{"id":4106,"date":"2021-05-16T17:44:13","date_gmt":"2021-05-16T15:44:13","guid":{"rendered":"http:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/?p=4106"},"modified":"2021-05-16T18:24:40","modified_gmt":"2021-05-16T16:24:40","slug":"amalgame","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/amalgame\/","title":{"rendered":"K_Amalgame"},"content":{"rendered":"<h1><b>Amalgame<\/b><\/h1>\n<p><b>La Terreur<\/b><\/p>\n<p>En 1793-1794, pendant la R\u00e9volution, la France est gouvern\u00e9e sous le r\u00e9gime de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;exception. L&rsquo;assembl\u00e9e pr\u00e9vue par la constitution, la Convention est de fait suspendue et le pouvoir est exerc\u00e9 par le Comit\u00e9 de Salut Public et le Comit\u00e9 de S\u00fbret\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, qui mettent \u00ab la terreur \u00e0 l&rsquo;ordre du jour \u00bb. Suite au mot d&rsquo;ordre de Robespierre \u00ab toutes les factions doivent p\u00e9rir du m\u00eame coup \u00bb (15 mars 1794)[1],<\/p>\n<p>H\u00e9bert, dit \u201cLe p\u00e8re Duchesne\u201d, les h\u00e9bertistes plus quelques autres d\u00e9clar\u00e9s \u00ab leurs complices \u00bb sont ex\u00e9cut\u00e9s le 24 mars 1794, sous le chef d&rsquo;accusation de \u00ab complot de l&rsquo;\u00e9tranger \u00bb. H\u00e9bert Danton et les dantoniens plus quelques autres d\u00e9clar\u00e9s leurs complices, sont ex\u00e9cut\u00e9s le 5 avril 1794<\/p>\n<p>Jean Massin, <i>Robespierre<\/i>, Club fran\u00e7ais du Livre, 1956, p. 245[2]\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>Les H\u00e9bertistes<\/b><\/p>\n<p>Dans la nuit du 23 au 24, Ronsin, Vincent, H\u00e9bert, Momoro, Mazuel et Ducroquet sont arr\u00eat\u00e9s. Dans le proc\u00e8s qui va suivre, et qui se terminera par leur ex\u00e9cution, le 4 germinal [24 mars 1793], ils seront amalgam\u00e9s avec Cloots, Kock, Proli, Desfieux, Pereira et Dubuisson, sous le chef d&rsquo;accusation commun de \u00ab conspiration avec l&rsquo;\u00e9tranger\u00bb. Mais les r\u00e9sultats montreront vite que la r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas si simple.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les Dantonistes<\/b><\/p>\n<p>Lorsque le 16 Germinal [5 [avril] 1794] les t\u00eates de Danton, Desmoulins, Delacroix et Philippeaux roulent en m\u00eame temps que celles de Fabre, Delaunay, Chabot et Basire, de l&rsquo;\u00e9quivoque H\u00e9rault de S\u00e9chelles, des banquiers Frey et Guzman, du g\u00e9n\u00e9ral aventurier Westermann et de l&rsquo;abb\u00e9 sp\u00e9culateur d&rsquo;Espagnac, tout observateur superficiel aura n\u00e9cessairement l&rsquo;impression que Robespierre est \u00e0 pr\u00e9sent le seul ma\u00eetre possible de la France. <b>(p. 245)<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Danton, Desmoulins, Delacroix et Philippeaux<\/p>\n<p>Fabre, Delaunay, Chabot et Basire,<\/p>\n<p>H\u00e9rault de S\u00e9chelles,<\/p>\n<p>Frey et Guzman,<\/p>\n<p>Westermann<\/p>\n<p>d&rsquo;Espagnac,<\/p>\n<p>\u00e7a fait douze.\u00a0 Madelin parle des quinze hommes<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Albert Mathiez, <\/b><b>La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/b><b>, T.3, La Terreur. Armand Colin, 6<\/b><b>e<\/b><b> \u00e9d. 1940, p. 156-157<\/b><\/p>\n<p><b>Les H\u00e9bertistes<\/b><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s des H\u00e9bertistes, qui dura du 1e au 4 Germinal, fut avant tout un proc\u00e8s politique. Le grief qu&rsquo;on avait d&rsquo;abord invoqu\u00e9 contre eux d&rsquo;\u00eatre responsable de la famine s&rsquo;effa\u00e7a devant le grief nouveau, infiniment plus s\u00e9rieux, d&rsquo;avoir complot\u00e9 l&rsquo;insurrection. \u00c0 l&rsquo;appui du premier grief on adjoignit \u00e0 H\u00e9bert le commissaire aux accaparements Ducroquet, son ami, et un agent des subsistances, Antoine Descombes. <b>Pour d\u00e9montrer l&rsquo;entente avec l&rsquo;ennemi, car il ne pouvait y avoir de complot sans Pitt et Cobourg, on rangea parmi les accus\u00e9s<\/b> Anacharsis Cloots, Proli, Kock et les agents secrets du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, Desfieux, Pereira et Dubuisson. Les autres accus\u00e9s, Ronsin, Mazuel, Vincent, Leclerc et Bourgeois, chefs des bureaux de la guerre, Momoro, etc., \u00e9taient les chefs qui pr\u00e9paraient le coup de main.<\/p>\n<p>Tous furent condamn\u00e9s \u00e0 mort, \u00e0 l&rsquo;exception du mouchard Laboureau qui fut acquitt\u00e9. L&rsquo;ex\u00e9cution eut lieu au milieu d&rsquo;une foule immense qui injuriait les vaincus. Ils moururent avec courage, sauf H\u00e9bert, qui donna des signes de faiblesse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>H\u00e9bertistes<\/p>\n<p><b>1<\/b><b>e<\/b><b> accusation, responsables de la famine<\/b><\/p>\n<p>H\u00e9bertistes<\/p>\n<p>+ Ducroquet, commissaire aux accaparements, ami de H\u00e9bert,<\/p>\n<p>Antoine Descombes, agent des subsistances.<\/p>\n<p><b>2<\/b><b>e<\/b><b> accusation, entente avec l&rsquo;ennemi<\/b><\/p>\n<p>Anacharsis Cloots, Proli, Kock<\/p>\n<p>+ Desfieux, Pereira et Dubuisson, agents secrets du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res<\/p>\n<p>+ Ronsin, Mazuel, Vincent, Leclerc et Bourgeois, chefs des bureaux de la guerre,<\/p>\n<p>et Momoro, etc., \u00e9taient les chefs qui pr\u00e9paraient le coup de main.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les Dantonistes<\/b><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s dura quatre jours, comme celui des H\u00e9bertistes, du 13 au 16 germinal, mais il fut infiniment plus mouvement\u00e9. <b>L&rsquo;amalgame<\/b><b> qui r\u00e9unit les 14 accus\u00e9s n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 au hasard<\/b>. Pour joindre Delacroix, Danton, Desmoulin \u00e0 Chabot, \u00e0 Basire, \u00e0 Delaunay, \u00e0 Fabre, les bonnes raisons ne manquaient pas. H\u00e9raut de S\u00e9chelles aurait pu trouver place dans la fourn\u00e9e des H\u00e9bertistes, puisqu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;ami et le protecteur de Proli et de Cloots, mais il \u00e9tait nomm\u00e9 dans les d\u00e9nonciations de Basire et de Chabot et <b>les Comit\u00e9s<\/b>, en le joignant \u00e0 Fabre, son premier d\u00e9nonciateur, <b>avaient voulu mettre en \u00e9vidence par cet exemple frappant la liaison intime et secr\u00e8te des ultra et des citra, leur complicit\u00e9 commune dans l&rsquo;\u0153uvre de destruction du gouvernement r\u00e9volutionnaire.<\/b> Quant \u00e0 Philippeaux, il payait ses accusations de trahison contre le Comit\u00e9 et les louanges hyperboliques de Desmoulins.<\/p>\n<p>(\u00e0 suivre)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Soboul<\/b><\/p>\n<p><b>Les h\u00e9bertistes<\/b><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s amalgama au groupe cordelier (H\u00e9bert, Ronsin, Vincent, Momoro), \u00e0 des patriotes avanc\u00e9s (Mazuel, chef d&rsquo;escadron de la cavalerie r\u00e9volutionnaire, l&rsquo;int\u00e8gre Descombes, de l&rsquo;Administration des subsistances), \u00e0 des militants populaires (Ancard, du club des Cordeliers, l&rsquo;humble Ducroquet, commissaire aux accaparements de la section Marat), des agents de l&rsquo;\u00e9tranger: Cloots, le banquier Kock, Proli, Desfieux, Pereira, Dubuisson. Tous furent guillotin\u00e9s le 4 germinal an II (24 mars 1794) (p. 312)<\/p>\n<p><b>Les dantonistes<\/b><\/p>\n<p>Aux chefs dantonistes, le proc\u00e8s amalgama les d\u00e9put\u00e9s pr\u00e9varicateurs, des agents de l&rsquo;\u00e9tranger (Guzman et les fr\u00e8rs Frey), un sp\u00e9culateur, l&rsquo;abb\u00e9 d&rsquo;Espagnac, le g\u00e9n\u00e9ral Westermann, ami de Danton, H\u00e9raut de S\u00e9chelle enfin. (p. 312)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Bernard Vinot, Saint-Just. Fayard, 1985.<\/b><\/p>\n<p>Pour \u00e9toffer un r\u00e9quisitoire assez peu convaincant, Saint-Just pratique l&rsquo;amalgame : \u00e0 Danton, on associerait des co-inculp\u00e9s r\u00e9pondant de multiples chefs d&rsquo;accusation. Chabot, Basire, Fabre et Delaunay \u00e9voqueraient la concussion et les malversations ; Frey et Guzman, financiers, l&rsquo;argent impur de l&rsquo;\u00e9tranger ; H\u00e9rault, l&rsquo;h\u00e9bertisme, la trahison et le vice. Puis, en deux phrases, Saint-Just fait l&rsquo;histoire de cinq ans de perfidie. \u00ab Il y a eu une conjuration tram\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es pour absorber la R\u00e9volution fran\u00e7aise dans un changement de dynastie. Les factions de Mirabeau, des Lameth, de Lafayette, de Brissot, de d&rsquo;Orl\u00e9ans, de Dumouriez, de Carra, d&rsquo;H\u00e9bert, les factions de Chabot, de Fabre, de Danton ont concouru progressivement \u00e0 ce but par tous les moyens qui pouvaient emp\u00eacher la R\u00e9publique de s&rsquo;\u00e9tablir et son gouvernement de s&rsquo;affermir. En signant l&rsquo;acte d&rsquo;accusation (\u00e0 l&rsquo;exception de Ruhl et de Lindet) les membres des deux comit\u00e9s r\u00e9unis cautionnaient cet amalgame. (p. 248-249)<\/p>\n<p>amalgame : p. 238 ; 243 ; 245 ;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[1] https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k288982\/texteBrut<\/p>\n<p><b>[2]<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Amalgame La Terreur En 1793-1794, pendant la R\u00e9volution, la France est gouvern\u00e9e sous le r\u00e9gime de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;exception. L&rsquo;assembl\u00e9e pr\u00e9vue par la constitution, la Convention est de fait suspendue et le pouvoir est exerc\u00e9 par le Comit\u00e9 de Salut Public et le Comit\u00e9 de S\u00fbret\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, qui mettent \u00ab la terreur \u00e0 l&rsquo;ordre du jour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4106","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4106"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4106\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4138,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4106\/revisions\/4138"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/dicoplantin\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}