{"id":201,"date":"2019-02-18T17:39:25","date_gmt":"2019-02-18T16:39:25","guid":{"rendered":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/membre\/dbottineau\/?page_id=201"},"modified":"2019-02-19T18:24:18","modified_gmt":"2019-02-19T17:24:18","slug":"parcours-de-recherche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/icar.cnrs.fr\/membre\/dbottineau\/parcours-de-recherche\/","title":{"rendered":"Parcours de recherche"},"content":{"rendered":"<p><strong>Th\u00e8se\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><em>Aspect, actance et modalit\u00e9: syst\u00e9matique de l\u2019infinitif anglais<\/em><br \/>\nUniversit\u00e9 Paris IV (Sorbonne), P. Cotte (Dir.), 1999<\/p>\n<p>Ma recherche a commenc\u00e9 par une th\u00e8se sur la syntaxe de l\u2019infinitif anglais dans le cadre th\u00e9orique de la psychom\u00e9canique du langage de G. Guillaume. L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019am\u00e9liorer le traitement de la syntaxe dans une th\u00e9orie connue pour sa faiblesse dans le domaine syntaxique compte tenu de son ancrage en morphos\u00e9mantique lexicale et grammaticale des marqueurs de langue. Selon cette th\u00e9orie, la production du discours par les locuteurs mobilise (\u00ab\u00a0actualise\u00a0\u00bb) une coordination \u00ab\u00a0d\u2019actes de repr\u00e9sentations\u00a0\u00bb \u00e0 partir d\u2019invariants enregistr\u00e9s au niveau des unit\u00e9s lexicales de \u00ab\u00a0langue\u00a0\u00bb convoqu\u00e9es en \u00ab\u00a0discours\u00a0\u00bb\u00a0: le guillaumisme d\u00e9finit la \u00ab\u00a0langue\u00a0\u00bb comme un savoir-faire repr\u00e9sentationnel et combinatoire dont les primitives sont enregistr\u00e9es par les unit\u00e9s lexicales et grammaticales, seules susceptibles d\u2019\u00eatre m\u00e9moris\u00e9es entre deux actes de discours\u00a0; et le \u00ab\u00a0discours\u00a0\u00bb comme le d\u00e9ploiement du potentiel repr\u00e9sentationnel et combinatoire (morphosyntaxique) retenu par ces unit\u00e9s \u00ab\u00a0de langue\u00a0\u00bb en amont des actes de repr\u00e9sentation. La syntaxe guillaumienne en tant que comp\u00e9tence m\u00e9moris\u00e9e et ex\u00e9cutable est mod\u00e9lis\u00e9e par la \u00ab\u00a0th\u00e9orie de l\u2019incidence\u00a0\u00bb, qui sch\u00e9matise la capacit\u00e9 des unit\u00e9s morphologiques \u00e0 s\u2019interconnecter de mani\u00e8re planifi\u00e9e et d\u00e9ployer dynamiquement des constructions non pr\u00e9existantes en elles-m\u00eames (\u00e0 l\u2019inverse de l\u2019autonomie syntaxique dans le g\u00e9n\u00e9rativisme chomskyen et tr\u00e8s loin des grammaires de constructions, qui ne supposent pas de signifiant lexical ph\u00e9nom\u00e9nologiquement construit ind\u00e9pendamment de la syntaxe, laquelle stratifie les niveaux de segmentation). Cet ancrage lexical est n\u00e9cessit\u00e9 par l\u2019id\u00e9e \u2013 aujourd\u2019hui discutable \u2013que seul le lexique est m\u00e9moris\u00e9 en comp\u00e9tence du fait de son caract\u00e8re manifestement empirique (il est apprenable), alors que la syntaxe est abstraite (et ne peut former une grammaire universelle dans cette th\u00e9orie naturaliste, vs Chomsky et la grammaire universelle).<\/p>\n<p>La th\u00e8se a donc \u00e9tudi\u00e9 la mani\u00e8re dont l\u2019infinitif, forme lemmatique et \u00ab\u00a0primitive\u00a0\u00bb dans la logique psychom\u00e9canique, h\u00e9berge des principes relationnels dynamiques pr\u00e9curseurs qui expliquent \u00e0 la fois sa polyvalence constructionnelle et s\u00e9mantique, et son articulation en syst\u00e8me avec des formes plus avanc\u00e9es de profilage de la relation pr\u00e9dicative, en particulier les auxiliaires modaux et les p\u00e9riphrases verbales. Son apport est le suivant\u00a0: pour l\u2019anglais, il faut renoncer \u00e0 une \u00ab\u00a0chronogen\u00e8se\u00a0\u00bb des modes et temps verbaux (quasiment disparus avec l\u2019effondrement flexionnel des modes, temps et accords personnels durant la p\u00e9riode normande) et la remplacer par une \u00ab\u00a0pr\u00e9dicatogen\u00e8se\u00a0\u00bb, un mod\u00e8le des niveaux de construction des connexions sujet-verbe \u00e0 partir de la forme primitive qui en figure le principe et ind\u00e9termine les param\u00e8tres, le relateur <em>to<\/em>. Ce mod\u00e8le est maximalement contraint par les donn\u00e9es empiriques, il accro\u00eet le r\u00f4le d\u2019une comp\u00e9tence syntaxique de langue pr\u00e9dictive en regard des agencements observ\u00e9s, il distingue l\u2019anglais d\u2019autres langues romanes ou germaniques en fonction de sa diachronie syst\u00e9mique propre, et il inaugure des propositions syntaxiques innovantes pour la psychom\u00e9canique.<\/p>\n<p><strong>De la th\u00e8se \u00e0 la cogn\u00e9matique<\/strong><\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux principes de cette th\u00e9orie, la mod\u00e9lisation des syst\u00e8mes s\u2019est appuy\u00e9e entre autres sur le rep\u00e9rage d\u2019analogies morphos\u00e9mantiques de niveau morph\u00e9mique et submorph\u00e9mique, et a conduit par \u00ab\u00a0s\u00e9rendipit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 la mise en \u00e9vidence d\u2019un vaste r\u00e9pertoire d\u2019\u00e9l\u00e9ments formateurs de niveau phon\u00e9mique et graph\u00e9mique (comme <em>s-t<\/em>, <em>i-a<\/em>, <em>wh-th<\/em>), munis d\u2019un invariant interpr\u00e9tatif proc\u00e9dural dans le contexte syllabique des gramm\u00e8mes o\u00f9 ils figurent (<em>th<\/em> comme op\u00e9rateur de convocation m\u00e9morielle dans tous les gramm\u00e8mes o\u00f9 il figure et s\u2019oppose \u00e0 <em>wh<\/em>\u2013 d\u2019invocation non m\u00e9morielle) souvent reli\u00e9es aux propri\u00e9t\u00e9s sensorimotrices des phon\u00e8mes correspondants. J\u2019ai nomm\u00e9 <em>cogn\u00e8mes<\/em> ces op\u00e9rateurs submorph\u00e9miques agglutin\u00e9s en syllabes formant les gramm\u00e8mes et montr\u00e9 comment leur invariant proc\u00e9dural, \u00e9mergeant de leur ex\u00e9cution articulatoire, entrait dans la composition du \u00ab\u00a0signifi\u00e9 de puissance\u00a0\u00bb, l\u2019invariant du morph\u00e8me grammatical en syst\u00e8me d\u2019oppositions et de repr\u00e9sentations de langue.<\/p>\n<p>Cette trouvaille impr\u00e9vue pendant la th\u00e8se a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e dans la suite\u00a0: d\u00e9veloppement de la cogn\u00e9matique en anglais, explicitation des approches ant\u00e9rieures qui rep\u00e9raient le ph\u00e9nom\u00e8ne de mani\u00e8re ponctuelle sans l\u2019\u00e9riger en syst\u00e8me ni th\u00e9orie (Bloomfield, Jespersen, Bolinger, Adamczewski, Danon-Boileau, Viel, Delmas, Cotte\u2026), exploration d\u2019autres langues (germaniques, celtiques, romanes\u00a0; basque, japonais, inuktitut, guarani), en particulier l\u2019espagnol\u00a0: les hispanistes guillaumiens fran\u00e7ais \u00e9taient eux-m\u00eames engag\u00e9s sur une voie convergente suite aux travaux de Toussaint sur l\u2019iconicit\u00e9 du signe linguistique et ceux de Molho sur \u00ab\u00a0l\u2019hypoth\u00e8se du formant\u00a0\u00bb et du groupe Mo.La.Che (Molho, Launay, Chevallier), fondateur de la linguistique (post-guillaumienne) du signifiant, radicalement s\u00e9masiologique (mais non incarn\u00e9e). La cogn\u00e9matique apportait une proposition radicale au questionnement dominant l\u2019hispanisme et la rencontre (\u00e0 partir de 2008 et sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de chercheurs) a initi\u00e9 un courant cons\u00e9quent de travaux conciliant les deux d\u00e9marches.<\/p>\n<p><strong>De la cogn\u00e9matique \u00e0 l\u2019\u00e9naction<\/strong><\/p>\n<p>La cogn\u00e9matique a entra\u00een\u00e9 une inversion de la mani\u00e8re dont je con\u00e7ois le langage humain. Je ne r\u00e9duis pas les formes langagi\u00e8res \u00e0 un appareil formel autonome, ni \u00e0 un syst\u00e8me repr\u00e9sentationnel avec des symboles qui encoderaient des figurations abstraites, ni \u00e0 un syst\u00e8me codique r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019encodage-d\u00e9codage d\u2019\u00e9v\u00e8nements mentaux s\u00e9par\u00e9s \u00e0 des fins de communication. En amont de tout cela, je vois dans le langage un processus-activit\u00e9 (<em>energeia<\/em>\u00a0: Aristote, Humboldt, Coseriu), une \u00e9thologie incarn\u00e9e proche \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine, qui consiste \u00e0 faire advenir dans l\u2019interaction intersubjective (vocale et gestuelle, \u00e9cologiquement situ\u00e9e, en prise avec la co-action dans l\u2019environnement mat\u00e9riel) des \u00e9tats mentaux subjectifs conscients d\u2019eux-m\u00eames (le sens linguistique en tant qu\u2019acte psychologique \u00e9prouv\u00e9 dans l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue)\u00a0: l\u2019id\u00e9e verbalis\u00e9e n\u2019est pas pr\u00e9donn\u00e9e ni encod\u00e9e par des formes symboliques, elle est \u00e9labor\u00e9e et transfigur\u00e9e par des actes signifiants qui s\u2019appuient sur des morph\u00e8mes-actes incarn\u00e9s et interactifs, dont les cogn\u00e8mes seraient la manifestation la plus basse et en prise avec les profils articulatoires (kin\u00e9matiques) des segments phonologiques engag\u00e9s dans la syllabation. Je vois dans la parole humaine une <em>technique incarn\u00e9e de conceptualisation interactive<\/em>, co-op\u00e9rative et sp\u00e9culative\u00a0: une <em>discipline vocale<\/em> qui permet de (se) faire \u00ab\u00a0penser\u00a0\u00bb, de faire advenir mutuellement (communication) ou r\u00e9flexivement (parole int\u00e9rieure) des \u00e9tats mentaux auto-d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019auto- et\/ou allo-stimulation vocale somatis\u00e9e (exophasie) ou simul\u00e9e (endophasie)\u00a0; la parole donne \u00e0 l\u2019humain la libert\u00e9 de se faire produire et pr\u00e9senter (\u00ab\u00a0\u00e9nacter\u00a0\u00bb) la conscience de toute cible d\u2019int\u00e9r\u00eat attentionnel ind\u00e9pendamment des circonstances ambiantes et d\u2019affranchir l\u2019esprit du diktat du signal environnemental, compl\u00e9t\u00e9 par le signal vocal que l\u2019on y introduit et qui s\u2019en distingue. Cette d\u00e9finition m\u2019a amen\u00e9 au c\u0153ur du paradigme de l\u2019\u00e9naction d\u00e9velopp\u00e9 dans les ann\u00e9es quatre-vingt par les neurobiologistes chiliens Varela et Maturana dans le sillage de la ph\u00e9nom\u00e9nologie du corps et de l\u2019esprit de Merleau-Ponty et de la cybern\u00e9tique, avec les notions d\u2019inscription corporelle de la cognition (\u00ab\u00a0l\u2019\u00e9naction\u00a0\u00bb, de l\u2019anglais <em>to enact<\/em> \u00ab\u00a0produire sur la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale\u00a0\u00bb, lui-m\u00eame du fran\u00e7ais <em>en acte<\/em>), d\u2019\u00e9mergence du fait cognitif de la connaissance et de l\u2019autonomie dans l\u2019action \u00e0 partir de processus incarn\u00e9s boucl\u00e9s, avec effets d\u2019apprentissage et de pr\u00e9dictions du fait de r\u00e9troactions constituantes d\u2019auto-organisation et d\u2019identit\u00e9 en devenir (\u00ab\u00a0l\u2019autopo\u00ef\u00e8se\u00a0\u00bb)\u00a0; avec \u00e9galement une interrogation sur la \u00ab\u00a0distribution des autopo\u00ef\u00e8ses\u00a0\u00bb entre les niveaux collectifs (l\u2019esp\u00e8ce humaine parlante, les groupes humains f\u00e9d\u00e9r\u00e9s par des langues sp\u00e9cifiques, leurs co-\u00e9volutions avec l\u2019environnement qu\u2019ils \u00e9nactent (la \u00ab\u00a0per\u00e7action\u00a0\u00bb) \u00e0 travers leur mani\u00e8re d\u2019en parler et modifient en fonction des collaborations que les interactions verbales vectorisent) et individuels en leurs diverses extensions spatio-temporelles (la comp\u00e9tence et performance subjective, l\u2019apprentissage, l\u2019improvisation et la contribution participative, l\u2019autonomie, la cr\u00e9ativit\u00e9 individuelle, l\u2019exp\u00e9rience simplexe du rapport au complexe, cf. Berthoz), les deux niveaux \u00e9tant li\u00e9es par le concept tr\u00e8s en vogue \u00ab\u00a0d\u2019interactivit\u00e9\u00a0\u00bb. Je m\u2019int\u00e9resse donc au <em>languaging<\/em> humain (terme de Maturana) en tant que manifestation sp\u00e9ciale du <em>languaging<\/em> vivant (animal et v\u00e9g\u00e9tal), \u00e0 savoir les modes de coordination bio-\u00e9thologiques qui permettent aux individus d\u2019une esp\u00e8ce de faire advenir et progresser ensemble leur Umwelt dans sa dimension mat\u00e9rielle co-\u00e9volution esp\u00e8ce-environnement) et immat\u00e9rielle (mani\u00e8re dont une esp\u00e8ce donn\u00e9e s\u2019\u00e9nacte un monde propre qui ne se confond ni avec le monde physique \u00ab\u00a0en soi\u00a0\u00bb, intrins\u00e8quement inaccessible, ni avec les signaux qui y circulent, \u00ab\u00a0informationnels\u00a0\u00bb ou non)\u00a0; avec, dans le cas du languaging humain, la question de la conscience intentionnelle r\u00e9flexive du travail de l\u2019umwelt par la parole et son acc\u00e9l\u00e9ration par le discours qui anime l\u2019histoire, la culture, les civilisations, l\u2019hominisation continue. En tant que grammairien et linguiste, je me concentre sur les langues naturelles, que je d\u00e9finis comme des disciplines et techniques \u00e9thologiques de conceptualisation, avec leurs degr\u00e9s de divergence et de convergence (plut\u00f4t que d\u2019universalit\u00e9, concept pr\u00e9matur\u00e9 encore insaisissable de mon point de vue) \u00e0 la fois au plan formel (classes de marqueurs, constructions, prosodies\u00a0\u2026) et s\u00e9mantique (typologie des actes de repr\u00e9sentations qu\u2019elles font advenir\u00a0: exemple des formats de coordination intersubjective, plus sp\u00e9cifi\u00e9s en breton et en basque qu\u2019en fran\u00e7ais). Ce questionnement suppose de revisiter les signifiants et les constructions (au sens des grammaires de constructions) en tant que mod\u00e8les de (co)-action phonatoires g\u00e9n\u00e9ratrices de \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb v\u00e9cu (\u00e9nact\u00e9) \u00e0 l\u2019occasion d\u2019ex\u00e9cutions en situation d\u2019engagement et de confrontation intra- et extra-subjective, dans le contexte de connaissances, r\u00e9f\u00e9rences, contraintes routini\u00e8res, normatives et culturelles. Je travaille donc sur les morpho-s\u00e9mantiques grammaticales et lexicales, les constructions dans une perspective chronosyntaxique (Macchi, Auer\u00a0: <em>online syntax<\/em>), la n\u00e9ologie, les phras\u00e9ologies, les protocoles formels qui permettent de \u00ab\u00a0faire sens\u00a0\u00bb dans leur ex\u00e9cution incarn\u00e9e et interactive (ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 parler de mots-actes en tant qu\u2019\u00e9pisodes microg\u00e9n\u00e9tiques, etc.), et ce en int\u00e9grant les th\u00e9ories dont les apports alimentent cette probl\u00e9matiques (\u00e9nonciation, cognition, th\u00e9orie des syst\u00e8mes sociaux, dialogisme, th\u00e9orie de la relation interlocutive, microgen\u00e8se). Les langues et faits de langues \u00e9tudi\u00e9s jusqu\u2019ici sont diversifi\u00e9s et figurent dans ma liste de travaux publi\u00e9s. Ceci suppose \u00e9galement des excursions transdisciplinaires vers des domaines d\u2019application (exp\u00e9rience pratique, didactique, technique et artistique des langues vocales et sign\u00e9es) et des disciplines manifestement convoqu\u00e9es par l\u2019approche \u00e9nactive, en particulier sur la question des mondes animaux et humains, o\u00f9 de l\u2019autopo\u00ef\u00e8se des Umwelts interactifs (o\u00f9 se joue <em>une<\/em> distinction esp\u00e8ce \/ environnement au sein m\u00eame de chaque esp\u00e8ce).<\/p>\n<p><strong>Les d\u00e9fis de l\u2019\u00e9naction en linguistique<\/strong><\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, les linguistiques \u00e9nactives sont confront\u00e9es \u00e0 un d\u00e9fi complexe\u00a0: sachant que toute th\u00e9orie linguistique (de l\u2019\u00e9nonciation et la cognition aux g\u00e9n\u00e9rativismes et grammaires formelles) sont des constructions abstraites de second ordre, plus ou moins centrifuges par rapport au domaine ph\u00e9nom\u00e9nal empirique de premier ordre o\u00f9 se jouent les interactions verbales situ\u00e9es et o\u00f9 se constitue l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9naction langagi\u00e8re, comment constituer une \u00ab\u00a0linguistique \u00e9nactive\u00a0\u00bb, d\u00e9marche de second ordre qui int\u00e8gre de mani\u00e8re robuste ce questionnement param\u00e9tr\u00e9 par le premier\u00a0? Et comment expliciter l\u2019articulation avec les autres approches, qui d\u00e9gagent des propri\u00e9t\u00e9s langagi\u00e8res en fonction de leur d\u00e9marche s\u00e9lective, transductive et mod\u00e9lisatrice\u00a0? En particulier, comment les formalismes d\u00e9gagent-ils des propri\u00e9t\u00e9s syst\u00e9miques d\u00e9tach\u00e9es des dynamiques de l\u2019interactivit\u00e9 et de l\u2019incarnation\u00a0? L\u2019\u00e9naction a un double visage (issu des sensibilit\u00e9s divergentes de Maturana et de Varela, la cybern\u00e9tique et la ph\u00e9nom\u00e9nologie)\u00a0: par l\u2019incarnation et l\u2019interactivit\u00e9, elle s\u2019ancre dans le physicalisme biologique et neuronal\u00a0; par l\u2019autopo\u00ef\u00e8se et la syst\u00e9mique, elle implique l\u2019auto-organisation et la capacit\u00e9 de la dynamique langagi\u00e8re \u00e0 se d\u00e9gager et partiellement s\u2019affranchir des conditions mat\u00e9rielles de sa propre \u00e9mergence. L\u2019\u00e9nactivisme tel que je le propose en sciences du langage ne se pose en aucun cas en alternative conflictuelle en regard des autres approches\u00a0; au contraire, il interroge les conditions de constitution des facettes compl\u00e9mentaires pr\u00e9sent\u00e9es par les d\u00e9marches en confrontation, et ce en \u00e9vitant un \u0153cum\u00e9nisme d\u00e9magogique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se\u00a0: Aspect, actance et modalit\u00e9: syst\u00e9matique de l\u2019infinitif anglais Universit\u00e9 Paris IV (Sorbonne), P. 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