taphores<\/span><\/h2>\n<h3><span style=\"color: #800000;\">4.1 M\u00e9taphore contre m\u00e9taphore<\/span><\/h3>\n<p>La toute-puissance argumentative des m\u00e9taphores se traduit par l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab la m\u00e9taphore n&rsquo;est gu\u00e8re r\u00e9futable \u2026 Comment r\u00e9pondre \u00e0 une m\u00e9taphore, si ce n&rsquo;est par une autre m\u00e9taphore ? \u00bb (Le Guern 1981, p. 74). L&rsquo;opposant peut en effet accepter le duel et tirer la ligne m\u00e9taphorique vers une conclusion oppos\u00e9e. Il peut :<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Substituer \u00e0 la m\u00e9taphore originelle une seconde m\u00e9taphore\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">L1 \u00a0 <em>\u2014 L&rsquo;homme est un loup pour l&rsquo;homme,<\/em> homo homini lupus<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">L2 \u00a0 <em>\u2014 Oh non, l&rsquo;homme est un lemming<\/em><\/span><\/p>\n<p>\u2014 Minorer la misanthropie par la misogynie :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">L1 \u00a0 <em>\u2014 L&rsquo;homme est un loup pour l&rsquo;homme<br \/>\n<\/em>L2\u00a0\u00a0 <em>\u2014 Les Romains disaient que les femmes sont pires pour les femmes<\/em>, femina femin\u00e6 lupior<\/span><\/p>\n<p>\u2014 Filer et retourner la m\u00e9taphore originale vers une autre conclusion\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">L1 \u00a0 <em>\u2014 Notre sous-discipline est au c\u0153ur de la discipline, votez pour notre candidat\u00a0!<br \/>\n<\/em>L2 \u00a0 <em>\u2014 Oui, mais une discipline a aussi besoin d&rsquo;un cerveau pour penser, d&rsquo;yeux pour y voir clair et de jambes pour avancer ;<br \/>\n<\/em><em>\u2014 Attention, le c\u0153ur peut continuer \u00e0 battre dans un bocal<\/em>.<\/span><\/p>\n<p>\u2014 S&rsquo;accorder litt\u00e9ralement \u00e0 la m\u00e9taphore pour la rejeter :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">S1 \u00a0\u00a0 <em>\u2014 Les \u00e9lecteurs sont des lemmings qui suivent leurs leaders<br \/>\n<\/em>S2\u00a0\u00a0\u00a0 \u2014\u00a0<em>Si seulement \u00e7a pouvait \u00eatre vrai\u2026\u00a0<\/em>(dit par un leader politique)<\/span><\/p>\n<p>Ces techniques mettent les rieurs du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;opposant.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\">4.2 La m\u00e9taphore malheureuse<\/span><\/h3>\n<p>Consid\u00e9rons le point de vue de la r\u00e9ception. On attache \u00e0 la m\u00e9taphore sa suite pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, celle qui correspond \u00e0 l&rsquo;intention ouverte du m\u00e9taphoriseur. La m\u00e9taphore est heureuse si elle est re\u00e7ue dans la ligne de cette suite pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire ratifi\u00e9e par une manifestation de surprise agr\u00e9able, ou par un comportement s\u00e9duit.<br \/>\nOn peut concevoir un monde o\u00f9 les productions verbales seraient toujours re\u00e7ues selon leur suite pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire o\u00f9 elles agiraient causalement sur leur destinataire. Dans l<em>&lsquo;\u00c9loge d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne, <\/em>Gorgias affirme que tel est le cas du discours persuasif, qui agirait avec la m\u00eame violence contraignante que la \u201cdrogue\u201d ou la force physique <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<br \/>\nN\u00e9anmoins, dans le monde r\u00e9el, les productions verbales ne sont pas toujours re\u00e7ues selon leur suite pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. On n&rsquo;est pas forc\u00e9ment d&rsquo;accord avec une assertion, on ne croit pas toutes les promesses, et on ne persuade pas parce qu&rsquo;on a l&rsquo;intention de persuader. Il faut donc distinguer intention de persuasion et persuasion, m\u00eame pour la m\u00e9taphore. La m\u00e9taphore est <em>heureuse<\/em> si le partenaire <em>consent <\/em>\u00e0 la congruence pr\u00e9existante entre les deux d\u00e9signations.<br \/>\nS&rsquo;il lui refuse son assentiment, la m\u00e9taphore est <em>malheureuse<\/em>. La m\u00e9taphore de Cocteau \u201cGuitare, bidet qui chante\u201d est jug\u00e9e tr\u00e8s basse par Philippe Soupault, qui lui fait <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/mepris\/\">le coup du m\u00e9pris<\/a> :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">J&rsquo;avais pris la r\u00e9solution de ne plus prononcer le nom de M. Jean Cocteau. Cela me paraissait inutile. On ne parle pas de ce qu&rsquo;on m\u00e9prise. Mais ce monsieur vient de publier un livre qu&rsquo;il a l&rsquo;audace d&rsquo;intituler <em>Po\u00e9sie<\/em>. Il ne doit pas savoir ce que cela veut dire lui qui a \u00e9crit ce vers (entre autres) :<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00d4 guitare, bidet qui chante<\/em> (sic)<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">Quel po\u00e8te, n\u2019est-ce pas ? [\u2026] M. Cocteau qui ne pouvait faire croire \u00e0 personne qu\u2019il \u00e9tait un po\u00e8te capable d\u2019\u00e9crire selon son temps, essaie de discuter la po\u00e9sie, celle d\u2019Apollinaire, de Max Jacob ou de Reverdy. [\u2026] Qu\u2019on sache bien que la \u00ab pouasie \u00bb (Fargue dixit) de M. Cocteau ne repr\u00e9sente rien et ne signifie rien (45).<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">Philippe Soupault, <em>Litt\u00e9rature et le reste<\/em>. <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/span><\/p>\n<p><em>Pouasie<\/em> est un mot valise agglom\u00e9rant <em>po\u00e9sie<\/em> \u00e0 l&rsquo;interjection <em>pouah\u00a0!<\/em> qui exprime et communique le d\u00e9go\u00fbt: : C&rsquo;est cette interjection qui d\u00e9truit la m\u00e9taphore en tant que telle. Si l&rsquo;on a pu d\u00e9crire la m\u00e9taphore comme \u201cun coup d&rsquo;\u00e9tat discursif, un \u00eelot insolite, une anomalie, une incoh\u00e9rence, une incongruence, une incongruit\u00e9, une rupture, une contradiction avec la logique, une incompatibilit\u00e9, un coup de force\u201d (Kleiber, 2016, 18-19). Il ne faut pas s&rsquo;\u00e9tonner qu&rsquo;elle soit parfois jug\u00e9e conforme aux qualit\u00e9s qu&rsquo;on lui reconna\u00eet, et rejet\u00e9e en cons\u00e9quence. Si on lui fait gloire de son incoh\u00e9rence, on l&rsquo;expose \u00e0 \u00eatre rejet\u00e9 pour son incoh\u00e9rence par tous ceux qui ne veulent pas jouer le jeu de l&rsquo;incoh\u00e9rence<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\">4.3 La m\u00e9taphore r\u00e9vulsante\u00a0: \u201c<em>l&rsquo;\u00e9tat, une famille<\/em>\u201d<\/span><\/h3>\n<p>Le passage suivant est extrait d&rsquo;un article de Paul Krugman, prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Les politiciens vendent un budget qu&rsquo;on tend \u00e0 construire par analogie avec les finances familiales. Quand John Boehmer, le leader R\u00e9publicain, s&rsquo;est oppos\u00e9 aux plans de relance sous pr\u00e9texte que \u201c<em>les familles am\u00e9ricaines se serrent la ceinture, mais elles ne voient pas que\u00a0 le gouvernent se serre la ceinture<\/em>\u201d, les \u00e9conomistes se r\u00e9vulsent devant cette stupidit\u00e9 [cringed at the stupidity], reprise dans des discours d&rsquo;Obama ou par les travaillistes.<br \/>\n(<em>The Guardian<\/em> 19 avril 2015.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>)<\/span><\/p>\n<p>On retrouve dans la description de Krugman les \u00e9l\u00e9ments essentiels de l&rsquo;analyse aristot\u00e9licienne de la m\u00e9taphore : dans des institutions m\u00e9diocres, les politiciens font de la retape aupr\u00e8s d&rsquo;un public tout aussi m\u00e9diocre (Aristote, <em>Rh\u00e9torique<\/em>, trad. P. Chiron, p 425 ; 427).<br \/>\nLa \u00ab stupidit\u00e9 \u00bb est celle de l&rsquo;inf\u00e9rence \u201cles familles se serrent la ceinture, l\u2019\u00e9tat doit se serrer la ceinture\u201d. La loi de passage peut se reconstruire sous la forme d&rsquo;une m\u00e9taphore \u201c<em>l&rsquo;\u00e9tat, la nation, le pays\u2026 est une famille<\/em>\u201d. On peut \u00e9galement y voir une sorte de composition \u201c<em>l&rsquo;\u00e9tat est compos\u00e9 de familles, donc c&rsquo;est une famille<\/em>\u201d. La m\u00e9taphore de la famille est fondamentale pour l&rsquo;\u00e9conomie ; elle repose sur l&rsquo;\u00e9tymologie du mot, en grec <em>oikonom\u00eda<\/em> \u201cgestion de la maison\u201d, qui doit \u00eatre faite <em>en bon p\u00e8re de famille<\/em>.<\/p>\n<p>Mais quand on en vient \u00e0 la m\u00e9taphore de la famille appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie moderne, les \u00e9conomistes \u00e0 la Krugman \u00ab\u00a0cringed at the stupidity\u00a0\u00bb, ils se r\u00e9vulsent et font des grimaces, \u00ab\u00a0montrant sur leur visage et leur corps leur sentiment de d\u00e9go\u00fbt et d\u2019embarras\u00a0\u00bb (d&rsquo;apr\u00e8s MW, <em>Cringe<\/em>). C&rsquo;est par de telles r\u00e9actions de surprise et de r\u00e9pulsion que sont r\u00e9fut\u00e9es les m\u00e9taphores <em>en tant que<\/em> m\u00e9taphores. Une fois la m\u00e9taphore r\u00e9fut\u00e9e, Krugman poursuit par une r\u00e9futation, sur le fond, men\u00e9e dans le langage de la vulgarisation \u00e9conomique\u00a0: les affirmations de ceux qu&rsquo;il appelle les Aust\u00e9riens [<em>Austerians<\/em>] sont mal fond\u00e9es th\u00e9oriquement\u00a0; leurs pr\u00e9dictions sont infirm\u00e9es par les faits ; les politiques qu\u2019elles impulsent \u00e9chouent. Soit une r\u00e9futation a priori, une r\u00e9futation par l&rsquo;<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/absurde\/\">absurde<\/a> et une r\u00e9futation pragmatique. <span style=\"background-color: #ffff99;\">Cette r\u00e9futation de la m\u00e9taphore en deux temps, d&rsquo;abord sur la forme m\u00e9taphore, puis sur le contenu, est typique du discours \u201ccontre les m\u00e9taphores\u201d.<\/span><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">***<\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/la-metaphore-en-debat\/\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4315\" src=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord-300x55.png\" alt=\"Accord\" width=\"235\" height=\"43\" srcset=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord-300x55.png 300w, https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord.png 395w\" sizes=\"auto, (max-width: 235px) 100vw, 235px\" \/><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">La m\u00e9taphore en d\u00e9bat :<\/span><br \/>\n<\/span><span style=\"color: #ff0000;\">Soci\u00e9t\u00e9 humaine et \u201csoci\u00e9t\u00e9\u201d des rats taupes nus<\/span><\/a><\/h2>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[1]<\/span><\/a><span style=\"font-size: 10pt;\"> Trad. nouvelle par M. N. A. Dubois, Paris, Panckouke, 1816, p. 80.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Gorgias, \u00c9loge d\u2019H\u00e9l\u00e8ne. <em>Les Pr\u00e9socratiques<\/em>, Folio, p. 710-714. \/burmat.free.fr\/Textes\/Gorgias-Helene.pdf (01-11-16)<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cit\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s B\u00e9atrice Mousli, in <em>Les Cahiers Max Jacob<\/em>, N<sup>o<\/sup> 8.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> www.theguardian.com\/business\/ng-interactive\/2015\/apr\/29\/the-austerity-delusion (15-08-16)<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00c9TAPHORE \u2013 ANALOGIE \u2013 MOD\u00c8LE La m\u00e9taphore est une figure de ressemblance, qui s&rsquo;oppose \u00e0 la m\u00e9tonymie, figure de contigu\u00eft\u00e9. La premi\u00e8re se d\u00e9veloppe sur l&rsquo;axe paradigmatique du discours, la seconde sur l&rsquo;axe syntagmatique. La m\u00e9taphore (focus) fournit un mod\u00e8le pour le cadre dans lequel elle est pr\u00e9sent\u00e9e. En d&rsquo;autres termes, elle identifie son foyer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1809","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1809","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1809"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1809\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12427,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1809\/revisions\/12427"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1809"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1809"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1809"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}