{"id":2060,"date":"2021-04-20T19:31:33","date_gmt":"2021-04-20T17:31:33","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?p=2060"},"modified":"2024-11-11T09:41:07","modified_gmt":"2024-11-11T08:41:07","slug":"typologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologie\/","title":{"rendered":"Typologie des argumentations"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000080; font-size: 18pt;\"><strong>TYPOLOGIE DES ARGUMENTATIONS<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p>En argumentation, le mot <em>typologie<\/em> est utilis\u00e9 dans deux contextes.<br \/>\n(i) On parle parfois de<span style=\"background-color: #ffff99;\"> typologie des modes de structuration des passages argumentatifs<\/span> o\u00f9 une s\u00e9rie de pr\u00e9misses vient soutenir une conclusion, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/convergence\/\">Convergence<\/a> ; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/liees-premisses\/\">Liaison<\/a> ; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/serie\/\">S\u00e9rie<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/epichereme\/\">\u00c9pich\u00e9r\u00e8me<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/sorite\/\">Sorite<\/a><\/p>\n<p>(ii) On parle g\u00e9n\u00e9ralement de\u00a0 typologie des argumentations pour d\u00e9signer l&rsquo;<span style=\"background-color: #ffff99;\">ensemble des sch\u00e8mes liant l\u2019argument \u00e0 la conclusion selon un certain rapport s\u00e9mantique<\/span>. Les typologies classiques comptent d\u2019une \u00e0 plusieurs dizaines de sch\u00e8mes, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-i-anciennes\/\">Typologies anciennes<\/a>; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-2\/\">Typologies modernes<\/a>; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\">Typologies contemporaines<\/a><\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">1. Typologie<\/span><\/h1>\n<p>Une typologie des sch\u00e8mes argumentatifs a pour but, autant que faire se peut, de classer ces sch\u00e8mes en grandes familles et de situer ces familles les unes par rapport aux autres. Selon les principes adopt\u00e9s (forme linguistique, pouvoir persuasif, productivit\u00e9, etc) on peut construire diff\u00e9rentes typologies.<\/p>\n<p>Une typologie est une <strong><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/classification\/\"><span style=\"background-color: #ffff99;\">classification<\/span><\/a><\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire un syst\u00e8me de cat\u00e9gories embo\u00eet\u00e9es, o\u00f9 on peut distinguer un <strong>niveau de base<\/strong> (niveau 1) ; des cat\u00e9gories <strong>super-ordonn\u00e9es<\/strong> (niveau +1, etc.), de plus grande g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 que le niveau de base ; des cat\u00e9gories <strong>subordonn\u00e9es<\/strong>, plus d\u00e9taill\u00e9es (niveau -1, etc.).<br \/>\nUn <span style=\"background-color: #ffff99;\">catalogue<\/span> ou une collection de formes constitue une typologie \u00e0 un seul niveau. Cat\u00e9goriser c\u2019est identifier un \u00eatre comme membre d\u2019une cat\u00e9gorie, en reconnaissant dans cet \u00eatre les traits qui d\u00e9finissent la cat\u00e9gorie, et l&rsquo;int\u00e9grer dans la classification o\u00f9 figure cette cat\u00e9gorie, cf. infra, \u00a75.<\/p>\n<h3><em>Topique<\/em><\/h3>\n<p>Le mot <em>topique<\/em> est form\u00e9 sur le mot <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/topos-lieu-commun-endoxon\/\"><em>topos<\/em><\/a>\u00a0au sens de \u201ctype d&rsquo;argument, sch\u00e8me argumentatif\u201d pour d\u00e9signer <strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">une collection de types d&rsquo;arguments<\/span>.<\/strong><br \/>\n<strong>La <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/topique-juridique\/\">topique juridique<\/a> <\/strong>rassemble les types d&rsquo;arguments particuli\u00e8rement utilis\u00e9s dans le domaine du droit.<br \/>\nLa collection d&rsquo;arguments r\u00e9unie par Bentham constitue une <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/topique-politique\/\"><strong>topique politique<\/strong><\/a> du discours conservateur, tel que l&rsquo;entendent ses adversaires.<\/p>\n<p>On utilise aussi le mot <em>topique <\/em>pour d\u00e9signer des ensembles r\u00e9currents d&rsquo;arguments. Dans ce sens, le <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/script\/\"><em>script<\/em><\/a>\u00a0d&rsquo;une question argumentative, rassemblant les argumentations et contre-argumentations attach\u00e9es \u00e0 une question, constitue <span style=\"background-color: #ffff99;\">la topique attach\u00e9e \u00e0 cette question<\/span>.<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">2. \u00ab R\u00e9viser la tradition \u00bb<\/span><\/h1>\n<p>Les collections de sch\u00e8mes argumentatifs, semblent engag\u00e9es dans un perp\u00e9tuel mouvement de renouvellement et de red\u00e9finition, motiv\u00e9es par une s\u00e9rie de d&rsquo;interrogations r\u00e9currentes.<\/p>\n<p><strong>\u2014 Sur leur nombre, <\/strong>Voir <em>infra<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u2014 Sur leur nature : <\/strong>Les sch\u00e8mes argumentatifs correspondent-ils \u00e0 des formes de raisonnements ? Si oui, comme certaines listes de sch\u00e8mes sont assez longues, chaque sch\u00e8me illustre-t-il une forme de raisonnement bien sp\u00e9cifique ? Quelle relation ces \u00e9ventuels raisonnements ont-ils avec les raisonnements d\u00e9ductifs et inductifs ?<\/p>\n<p><strong>\u2014 Sur leur caract\u00e8re syst\u00e9matique : <\/strong>Qu&rsquo;est-ce qui, \u00e0 travers la diversit\u00e9 des sch\u00e8mes, fait syst\u00e8me dans une typologie qui les regroupe (Blair 2012, Chap. 12 and 13) ?<\/p>\n<p><strong>\u2014 Sur leur nature et leur origine :<br \/>\nD&rsquo;o\u00f9 viennent les types d&rsquo;argument ?<\/strong> S&rsquo;agit-il de structures<em> linguistiques<\/em> saillantes et stables qu&rsquo;on peut empiriquement rep\u00e9rer sur des discours argumentatifs de divers types ?<br \/>\nCes structures sont-elles des universaux de raisonnement li\u00e9s aux universaux linguistiques ?<br \/>\nCorrespondent-ils \u00e0 des \u00eatres <em>logiques<\/em>, des cat\u00e9gories a priori de l&rsquo;esprit humain ?<br \/>\nOu \u00e0 des structures <em>anthropologiques<\/em> g\u00e9n\u00e9rales de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine ?<br \/>\nQuel est leur lien aux cultures o\u00f9 ils fonctionnent ?<\/p>\n<p><strong>\u2014 Sur leurs variations culturelles et historiques<\/strong> : Comment ces sch\u00e8mes sont-ils affect\u00e9s par l&rsquo;histoire, s&rsquo;ils le sont ? La question se pose particuli\u00e8rement quand on compare les 9 \u201cformes de raisonnement\u201d de Toulmin, Rieke &amp; Janik (<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\">Typologies contemporaines<\/a>) avec les listes de topo\u00ef cic\u00e9ronienne et post-cic\u00e9roniennes (<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-i-anciennes\/\">Typologies anciennes<\/a>).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Alors que la tradition intellectuelle g\u00e9n\u00e9rale change, changent \u00e9galement les n\u0153uds associant activement les id\u00e9es [<span style=\"background-color: #ffff99;\"><em>the active associative nodes for ideas<\/em><\/span>] ainsi que leur classification. R\u00e9viser la tradition a \u00e9t\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne courant dans l\u2019Antiquit\u00e9 ; Aristote propose une liste des topo\u00ef diff\u00e9rente de celle des sophistes, Cic\u00e9ron une liste diff\u00e9rente de celle d\u2019Aristote, Quintilien propose autre chose que Cic\u00e9ron, Th\u00e9mistius ne s\u2019accorde pas avec ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, non plus que Bo\u00e8ce qui, par-dessus le march\u00e9, n\u2019est pas non plus d\u2019accord avec Th\u00e9mistius.<br \/>\nCette r\u00e9vision continue de nos jours, avec les \u201cGrandes id\u00e9es\u201d [<em>Great Ideas]<\/em> du Professeur Mortimer Adler (augment\u00e9es au-del\u00e0 de la centaine d\u2019origine), et avec des articles comme l\u2019\u00e9tude tr\u00e8s utile du P\u00e8re Gardeil sur les lieux communs dans le <em>Dictionnaire de th\u00e9ologie catholique<\/em> ; apr\u00e8s avoir reproduit la description ainsi que l\u2019organisation des lieux de Melchior Cano (dont il note qu\u2019ils sont parfois repris d\u2019Agricola mot pour mot), <span style=\"background-color: #ffff99;\">Gardeil propose, dans la grande tradition topique, une classification encore meilleure, la sienne.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\">Walter J. Ong, Ramus. <em>Method and the decay of dialogue<\/em>, 1958, p. 122<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/span><\/p>\n<p>On retient de ce passage d\u2019abord la d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale des topo\u00ef comme des \u00ab <strong>active associative nodes for ideas<\/strong> \u00bb, th\u00e9oris\u00e9s depuis la naissance de la rh\u00e9torique dans le cadre d\u2019une th\u00e9orie de l\u2019argumentation dans le discours. Mais son int\u00e9r\u00eat tout particulier vient de ce qu\u2019il d\u00e9crit clairement le pi\u00e8ge taxinomique : pour en finir avec la prolif\u00e9ration des typologies des arguments, on se propose de construire la typologie qui mettra tout le monde d\u2019accord. Mais au bout du compte, on constate qu\u2019on n\u2019a fait qu\u2019ajouter une typologie suppl\u00e9mentaire \u00e0 une liste d\u00e9j\u00e0 trop longue, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on a aggrav\u00e9 le mal auquel on pr\u00e9tendait porter rem\u00e8de. Cette observation peut \u00eatre lue comme un contrepoint historique ironique, aux travaux qui, en cette m\u00eame ann\u00e9e, 1958, allaient relancer la r\u00e9flexion sur l\u2019argumentation et les topiques.<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">3. Place de la typologie des arguments dans les th\u00e9ories de l\u2019argumentation<\/span><\/h1>\n<p>La question des types d\u2019arguments joue un r\u00f4le majeur dans certaines th\u00e9ories de l&rsquo;argumentation, d&rsquo;autres red\u00e9finissent la notion, d&rsquo;autres encore ne lui accordent qu&rsquo;un r\u00f4le secondaire.<\/p>\n<p><strong>(i)<\/strong> L\u2019exemple illustrant le <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/modele-de-toulmin\/\">sch\u00e9ma de Toulmin<\/a> correspond \u00e0 une forme tr\u00e8s productive, le processus de <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/categorisation-nomination\/\">cat\u00e9gorisation-nomination.<\/a><br \/>\nDans la terminologie de Toulmin, un type de loi de passage (warrant) correspond \u00e0 un type d\u2019argument, comme l\u2019ont montr\u00e9 Ehninger et Brockriede ([1960]).<br \/>\nToulmin, Rieke et Janik (1984) ont propos\u00e9 une typologie des arguments, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\">V. Typologies contemporaines.<\/a><\/p>\n<p><strong>(ii)<\/strong> La notion de type d&rsquo;argument est <span style=\"background-color: #ffff99;\">centrale<\/span> pour la Nouvelle Rh\u00e9torique de Perelman et Olbrechts-Tyteca comme pour la Pragma-Dialectique et la Logique Informelle.<\/p>\n<p><strong>(iii)<\/strong> La th\u00e9orie de l\u2019Argumentation dans la langue d\u2019Anscombre et Ducrot ne rencontre pas la question des types d\u2019arguments. La notion de <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/topos-en-semantique\/\">topos s\u00e9mantique<\/a> est d\u00e9finie comme un lien\u00a0 entre pr\u00e9dicats, et correspond assez bien, sur le plan cognitif \u00e0 la d\u00e9finition des \u201clieux\u201d comme des \u00ab active, associative nodes for ideas \u00bb (Ong, cf. <em>supra<\/em>) . Les grandes diff\u00e9rences entre topo\u00ef s\u00e9mantiques et topo\u00ef argumentatifs classiques sont que :<br \/>\n\u2014 Le nombre des topo\u00ef s\u00e9mantiques est tr\u00e8s grand, alors que le nombre des topo\u00ef argumentatifs plafonne \u00e0 moins d&rsquo;une centaine.<br \/>\n\u2014 Les topo\u00ef s\u00e9mantiques ne sont pas des types de raisonnement mais des couples de pr\u00e9dicats.<\/p>\n<p><strong>(iv)<\/strong> La logique naturelle de Grize est fond\u00e9e sur l\u2019analyse des <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/schematisation\/\">sch\u00e9matisations<\/a>. Les op\u00e9rations de <em>configuration<\/em> et <em>d&rsquo;\u00e9tayage<\/em> renvoient \u00e0 la notion classique de soutien d\u2019une conclusion par un argument ; les types d\u2019arguments correspondent en principe aux \u201ctypes d\u2019\u00e9tayage\u201d. Cette ligne n&rsquo;est pas d\u00e9velopp\u00e9e dans le sens d&rsquo;une th\u00e9orie des types d&rsquo;arguments, mais elle pourrait l&rsquo;\u00eatre. Concr\u00e8tement, la recherche de Grize se concentre sur trois types d&rsquo;\u00e9tayage, l&rsquo;inf\u00e9rence logique, la causalit\u00e9 et l&rsquo;explication.<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">4. Nombre de sch\u00e8mes d&rsquo;argumentation<\/span><\/h1>\n<p>Les collections classiques de types d&rsquo;arguments en \u00e9num\u00e8rent d&rsquo;une dizaine \u00e0 une petite centaine de sch\u00e8mes.<br \/>\nLa <em>Rh\u00e9torique<\/em> d\u2019Aristote propose un ensemble de vingt-huit topo\u00ef, plus quelques \u201clieux des enthym\u00e8mes apparents\u201d. Les <em>Topiques<\/em> de Cic\u00e9ron en \u00e9num\u00e8rent une douzaine, vingt-cinq pour l\u2019<em>Institution oratoire<\/em> de Quintilien. Bo\u00e8ce transmet au Moyen \u00c2ge quinze formes, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-i-anciennes\/\">Typologies anciennes. <\/a>La <em>Logique<\/em> de Dupleix (1607) celle de Bossuet (1677), qui peuvent sans doute \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des repr\u00e9sentants, \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne de cette tradition, \u00e9num\u00e8rent respectivement quatorze et vingt formes.<\/p>\n<p>D\u2019autres typologies modernes sont tr\u00e8s divergentes : Locke propose une typologie \u00e0 quatre \u00e9l\u00e9ments, augment\u00e9e d\u2019un par Leibniz (Locke [1690] ; Leibniz [1765]), mais dans un monde scientifique totalement diff\u00e9rent du monde classique.<br \/>\nBentham rel\u00e8ve trente et une formules argumentatives pour le seul champ de l\u2019argumentation politique, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-2\/\">V. Typologies modernes<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque contemporaine, Conley compte dans le TA \u00ab plus de quatre-vingt types d\u2019argument \u00bb (Conley 1984, p. 180-181), V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\">Typologies contemporaines<\/a>.<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">5. Formes des typologies<\/span><\/h1>\n<p>On pourrait opposer les typologies \u00e0 la Aristote et les typologies \u00e0 la Perelman &amp; Olbrechts-Tyteca. Alors qu&rsquo;Aristote \u00e9num\u00e8re une s\u00e9rie de topo\u00ef dans une succession qui para\u00eet arbitraire, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-i-anciennes\/\">V. Typologie (I). <\/a>Perelman &amp; Olbrechts-Tyteca ont construit une typologie des diff\u00e9rentes \u201ctechniques d&rsquo;association\u201d clairement organis\u00e9e en quatre niveaux.<\/p>\n<p>\u2014 Cat\u00e9goriser <span style=\"background-color: #ffff99;\"><strong>un segment de discours<\/strong><\/span> comme un \u201c<strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">argument pragmatique<\/span><\/strong>\u201d, c\u2019est identifier dans ce segment les traits caract\u00e9ristiques qui d\u00e9finissent l\u2019argument pragmatique (niveau 1).<br \/>\n\u2014 La cat\u00e9gorie 1 \u201cargument pragmatique\u201d peut elle-m\u00eame entrer dans la cat\u00e9gorie 2, \u201c<strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">argument exploitant une relation causale<\/span><\/strong>\u201d. Elle constitue une <strong>esp\u00e8ce<\/strong> de cette seconde cat\u00e9gorie.<br \/>\n\u2014 Dans la typologie perelmanienne, cette cat\u00e9gorie 2 est rang\u00e9e dans la cat\u00e9gorie 3 des \u00ab\u00a0<strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">argumentation[s] bas\u00e9e[s] sur la structure du r\u00e9el<\/span><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 Toujours dans la typologie perelmanienne, cette cat\u00e9gorie 3 est rang\u00e9e dans la cat\u00e9gorie 4, regroupant les <strong>\u201c<span style=\"background-color: #ffff99;\">techniques d&rsquo;association<\/span><\/strong>\u201d avec les techniques de <em>dissociation<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 Cet ultime niveau est coiff\u00e9 du sommet \u201c<strong><span style=\"background-color: #ffff99;\">techniques d&rsquo;argumentation<\/span><\/strong>\u201d, qui correspond en quelque sorte \u00e0 un des principaux \u201c<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/classification\/\">r\u00e8gnes<\/a> discursifs\u201d regroupant, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;argumentation, d&rsquo;autres \u00eatres discursifs dont Perelman ne parle pas : Techniques de narration, techniques de description ?<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\">5. Fondements des typologies<\/span><\/h1>\n<p>Les typologies des formes d\u2019arguments peuvent \u00eatre envisag\u00e9es de diff\u00e9rents points de vue.<\/p>\n<p><strong>1) Du point de vue de leur contribution \u00e0 l\u2019accroissement des connaissances<\/strong>, on opposera les a<span style=\"background-color: #ffff99;\">rguments non probants et les arguments probants<\/span>, depuis l\u2019\u00e9poque moderne g\u00e9n\u00e9ralement assimil\u00e9s aux moyens de preuves scientifiques. Dans les termes de Locke, seuls les seconds sont \u00ab\u00a0accompagn\u00e9[s] d\u2019une v\u00e9ritable instruction, et [nous avancent] dans le chemin de la connaissance \u00bb (Locke [1690], p. 573), <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-2\/\">V. Typologies modernes.<\/a> Dans ce cadre, les argumentations les plus int\u00e9ressantes sont les argumentations analytiques li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9finition conceptuelle, les argumentations inductives, les argumentations mettant en jeu des relations causales, etc. Dans ce cadre, l\u2019argumentation par analogie peut avoir une valeur heuristique ou p\u00e9dagogique, alors que les argumentations rusant avec le langage naturel et manipulant la relation interpersonnelle sont sans pertinence.<\/p>\n<p><strong>2) Du point de vue de leur fonctionnement linguistique<\/strong>. On peut opposer les arguments reposant sur une relation de contigu\u00eft\u00e9, de type <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/metonymie-synecdoque\/\"><em>m\u00e9tonymie<\/em><\/a>, et les arguments reposant sur une relation de ressemblance, de type <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/analogie-iii\/\"><em>analogie cat\u00e9gorielle<\/em><\/a> ou <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/analogie-iv\/\">structurelle<\/a>, ou sur l&rsquo;exploitation d&rsquo;une <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/metaphore\/\"><em>m\u00e9taphore<\/em><\/a>.<br \/>\nCette opposition correspond en gros \u00e0 celle que Perelman et Olbrechts-Tyteca \u00e9tablissent entre les arguments qui reposent <em>sur la structure du r\u00e9el<\/em> (type causal) et ceux qui <em>fondent la structure du r\u00e9el<\/em> (type analogique),V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\">Typologies contemporaines<\/a>.<\/p>\n<p><strong>\u00a03) Du point de vue de leur productivit\u00e9.<\/strong> La productivit\u00e9 d\u2019un topos est plus ou moins grande selon le nombre d\u2019argumentations concr\u00e8tes (enthym\u00e8mes) qui en d\u00e9rivent.<br \/>\nOn peut opposer les topo\u00ef tr\u00e8s productifs comme l\u2019argumentation exploitant le bin\u00f4me <em><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/categorisation-et-nomination\/\">cat\u00e9gorisation<\/a> &#8211;\u00a0 <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/definition-3\/\">d\u00e9finition<\/a><\/em> ou le <em>topos des <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/contraires\/\">contraires<\/a><\/em>, \u00e0 des topo\u00ef relativement peu productifs, comme l\u2019argumentation par le <em><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/gaspillage\/\">gaspillage<\/a><\/em>.<\/p>\n<p><strong>4) Du point de vue de leur force relative (de leur pouvoir de l\u00e9gitimation).<\/strong> Un bel exemple d\u2019organisation des formes topiques selon leur force est donn\u00e9 par la hi\u00e9rarchie des arguments juridico-th\u00e9ologiques dans le domaine arabo-musulman, telle que l\u2019\u00e9tablit Khall\u00e2f ([1942]). Il distingue dix sources, ordonn\u00e9es selon leur degr\u00e9 de l\u00e9gitimit\u00e9.<br \/>\nLes formes les plus l\u00e9gitimes sont celles qui s\u2019appuient <em>sur le Coran ou la Tradition des Hadiths<\/em>.<br \/>\nCelles qui ont le degr\u00e9 de l\u00e9gitimit\u00e9 le plus bas sont, dans l&rsquo;ordre, l<em>es lois des peuples monoth\u00e9istes<\/em> suivies d<em>es avis des compagnons du proph\u00e8te<\/em> ; les arguments mettant en avant les pratiques de l&rsquo;Islam originel sont consid\u00e9r\u00e9s comme les plus faibles. Telle \u00e9tait la situation en 1942 ; elle a connu de grands changements avec la mont\u00e9e du Salafisme.<\/p>\n<h1><span style=\"color: #3366ff;\">6. Quelques typologies<\/span><\/h1>\n<p><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-i-anciennes\/\"><strong>Quatre typologies anciennes<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-2\/\">Quatre typologies modernes<\/a> <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/typologies-3\/\"><strong>Trois typologies contemporaines<\/strong> <\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cambridge, Harvard University Press, 1958, p. 122.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TYPOLOGIE DES ARGUMENTATIONS En argumentation, le mot typologie est utilis\u00e9 dans deux contextes. (i) On parle parfois de typologie des modes de structuration des passages argumentatifs o\u00f9 une s\u00e9rie de pr\u00e9misses vient soutenir une conclusion, V. Convergence ; Liaison ; S\u00e9rie\u00a0; \u00c9pich\u00e9r\u00e8me\u00a0; Sorite (ii) On parle g\u00e9n\u00e9ralement de\u00a0 typologie des argumentations pour d\u00e9signer l&rsquo;ensemble des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2060","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2060"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12549,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2060\/revisions\/12549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}