Karine Bécu-Robinault,
Patricia Lambert,
Justine Lascar
Responsables :
Membres
Heike Baldauf
Karine Bécu Robinault
Mareike Boldt
Claude Cortier
Séverine Derolez
Carole Etienne
Anthony Gadoum Moiteiro Cameira
Jean-François Grassin
Moa Hagafors
Patricia Lambert
Justine Lascar
Kris Lund
Véronique Rivière
Nathalie Rossi-Gensane
Lucien Tisserand
Julien Thiburce
Véronique Traverso
Invité.es hors ICAR
Kevin Petit Cahill
Ingrid de Saint-Georges
Luca Pallanti
Anna Claudia Ticca
Axe transversal “Langage, Travail, Apprentissage”
Présentation
L’axe transversal Langage, Travail, Apprentissage (LTA) rassemble des membres d’ICAR qui explorent le rôle du langage dans les situations de travail, les dispositifs de formation et les processus d’apprentissage. Il articule une diversité de terrains professionnels et formatifs, des approches issues des sciences du langage, des didactiques et des sciences sociales, ainsi que des questionnements transversaux sur les pratiques langagières et les transformations contemporaines du travail et de la formation.
Créé en 2021 dans la continuité du réseau Langage et travail (1986–2007), l’axe LTA vise à structurer un espace de réflexion commun autour des usages du langage en contexte professionnel et formatif, et à favoriser les échanges entre les équipes du laboratoire.
Enjeux scientifiques
Nous partons du postulat que le langage est un médium structurant de l’activité, de la transmission, de l’apprentissage et de la reconnaissance dans le travail. Nos travaux s’attachent aux pratiques langagières, aux formes de régulation, aux asymétries savoirs et de pouvoir, ainsi qu’aux normativités qui traversent les discours, les interactions et les textes professionnels.
A travers le prisme du langage, notre axe s’intéresse aussi aux transformations contemporaines des organisations et des temporalités du travail (intensification, fragmentation, injonctions à la réactivité), et à la manière dont ces évolutions reconfigurent les conditions d’apprentissage, les circulations langagières et les formes d’engagement professionnel.
Parmi les questions transversales explorées :
- Comment les savoirs professionnels sont-ils transmis, négociés, mis à l’épreuve dans l’interaction ?
- Quelles formes de participation, de tutelle ou de coopération apparaissent dans les échanges entre novices et expérimenté·es ?
- Quel rôle jouent les supports écrits, visuels ou numériques dans les activités de travail et de formation ?
- Comment certaines séquences critiques – comme les « coups de feu », les pannes, les urgences – rendent-elles visibles des tensions structurelles et des reconfigurations du travail contemporain ?
- Quelles formes d’écriture scientifique permettent de rendre compte de ces dynamiques, et dans quelles conditions ces formes peuvent-elles élargir la diffusion des savoirs produits ?
Les travaux de l’axe mobilisent des cadres théoriques et méthodologiques pluriels, issus des sciences du langage, des didactiques et des sciences sociales. Ils s’inscrivent dans des démarches empiriques ancrées dans l’analyse de pratiques, la co-construction des savoirs et la réflexivité sur les cadres d’analyse eux-mêmes.
Parmi les approches mobilisées :
- l’analyse interactionnelle multimodale (gestes, regards, artefacts)
- l’analyse de discours en contexte professionnel ou formatif ;
- l’ethnographie de terrain (observations, récits, documents) ;
- l’analyse de l’activité, cognition située ;
- l’étude des écrits au travail et dans la formation ;
- les approches didactiques centrées sur les savoirs disciplinaires, les épistémologies scolaires ou professionnelles, et la circulation des connaissances ;
- les dispositifs de recherche collaborative, de conception outillée ou d’ingénierie coopérative entre chercheurs et acteurs de terrain.
L’axe accorde une attention particulière à la circulation différenciée des ressources langagières, aux enjeux de reconnaissance ou de disqualification, ainsi qu’aux formes d’écriture, de restitution et de transposition des données issues d’enquêtes de terrain.
L’axe LTA fonctionne selon une dynamique collective, au rythme de :
- séminaires thématiques
- ateliers méthodologiques et analytiques, à partir de matériaux empiriques proposés par les membres
- journées d’étude ou participations à des événements du réseau FORPRO
- une bibliographie partagée (Zotero) recensant les publications du domaine
Les échanges peuvent donner lieu à des publications collectives, à des expérimentations de formats alternatifs (posters, podcasts, billets), ou à la mise en commun de données dans le cadre de projets transversaux d’ICAR.
Exemples de terrains explorés
Les membres de l’axe travaillent sur une diversité de contextes professionnels ou formatifs, parmi lesquels :
- l’enseignement professionnel (lycées, CFA, ateliers, stages),
- les milieux du soin et de la santé (blocs opératoires, soins à domicile),
- les métiers du bâtiment, de l’artisanat ou du commerce,
- la formation (linguistique) des adultes, des enseignants ou des soignant·es,
- les réunions de travail, les situations de coordination, les interfaces homme–machine,
- les dispositifs collaboratifs interprofessionnels.
L’axe LTA est ouvert à toutes les personnes membres d’ICAR intéressées par les liens entre langage, travail et apprentissage, quel que soit leur rattachement d’équipe.
Il est possible de rejoindre ponctuellement un atelier ou de proposer une séance à partir de son terrain ou de ses données.
Liste des séminaires organisés au sein de l'axe.
Mars 2025
Kevin Petit, MCF à l’UCA
Analyser la professionnalisation des formations universitaires en langues au travers d’archives
Dans cet atelier, je souhaite dans un premier temps présenter une recherche en cours sur les conditions sociales et les débats qui ont permis de repenser l’enseignement universitaire des langues en France à la fin des années 1960. Dans un second temps, je souhaite ouvrir une discussion sur l’analyse d’un type particulier de données: des verbatims de réunions issues des archives du Ministère de l’Éducation.
La socio-histoire de l’enseignement universitaire des langues que j’entame prolonge les recherches sociolinguistiques critiques qui ont montré comment les mutations socio-économiques et politiques des cinquante dernières années ont radicalement changé la place du langage dans la société (Boutet 2008, Heller & Duchêne 2012). Elle s’appuie aussi sur la littérature sociologique analysant la professionnalisation de l’université (Tanguy 2002) et les luttes au sein du champ de l’anglais (Gaubert et Pouly 2012) à la fin des années 1960. Je présenterai les discussions et décisions au sein du Ministère de l’Éducation concernant l’enseignement des langues à l’université, en comparant le projet de création du DEUG LEA avec le projet avorté de transformation de l’INALCO en Université internationale des langues et de la communication. Je montrerai que ces transformations sont à mettre en lien avec les enjeux de la mondialisation post-coloniale d’après-guerre qui ont mené à la « modernisation » de l’Université dans le cadre du projet de « Nouvelle société » du Premier ministre Chaban-Delmas. Cette modernisation donna lieu à des discours sur les besoins en « techniques » (et techniciens) dans tous les secteurs, et donc sur la nécessaire application des savoirs en dehors de l’Université.
Dans la deuxième partie de cet atelier, je présenterai aux participant.es des comptes rendus de réunions qui sont au cœur de ma recherche, alors que ce type de données est le plus souvent annexe en sociolinguistique. L’objectif sera de rentrer au cœur du travail d’analyse de ces archives afin de discuter des enjeux, des possibilités offertes, et des limites de l’analyse de ce type de donnée.
Novembre 2024
Lucien Tisserand
À partir de terrain des simulations cliniques pleine échelle (un mannequin robotisé remplace le patient pour que des professionnels de santé simulent leur travail), cet atelier sera l’occasion de présenter et discuter les méthodes développées afin d’inclure dans la recherche le fait que des membres sur le terrain analysent déjà des interactions à leur façon (en observant/commentant puis débriefant les interactions simulées).
Mai 2024
Luca Pallanti MCF Lyon 2, laboratoire ECP
« Les démons de l’écrit : étude du rapport à l’écriture des étudiants dans les filières technologiques de l’ÉNEPS »
L’atelier portera sur les résultats d’une enquête menée en 2017-2018 auprès des étudiants de l’École Nationale de l’Enseignement Professionnel Supérieur (ÉNEPS), qui coïncide avec une première année aménagée à l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Grenoble. Issus de bacs professionnels, ces étudiants éprouvaient d’importantes difficultés à l’écrit, y compris en situation de travail (Pallanti, 2019). Pour identifier avec précision la nature de ces difficultés et proposer des leviers pédagogiques adaptés, nous avons réalisé 30 entretiens qui ont fait l’objet d’un étiquetage thématique en fonction de champs isotopiques préétablis (Barré-De Miniac, 2015). Dans la perspective méthodologique de l’analyse de contenu, nous avons mis au point une analyse quantitative fondée sur des échelles de Likert affinées par un système de pondération des segments discursifs retenus (Bardin, 2018). Des études de cas ont permis ensuite de nuancer l’interprétation des résultats quantitatifs. L’atelier permettra, entre autres, de relever les craintes et les désirs des étudiants en matière d’écriture et de stimuler un débat sur la place des compétences rédactionnelles en situation de travail (Pallanti, 2021).
Février 2024
Karine Bécu-Robinault, Séverine Derolez
« Une mise en abîme de la créativité au sein du projet collaboratif Résolution de problèmes en physique »
La résolution de problèmes est souvent envisagée comme une modalité pédagogique favorisant la créativité des élèves. Dans le cadre d’une recherche collaborative associant des enseignants de sciences physique du secondaire et des chercheurs, nous avons souhaité mettre en évidence le potentiel de créativité de principes de conception de résolution de problème. Cela nous a conduit à étudier la manière dont 8 enseignants s’emparaient individuellement de ces critères pour créer de nouvelles activités. Notre présentation s’intéresse donc à la créativité des enseignants concevant des activités suscitant la créativité des élèves. A travers quelques exemples, nous discuterons à la fois un réel potentiel du cadre de conception, mais aussi de notables adaptations de ce cadre par les enseignants.
Janvier 2024
Laurent Veillard. « Transformations contemporaines de la formation professionnelle»
Décembre 2023
Veronique Rivière
Atelier sur les données de son projet ECAEST https://aslan.universite-lyon.fr/projet-ecaest-203708.kjsp
Octobre 2023
Carole Etienne – Réflexions sur la création de ressources pour l’enseignement-apprentissage à partir du projet Interfare
Après avoir présenté les objectifs du projet Interfare, Interagir plus facilement en réunion de travail, l’atelier mettra l’accent sur les ressources qui ont été conçues et réalisées à partir de réunions de travail écologiques. En complément de 250 extraits audio/vidéo, de leur transcription et d’explications, le projet propose 90 activités multimédias pour apprendre à écouter et à voir comment se déroule réellement une réunion de travail en contexte, en mettant l’accent sur la variété des pratiques et l’implicite. Dans le cadre de l’axe LTA, nous aimerions partager nos réflexions sur la conception et la mise à disposition de cette plateforme dans différents contextes d’enseignement, et plus généralement, s’interroger sur les limites de la transposition de nos résultats de recherche afin de répondre aux besoins des enseignants. http://icar.cnrs.fr/interfare/
Juin 2023
Victor Corona, Patricia Lambert , Justine Lascar, Anna Claudia Ticca – Retour de mission du projet Labør
L’équipe fait un retour sur le projet, le travail collaboratif, le corpus et les premières pistes d’analyse.
Avril 2023
Véronique Traverso – La transmission des gestes techniques de l’artisanat textile
(données Nina association aux femmes réfugiées syriennes au Liban).
Cette présentation concerne une recherche en cours (Remilas Liban) portant sur les interactions dans une association d’aide aux femmes précaires et réfugiées au Liban.
Dans cette séance de l’atelier, je présenterai le terrain et le corpus collecté, puis je me concentrerai sur des séances de formations aux artisanats textiles. Je souhaite focaliser la discussion sur des séquences d’explication / transmission de gestes artisanaux (comme par exemple « utiliser le pinceau pour colorer à la main un motif sur une étoffe ») et les modalités verbales, gestuelles et corporelles mises en oeuvre.
Février 2023
Louis Maritaud, Anna Claudia Ticca et Lucien Tisserand
L’objectif de cet atelier est de préparer la proposition d’une collaboration du groupe Santé du laboratoire ICAR avec le laboratoire RESHAPE (https://www.reshapelab.fr/fr) pour des travaux menés à la fois dans le domaine de l’interaction et dans leurs propres thématiques de travail en santé (facteurs humains, organisationnels et d’interaction avec le patient). Une réunion de présentation des méthodes interactionnistes est prévue en avril avec ce laboratoire.
Lors de cet atelier, nous proposons de discuter de “grands principes” de l’analyse conversationnelle (co-construction, séquentialité, reconnaissance partagée d’une activité, accountability), et de les lier de façon systématique à des exemples provenant de projets portant sur des données santé (thèses de Lucien Tisserand et de Louis Maritaud, projets de Anna-Claudia Ticca). L’idée générale est de montrer en quoi la démarche de l’analyse conversationnelle peut être utile dans une perspective professionnelle, notamment dans un aspect de formation. Nous souhaitons par la suite pointer des intérêts et retombées de la démarche conversationnaliste pour le travail de soin, ainsi que quelques exemples de recherche-action.
Nous proposons que cet atelier soit l’occasion de préparer cette entrevue avec le laboratoire RESHAPE, travailler ensemble et discuter notre approche, pour l’enrichir au mieux des différents points de vues représentés au sein de l’axe transversal Langage,Travail, Apprentissage.
Mai 2022
Patricia Lambert et Veronique Traverso “Du réseau Langage et Travail à l’axe Langage, Travail, Apprentissage : repères et discussion”
Avril 2022
Louis Maritaud « La relève infirmière en psychiatrie, modalités de transmission et apprentissage actif »
Le projet CIPSY (la compétence d’interaction de l’infirmier en psychiatrie) vise à étudier les relèves entre postes des infirmiers et personnels médicaux dans un hôpital psychiatrique de la région lyonnaise. Pour ce faire, des réunions de transmission d’informations ont été enregistrées et des observations de soignants constituant les transmissions écrites ont été exportées depuis leur logiciel de travail.
Dans le cadre de cette communication, nous proposons d’aborder la question des modalités de transmission d’informations sous le prisme de la dualité écrit/oral. Nous proposons donc de présenter les relèves en général, puis de s’attarder sur quelques points clés qui constituent le rapport entre langage et travail dans ces formats de production particuliers.
Voici deux articles sur le projet Cipsy qui viendront compléter la présentation de Louis (le pdf est telechargeable)
- Louis Maritaud, Sandra Teston-Bonnard. (2022). « Mutualisation des informations en réunion de relève infirmière : structures préférentielles, structures dédiées », in I. Colón de Carvajal et al., Numéro spécial Langages et Soins, SHS Web of Conferences
– https://www.shs-conferences.org/articles/shsconf/abs/2022/03/shsconf_varia2020_04002/shsconf_varia2020_04002.html
– Lien direct vers le pdf : https://www.shs-conferences.org/articles/shsconf/pdf/2022/03/shsconf_varia2020_04002.pdf - Isabel Colón De Carvajal, Louis Maritaud, Benoit Chalancon et Justine Lascar. (2020). « De la transmission d’informations cliniques au partage de savoir lors de relèves infirmières », Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage la revue (TIPA), vol. 36.
https://journals.openedition.org/tipa/4032#tocto1n4
Lien direct vers le pdf https://journals.openedition.org/tipa/pdf/4032
Mars 2022
Nathalie Rossi Gensane
« Les productions écrites d’élèves de l’enseignement professionnel : une comparaison entre lycéens et apprentis »
Cette étude porte sur la dimension subjective de l’orientation vers l’enseignement professionnel. Une conception négative de l’orientation associe souvent de grandes difficultés scolaires et de moindres capacités cognitives aux élèves suivant un cursus professionnel.
Nous nous appuyons sur une épreuve de langage écrit (test de « closure »), qui permet d’évaluer, chez 464 apprentis et 184 lycéens professionnels, les capacités de compréhension et de production élémentaires. Nous montrons que les performances verbales ne sont pas particulièrement problématiques, même si certaines erreurs, peu répandues et scolairement stigmatisantes, sont quasi exclusivement le fait d’apprentis.

