Épitrope

Littré définit l’épitrope comme une « figure de rhétorique, qui consiste à accorder quelque chose qu’on pourrait contester, afin de donner plus d’autorité à ce qu’on veut persuader » (Littré, Épitrope), V. Concession.

Dans les conditions ordinaires, on réfute tout ce que l’on peut, et on concède le reste. Il s’ensuit que si l’on concède P, c’est que l’on n’est pas capable de réfuter P. Si le locuteur concède une proposition contestable, on conclut qu’il argumente mal. S’il concède P qu’il pourrait de toute évidence rejeter, son discours prend une forme ironique, V. Ironie :

P est assez clairement faux
L : — P, d’accord, mais / pourtant Q

À propos d’un écrivain dont on vient de discuter des qualités de style de manière plutôt négative :

Je veux bien qu’il soit un bon styliste, mais il n’a aucun sens de l’intrigue.

L’épitrope peut également résulter de l’amplification absurdifiante apportée à la position concédée, V. Maximisation :

J’ai certainement des visions, mais j’ai aussi des preuves.