{"id":2383,"date":"2021-04-23T13:38:58","date_gmt":"2021-04-23T11:38:58","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?p=2383"},"modified":"2024-11-13T18:26:43","modified_gmt":"2024-11-13T17:26:43","slug":"vrai-veridique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/vrai-veridique\/","title":{"rendered":"Vrai &#8211; V\u00e9ridique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #000080;\"><strong>VRAI \u2013 V\u00c9RIDIQUE<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le mot <em>vrai<\/em> peut \u00eatre utilis\u00e9 comme pr\u00e9dicat m\u00e9talinguistique (<em>c&rsquo;est vrai !<\/em>) ou comme cat\u00e9gorisant au plus proche du prototype cat\u00e9goriel (<em>un vrai camembert<\/em>).<br \/>\nLe vrai argumentatif a la forme du v\u00e9ridique ; la th\u00e9orie argumentative est une th\u00e9orie effective de ce vrai ordinaire.<\/p>\n<p>On peut distinguer deux types d&rsquo;usages de l&rsquo;adjectif <em>vrai<\/em>\u00a0:<\/p>\n<p><strong>\u2014<em> Vrai<\/em> pr\u00e9dicatif, m\u00e9talinguistique, \u201c\u2014 <em>est vrai<\/em>\u201d.<\/strong><br \/>\n\u201c<em>C&rsquo;est vrai, c&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9<\/em> sont des \u00e9nonc\u00e9s m\u00e9talinguistiques, portant sur un [<span style=\"font-size: 10pt;\">DIRE<\/span>] (id\u00e9e, jugement, r\u00e9cit, description, argument, information\u2026) \u00e0 propos d&rsquo;un fait.<br \/>\n\u201c\u00catre vrai, \u00eatre la v\u00e9rit\u00e9\u201d ne peuvent pas \u00eatre dits d&rsquo;un humain.<\/p>\n<p><strong>\u2014\u00a0Vrai cat\u00e9gorisant.<\/strong><br \/>\n<em>Vrai<\/em> peut d&rsquo;autre part qualifier un substantif d\u00e9signant un [<span style=\"font-size: 10pt;\">OBJET<\/span>] ; <em>vrai<\/em> est ant\u00e9pos\u00e9. <em>Un vrai patriote, un vrai camembert<\/em> sont des membres prototypiques des cat\u00e9gories <em>patriote<\/em> et <em>camembert<\/em>. <em>Untel est un vrai salopard<\/em> pr\u00e9suppose <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> que \u201c <em>Untel est un salopard<\/em>\u201d est vrai et pose qu&rsquo;il est prototypique de cette cat\u00e9gorie.<br \/>\nCes deux valeurs de <em>vrai<\/em> peuvent contraster lorsque le substantif est susceptible des deux interpr\u00e9tations, [DIRE] ou [OBJET] : <em>Une id\u00e9e vraie<\/em> est forc\u00e9ment vraie\u00a0; <em>une vraie id\u00e9e<\/em> est une id\u00e9e int\u00e9ressante mais qui peut se r\u00e9v\u00e9ler fausse ou mauvaise. On peut dire:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">\u00e7a, c&rsquo;est une vraie information, enfin, si c&rsquo;est vrai. <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><\/a><\/span><\/p>\n<p>Cette opposition entre <em>vrai<\/em> m\u00e9talinguistique et vrai cat\u00e9gorisant est fondamentale en langue naturelle. La logique consid\u00e8re seulement le vrai m\u00e9talinguistique.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: right;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4315\" src=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord-300x55.png\" alt=\"Accord\" width=\"152\" height=\"28\" srcset=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord-300x55.png 300w, https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/accord.png 395w\" sizes=\"auto, (max-width: 152px) 100vw, 152px\" \/><br \/>\nSur \u201c<em>\u00eatre la v\u00e9rit\u00e9<\/em>\u201d dans le discours religieux<br \/>\nSur <em>vrai<\/em> m\u00e9talinguistique et <em>vrai<\/em> cat\u00e9gorisant<\/p>\n<h1><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>1. Logique<\/strong><\/span><\/h1>\n<p>En logique, le vrai [1] et le faux sont des propri\u00e9t\u00e9s des propositions ob\u00e9issant au principe de non-contradiction et au principe du tiers exclu, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/proposition-terme\/\">Proposition<\/a>.<br \/>\nLe calcul logique porte sur des propositions vraies par hypoth\u00e8se ou dont la v\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e lors d&rsquo;un calcul ant\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Selon la c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9finition de Tarski \u00ab [l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9] \u201c<em>la neige est blanche<\/em>\u201d est vrai si et seulement si la neige est blanche \u00bb (Tarski [1935]). L&rsquo;exemple reprend un \u00e9nonc\u00e9 qu\u2019Aristote pr\u00e9sente comme indiscutable (non probl\u00e9matisable) (Top., 105a ; Tricot, p. 28). Sur cet exemple apparemment trivial, Tarski construit un concept de v\u00e9rit\u00e9 dont la d\u00e9finition et l&rsquo;usage sont hors d&rsquo;atteinte en langage ordinaire :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">En ce qui concerne le langage courant [<em>colloquial<\/em>] non seulement la d\u00e9finition de la v\u00e9rit\u00e9 semble impossible, mais m\u00eame l&rsquo;utilisation coh\u00e9rente de ce concept conform\u00e9ment aux lois de la logique. [1935], p. 153).<\/span><\/p>\n<p>Selon cette position, la v\u00e9rit\u00e9 est un ineffable de la parole ordinaire. Il y a bien un mot <em>vrai<\/em>, mais l\u2019usage que nous en faisons est non seulement incoh\u00e9rent, mais inamendable.<\/p>\n<h1><span style=\"color: #0000ff; font-size: 14pt;\">2. Vrai, V\u00e9ridique<br \/>\n<\/span><\/h1>\n<h2><span style=\"color: #800000; font-size: 12pt;\">2.1 L&rsquo;ordinaire du vrai argumentatif<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p>Selon la conception r\u00e9aliste, la v\u00e9rit\u00e9 se d\u00e9finit, du point de vue cognitif, comme l\u2019ad\u00e9quation entre la repr\u00e9sentation d\u2019un \u00e9tat de choses et cet \u00e9tat de choses lui-m\u00eame. Le pr\u00e9dicat \u201c\u00eatre vrai\u201d peut se dire d\u2019une repr\u00e9sentation juste de la r\u00e9alit\u00e9 ; la v\u00e9rit\u00e9 est \u00ab l\u2019ad\u00e9quation entre la chose et l\u2019intelligence \u00bb (Thomas d\u2019Aquin, <em>Somme<\/em>, Part. 1, Quest. 16, Art. 1).<br \/>\nCe r\u00e9alisme correspond \u00e0 la vision ordinaire de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour acc\u00e9der au monde, les repr\u00e9sentations et les propositions logiques doivent s&rsquo;incarner dans un langage, a minima celui des symboles et de la syntaxe logique. Le vrai et le faux se disent <em>d\u2019une affirmation portant sur une certaine r\u00e9alit\u00e9 et faite dans un certain langage<\/em>.<br \/>\nLa v\u00e9rit\u00e9 <em>ordinaire<\/em> se construit et se transmet dans des discours en langue ordinaire confront\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ordinaire. Elle est tributaire, d&rsquo;une part, du type de r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;elle exprime : r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle ou ressentie ; envisag\u00e9e, calcul\u00e9e, planifi\u00e9e, redout\u00e9e\u2026 D&rsquo;autre part, elle est tributaire des contraintes linguistiques produisant l&rsquo;affirmation, notamment de la contrainte globale d&rsquo;<em>intersubjectivit\u00e9<\/em> \u2014 <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/subjectivite\/\">subjectif<\/a> est pris ici au sens de Benveniste, o\u00f9 il ne signifie <em>jamais<\/em> arbitraire. Le langage ordinaire n\u2019est pas <em>transparent<\/em> pour la v\u00e9rit\u00e9.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les jugements ordinaires de v\u00e9rit\u00e9 oscillent entre le p\u00f4le de la v\u00e9rit\u00e9 inf\u00e9r\u00e9e au terme d&rsquo;une argumentation et le p\u00f4le de l&rsquo;\u00e9vidence, perceptive ou intellectuelle.<br \/>\nL&rsquo;argumentation est un processus de transformation d&rsquo;un argument en une conclusion, au moyen des sch\u00e8mes argumentatifs. La conclusion erron\u00e9e est consid\u00e9r\u00e9e comme le produit d\u2019une argumentation vici\u00e9e, soit parce qu\u2019elle utilise une forme fallacieuse de raisonnement (<em>fallacy<sub>2<\/sub><\/em>) soit parce qu\u2019elle part d\u2019un argument mat\u00e9riellement fallacieux<sub>1<\/sub> (fallacy<sub>1<\/sub>) qui doit \u00eatre rectifi\u00e9 en tant que telle.<br \/>\nLe processus argumentatif est long et compliqu\u00e9 et ses r\u00e9sultats sont parfois incertains. C&rsquo;est pourquoi, pour le sens commun, la v\u00e9rit\u00e9 fuit le langage et tente de s&rsquo;accrocher \u00e0 <em>l&rsquo;<a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/evidence\/\">\u00e9vidence.<\/a><\/em> Les faits seraient les meilleurs arguments, la preuve du pudding, c&rsquo;est qu&rsquo;on le mange, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/m\u00e9pris\/\">V. M\u00e9pris<\/a>.<br \/>\nLe r\u00eave du vrai serait de pouvoir \u201capporter\u201d le fait probant. La charrue montr\u00e9e au tribunal atteste que c\u2019est par son travail que l&rsquo;accus\u00e9 a obtenu de bonnes r\u00e9coltes. Encore faut-il que l\u2019on en croie ses yeux, que l&rsquo;\u00e9vidence ne soit pas trompeuse, et qu\u2019elle soit soutenue par un discours, un silence ou un geste <em>\u00e9loquents<\/em>.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><strong><em><span style=\"color: #003300;\">V\u00e9rit\u00e9 de l\u2019argument et r\u00e9cession <\/span><\/em><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/vertige\/\">ad vertiginem<\/a>\u00a0<\/strong><\/h3>\n<p>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;argumentation int\u00e9ressante sans information ad\u00e9quate, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans arguments plut\u00f4t vrais, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/fallacieux-i\/\">Fallacieux (1)<\/a><br \/>\nLe d\u00e9veloppement argumentatif peut aussi bien reposer sur une croyance plut\u00f4t fausse ou mensong\u00e8re. Le cas est fr\u00e9quent dans les d\u00e9bats id\u00e9ologico-politiques o\u00f9 la situation de d\u00e9saccord radical est banale, ce qui se manifeste par la r\u00e9ciprocit\u00e9 des accusations : \u201cYou<em> are fake news !<\/em>\u201d.<br \/>\nLa v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;argument peut toujours \u00eatre contest\u00e9e, et la v\u00e9rification des faits un \u00e0 un est impossible ; pour paraphraser Lefort et Castoriadis [1], on ne peut ass\u00e9cher avec la pe\u00adtite cuill\u00e8re de la critique les oc\u00e9ans de la b\u00eatise, de la crapulerie et de l\u2019erreur. D\u2019autre part, les croyances et doctrines n\u2019affrontent pas le r\u00e9el une \u00e0 une, mais en corps constitu\u00e9 (Quine &amp; Ullian, 1982<em>)<\/em>. Ce r\u00e9seau est constitu\u00e9 et d\u00e9fendu par des narrations exemplaires, irr\u00e9futables car inv\u00e9rifiables, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/exemple\/\">Exemple<\/a>\u00a0; <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/exemplum\/\"><em>Exemplum<\/em><\/a>.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><em><span style=\"color: #003300;\"><strong>V\u00e9rit\u00e9 de la conclusion<\/strong><\/span><\/em><\/h3>\n<p>De m\u00eame que la nature langagi\u00e8re de l&rsquo;argumentation fait qu&rsquo;elle ne distingue pas faits et valeurs, elle ne distingue pas l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mique et le pratique. \u00a0Dans la premi\u00e8re, il s&rsquo;agit de croyance et de v\u00e9rit\u00e9 (V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/demonstration\/\">D\u00e9monstration<\/a>), dans le second d&rsquo;optimiser une action.<br \/>\nDans les deux cas, l&rsquo;argumentation est test\u00e9e au moyen de l&rsquo;arsenal tr\u00e8s efficace des \u201cdiscours contre\u201d, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/refutation\/\">V. R\u00e9futation.<\/a><br \/>\nDu point de vue de l\u2019argumentation dialogu\u00e9e, et dans le meilleur des cas, le vrai est une propri\u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e <em>par <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/raisonnement-defaut\/\">d\u00e9faut<\/a><\/em> \u00e0 un \u00e9nonc\u00e9 qui a surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019examen critique, men\u00e9, dans des circonstances ad\u00e9quates, par les groupes int\u00e9ress\u00e9s et comp\u00e9tents. Mais la <em>r\u00e9sistance \u00e0 la <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/refutation\/\">r\u00e9futation<\/a><\/em> n\u2019est pas forc\u00e9ment une garantie de v\u00e9rit\u00e9, et la v\u00e9rit\u00e9 argumentative est une v\u00e9rit\u00e9 par d\u00e9faut. Le vrai ainsi construit doit \u00eatre r\u00e9vis\u00e9 si l\u2019on obtient d\u2019autres informations, ou si l&rsquo;on met au point une meilleure m\u00e9thode d\u2019observation ou d&rsquo;exploitation des donn\u00e9es existantes, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/raisonnement-r\u00e9visable\/\">V. Raisonnement r\u00e9visable<\/a>. En d\u2019autres termes, la pr\u00e9tention \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un \u00e9nonc\u00e9 n&rsquo;est pas d\u00e9tachable des argumentations qui la construisent ou qui la reconstruisent. La v\u00e9rit\u00e9 est un produit de l\u2019authentique septi\u00e8me fonction du langage, la<em> fonction critique, <\/em>lorsqu\u2019elle peut s\u2019exercer dans des conditions ad\u00e9quates.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est une condition ni n\u00e9cessaire ni suffisante du <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/consensus\">consensus<\/a>. Elle n\u2019entra\u00eene pas le\u00a0<em>consensus<\/em> ; et le consensus peut se r\u00e9aliser sur une erreur.<br \/>\nLa v\u00e9rit\u00e9 d\u2019une assertion ne la garantit pas contre la contestation. Non seulement l\u2019argumentation ne garantit pas automatiquement le triomphe de la v\u00e9rit\u00e9, mais elle peut l\u2019affaiblir, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/paradoxes\/\">V. Paradoxes<\/a><strong>.\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3><span style=\"color: #993300;\">2.2 R\u00e9alisme intersubjectif : Le <em>v\u00e9ridique<\/em> comme <em>vrai argumentatif<\/em> <\/span><\/h3>\n<p><em>Le vrai r\u00e9aliste et intersubjectif<\/em> de l&rsquo;argumentation est caract\u00e9ris\u00e9 par les traits suivants.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><strong><em>Scalarit\u00e9<br \/>\n<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>En logique, une proposition ne peut pas \u00eatre <em>plus ou moins<\/em> vraie ou fausse, ce qui exclut qu\u2019une proposition et sa n\u00e9gation puissent \u00eatre toutes deux <em>quelque peu vraies et\/ ou quelque peu fausses<\/em>. <em>Vrai<\/em> et <em>faux<\/em> sont d\u00e9finis en logique comme des termes <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/contraires-termes\/\"><em>contraires<\/em><\/a> (dont ils sont le prototype), alors que dans la langue ordinaire, ils fonctionnent comme des termes <em>scalaires<\/em>, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/probable-vraisemblable\/\">Probable<\/a>.<br \/>\nPour une affirmation ordinaire renvoyant au monde partag\u00e9 par les humains, le 100 % vrai et 100 % faux repr\u00e9sentent les deux p\u00f4les de l\u2019\u00e9chelle du vrai\/faux. Une affirmation peut \u00eatre <em>presque vraie<\/em>, ou <em>plus ou moins<\/em> vraie ou fausse\u00a0; elle peut contenir un <em>noyau de v\u00e9rit\u00e9<\/em>. Une affirmation <em>fausse<\/em> peut \u00eatre n\u00e9anmoins <em>quelque peu vraie<\/em>, une affirmation <em>vraie<\/em> peut \u00eatre n\u00e9anmoins quelque peu <em>fausse<\/em>. <em>\u00catre faux<\/em>\u00a0est un compliment tout relatif, mais un compliment\u00a0: le faux peut \u00eatre rectifi\u00e9, le <em>m\u00eame pas faux<\/em> est sans espoir. De m\u00eame, le mensonge est modalisable\u00a0; il contient une demi-v\u00e9rit\u00e9, une part de v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nPar de telles gradations, les affirmations essaient de s&rsquo;ajuster \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame en perp\u00e9tuelle transformation, alors que le r\u00e9alisme postule la stabilit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><strong><em><span style=\"color: #003300;\">Effet de position<\/span><br \/>\n<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Le vrai logique \u00e9chappe \u00e0 la subjectivit\u00e9 ; alors que le vrai d&rsquo;une affirmation peut \u00eatre rapport\u00e9 \u00e0 une <em>position<\/em> : <em>vrai d&rsquo;un certain point de vue<\/em>. Cela revient \u00e0 restreindre la port\u00e9e d&rsquo;une affirmation, pour la maintenir dans la v\u00e9rit\u00e9, op\u00e9ration tr\u00e8s l\u00e9gitime, mais dont il ne faut pas abuser, car elle peut rendre l&rsquo;affirmation absolument irr\u00e9futable \u00e0 bon march\u00e9 (Doury 2003) : <em>C&rsquo;est vrai de mon point de vue<\/em>. Si elles ouvrent une situation argumentative, ces positions sont tr\u00e8s l\u00e9gitimes. Si elles permettent de soustraire les affirmations \u00e0 la discussion, elles st\u00e9rilisent la discussion.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"color: #003300;\"><strong><em>Pertinence<br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>La condition de v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas une condition suffisante pour la parole ordinaire, pour qui t<em>oute v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas bonne \u00e0 dire,<br \/>\n<\/em>1) Pour des raisons politiques ou morales, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/conditions-de-discussion\/\">V. Conditions de discussion,<\/a><br \/>\n2) Pour des raisons de <em><u><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/pertinence\/\">pertinence<\/a><\/u><\/em> : tout le monde peut \u00eatre d&rsquo;accord que tel discours est parfaitement <em>vrai<\/em> mais absolument <em>sans int\u00e9r\u00eat<\/em> pour la discussion et l&rsquo;action courantes (Sperber &amp; Wilson, 1995).<br \/>\nConsid\u00e9rer que seul le 100% vrai est vrai reviendrait \u00e0 exiger le maximum de pr\u00e9cision sur tout ce qui est dit. C&rsquo;est une fa\u00e7on de bloquer toute interaction<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><strong><em>V\u00e9ridicit\u00e9 du locuteur<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Le dictionnaire donne \u00e0 <em>v\u00e9ridique<\/em> deux sens principaux\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">\u2014 [<em>En parlant d&rsquo;une personne<\/em>] Qui dit la v\u00e9rit\u00e9\u00a0; qui exprime ce qu&rsquo;il ressent ouvertement, sans dissimulation.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>\u2014 <\/strong>[<em>En parlant d&rsquo;une chose<\/em>] Conforme \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0; confirm\u00e9 par les faits. (<em>TLF<\/em>i, <em>V\u00e9ridique<\/em>)<\/span><\/p>\n<p><em>V\u00e9ridique<\/em> se dit d\u2019un dire (t\u00e9moignage, r\u00e9cit, propos, appr\u00e9ciation\u2026) et d\u2019une repr\u00e9sentation (portrait). Le dictionnaire distingue ainsi ce qu&rsquo;il en est de la personne, <em>le dire vrai<\/em> et ce qu&rsquo;il en est du dire<em>, le vrai<\/em>. On peut se demander s\u2019il s\u2019agit de polys\u00e9mie, ou si le mot <em>v\u00e9ridique<\/em> prend comme unit\u00e9 le vrai et le dire-vrai, La v\u00e9rit\u00e9 appara\u00eet attach\u00e9e tant \u00e0 une personne qu\u2019\u00e0 un \u00e9nonc\u00e9 ; c\u2019est ce que reprend la rh\u00e9torique qui consid\u00e8re que l\u2019assentiment va autant \u00e0 une personne, dans un certain \u00e9tat \u00e9motionnel, qu\u2019\u00e0 un \u00e9nonc\u00e9. La v\u00e9rit\u00e9 ne peut \u00eatre re\u00e7ue que dans une relation de <em>confiance<\/em>, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/ethos\/\">V. \u00c9thos.<\/a><\/p>\n<p>La croyance absolue accord\u00e9e aux dires auto-certifi\u00e9s d\u2019un Ma\u00eetre rel\u00e8ve de la m\u00eame attitude, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/autorite\/\">V. Autorit\u00e9<\/a>. Il y a du vrai qu\u2019on ne veut entendre que dans telle bouche, comme si le vrai avait d\u00e9sert\u00e9 certains locuteurs pour en investir d\u2019autres : \u201c<em>C\u2019est vrai, mais pas dans ta bouche\u201d.<\/em><br \/>\nCette fusion du <em>dire<\/em> et du <em>dit<\/em> \u00e9voque la croyance qui, en Gr\u00e8ce archa\u00efque,<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[accordait] \u00e0 trois types de personnages [\u2026], l\u2019a\u00e8de, le devin et le roi de justice, le commun privil\u00e8ge de dispenser la \u201cV\u00e9rit\u00e9\u201d\u00a0\u2014\u00a0du moins traduisons-nous ainsi le mot grec <em>al\u00e9th\u00e9ia<\/em> (Vernant, 1969, p. 194 &#8211; \u00e0 propos de l&rsquo;ouvrage de Detienne, 1967).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Les gens vrais<\/em><\/span><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de marque linguistique de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 vrai, seule l\u2019identit\u00e9 et la tautologie se manifestent comme telles. Il n&rsquo;y a pas davantage de marque de l&rsquo;\u00e9nonciation du vrai, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;indice apparent de v\u00e9ridicit\u00e9 du locuteur, sauf Pinocchio dont le nez s&rsquo;allonge quand il ment.<\/p>\n<p>Dans le monde contemporain, mis \u00e0 part les sages et les gourous qui disent toujours le vrai \u00e0 ceux qui les croient <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/autorite\/\">V. Autorit\u00e9<\/a>, le privil\u00e8ge de dire le vrai est accord\u00e9 \u00e0 certaines personnes dans certaines conditions.<br \/>\nD&rsquo;abord, les gens pauvres et malheureux vivent dans le vrai, donc disent forc\u00e9ment vrai et pensent juste, selon la parabole rapport\u00e9es par Luc 6, 20-26 \u00ab Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est \u00e0 vous.\u00a0\u00bb, V. <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/richesse-pauvrete\/\">Pauvret\u00e9<\/a>.<br \/>\nDe m\u00eame, les enfants dont la parole est par essence v\u00e9ridique, et qui disent que le roi est nu quand il est nu.<br \/>\nLe privil\u00e8ge de v\u00e9ridicit\u00e9 est \u00e9galement accord\u00e9 \u00e0 tous ceux qui se trouvent dans une certaine condition, par exemple s&rsquo;ils sont ivres, en vertu de l&rsquo;adage <em>in vino veritas<\/em>, ou mourants, ou en proie \u00e0 une grande \u00e9motion, comme dans la col\u00e8re o\u00f9 on dit \u00e0 l&rsquo;autre \u201cses quatre v\u00e9rit\u00e9s\u201d.<\/p>\n<h3 style=\"padding-left: 40px;\"><span style=\"color: #003300;\"><strong><em>Erreur, ruse et mensonge<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Erreur ruse et mensonge sont des effets de subjectivit\u00e9 qui d\u00e9limitent la v\u00e9ridicit\u00e9. La parole d\u00e9colle de la r\u00e9alit\u00e9 quand on ment, mais aussi quand on se trompe, on ignore, on oublie, on est distrait, on confond le r\u00eave et la r\u00e9alit\u00e9 (personnes \u00e2g\u00e9es), on raconte une histoire\u2026 ou on veut simplement rester poli.<br \/>\nL\u2019erreur de calcul, la confusion m\u00e9morielle, l\u2019oubli, la confusion rel\u00e8vent de la subjectivit\u00e9 <em>\u00e9pist\u00e9mique<\/em>, autrement dit de la faiblesse de l\u2019esprit et du corps individuels. Le mensonge rel\u00e8ve de la subjectivit\u00e9 <em>des affects et des int\u00e9r\u00eats.<\/em> La diff\u00e9rence entre l\u2019erreur et le mensonge est une affaire de condition d\u2019interaction et d\u2019intentionnalit\u00e9, <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/sophisme\/\">V. Sophisme.<\/a><br \/>\nLa communication est soumise \u00e0 la<em> maxime de qualit\u00e9<\/em>, qui suppose la sinc\u00e9rit\u00e9<strong>, <\/strong><a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/cooperation\/\">V. Coop\u00e9ration<\/a>. Les conventions de v\u00e9rit\u00e9 sont variables selon les situations d\u2019interlocution. On dit \u00e0 l\u2019un des choses que l\u2019on ne dit pas \u00e0 l\u2019autre, sans qu\u2019il y ait erreur ni mensonge. La v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est ni due ni dite \u00e0 tout le monde, et pas dans la m\u00eame extension.<br \/>\nOn ment seulement dans des situations r\u00e9gies par la transparence des intentions, o\u00f9 le r\u00e9cepteur attribue au locuteur l&rsquo;intention qu&rsquo;il affiche dans ce qu&rsquo;il dit : le mensonge est alors l\u2019instrument de la <a href=\"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/manipulation\/\"><em>manipulation<\/em><\/a>.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #800000;\"><strong>2.3 L&rsquo;argumentation comme une <em>th\u00e9orie effective<\/em> de la v\u00e9rit\u00e9 ordinaire<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h3>\n<p>Le concept de <em>th\u00e9orie effective<\/em> est apparu en physique th\u00e9orique, et peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 tous les domaines. L\u2019id\u00e9e est que les th\u00e9ories ne se d\u00e9truisent pas mutuellement, que leur \u00e9volution est coh\u00e9rente et non contradictoire, et que leur complexit\u00e9 croissante correspond \u00e0 des diff\u00e9rences d\u2019\u00e9chelle des ph\u00e9nom\u00e8nes analys\u00e9s. Sur fond de progr\u00e8s technologiques, les th\u00e9ories progressent sans se renier, en s\u2019articulant les unes aux autres comme des poup\u00e9es russes. L\u2019id\u00e9e d\u2019effectivit\u00e9 correspond \u00e0 celle de niveau de pertinence d\u2019une th\u00e9orie\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Newton\u2019s laws work extremely well. They are sufficient to devise the path by which we can send a satellite to the far reaches of the Solar System and to construct a bridge that won\u2019t collapse. Yet we know quantum mechanics and relativity are the deeper underlying theories. Newton\u2019s laws are approximations that work at relatively low speeds and for large macroscopic objects. (Lisa Randall <em>Effective Theory <\/em><a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> )<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 <em>scientifique <\/em>est un <em>continuum<\/em> produit par les diff\u00e9rentes sciences. Ses \u00e9tapes correspondent \u00e0 des moments de stabilit\u00e9 qui d\u00e9finissent des domaines o\u00f9 des th\u00e9ories consid\u00e9r\u00e9es comme <em>absolument<\/em> vraies, sont maintenant consid\u00e9r\u00e9es comme <em>localement<\/em> vraies, mais <em>toujours vraies<\/em>.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 ordinaire est une v\u00e9rit\u00e9 <em>effective, <\/em>c&rsquo;est-\u00e0-dire <em>concr\u00e8te et efficace du point de vue des humains.<\/em> La premi\u00e8re des th\u00e9ories effectives correspond \u00e0 la conception ordinaire de la r\u00e9alit\u00e9, qui est par d\u00e9finition une th\u00e9orie <em>subjective<\/em>. C&rsquo;est cette th\u00e9orie implicite (ou animale) qui fait que nous marchons comme si nous \u00e9tions pleinement conscients que le sol ne s\u2019effondrera pas sous nos pas. Un tel \u00e9v\u00e9nement peut arriver, ce qui nous rappelle que notre conscience instinctive de ce qu\u2019est le sol est bien une th\u00e9orie, et qu\u2019elle doit \u00eatre r\u00e9vis\u00e9e sous la pression de l\u2019exp\u00e9rience. Cette th\u00e9orie machinale est une th\u00e9orie <em>effective<\/em> de la r\u00e9alit\u00e9 des mat\u00e9riaux qui forment le sol.<br \/>\nLes physiciens d\u2019apr\u00e8s Newton nous disent que le sol est fait d\u2019atomes, et que, selon Rutherford (1871-1937) leur noyau est compos\u00e9 de protons et de neutrons autour duquel gravitent des \u00e9lectrons. Dans la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, les physiciens ont montr\u00e9 que ces constituants n\u2019avaient rien d\u2019ultime, et qu\u2019ils \u00e9taient eux-m\u00eames faits de quarks dont l\u2019assemblage ob\u00e9it aux lois de la m\u00e9canique quantique. Selon ces r\u00e9sultats, la mati\u00e8re est surtout faite de vide. Mais cela n\u2019a pas modifi\u00e9 notre th\u00e9orie machinale de la marche, du sol et du point d&rsquo;appui, qui reste parfaitement op\u00e9ratoire au niveau du monde habit\u00e9 par les animaux ordinaires.<\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\">[1] Le pr\u00e9suppos\u00e9 est maintenu dans la n\u00e9gation, <em>Untel n&rsquo;est pas un vrai salopard<\/em>, et dans l&rsquo;interrogation (<em>Untel est un salopard, mais) est-ce un vrai salopard\u00a0?<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> https:\/\/www.edge.org\/response-detail\/27044 (30-11-2020)<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VRAI \u2013 V\u00c9RIDIQUE Le mot vrai peut \u00eatre utilis\u00e9 comme pr\u00e9dicat m\u00e9talinguistique (c&rsquo;est vrai !) ou comme cat\u00e9gorisant au plus proche du prototype cat\u00e9goriel (un vrai camembert). Le vrai argumentatif a la forme du v\u00e9ridique ; la th\u00e9orie argumentative est une th\u00e9orie effective de ce vrai ordinaire. 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