La prochaine demi-journée du séminaire de l’axe transversal Subjectivité aura lieu le : Mercredi 6 mai 2026, 9h-12h, salle D8.006
Bianca Botea est professeure d’anthropologie à l’Université Lyon 2, chercheuse du Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains. Elle mène des travaux de recherche en Roumanie et en France sur la reformulation des attachements des individus dans leur rapport à l’espace et à la mémoire dans des contextes vécus comme des situations d’épreuve, comme des événements biographiques marquants. Ces aspects sont travaillés à partir de deux terrains et contextes de recherche : les pratiques spirituelles et les quêtes de bien-être entrainées par ces situations d’épreuve ; le contexte de démolitions et de restructurations massives des espaces urbains et la réorganisation du rapport à l’habiter.
Présence immersive et tensions épistémologiques dans une recherche collaborative auprès de spirites de la région lyonnaise
Cette présentation abordera les tensions épistémologiques qui surviennent dans le travail de recherche durant l’étape d’immersion sur le terrain et d’analyses, dans une enquête anthropologique en milieu lyonnais spirite.
Dans cette communication je montrerai que la pratique de recherche s’apparente à l’exercice fragile d’un équilibriste sur un fil, afin de tenir jusqu’au bout le pari de « prendre au sérieux » nos interlocuteurs de terrain, tout en gardant la spécificité de la démarche scientifique et une vigilance envers des formes de naturalisme scientifique qui peuvent nous rattraper. Je mettrai en lumière les positions diverses et fluctuantes que j’ai dû adopter par rapport au milieu étudié, en fonction des situations et des modes d’engagement avec le terrain, ainsi que des tâches spécifiques de mon travail de recherche. Cette diversité et cette complexité de l’expérience immersive invitent à repenser nos positionnements de recherche au-delà de la dichotomie réductrice proximité/distance critique, plus précisément à questionner la pertinence de la séparation temporelle : proximité immersive (du vécu) versus écriture distanciée (de l’analyse).