« Le trait [labial] et la motivation en arabe et en français » (Georges Bohas, in « Le français moderne », n°2, 2019)

L’objectif de cet article est de montrer que deux langues aussi différentes que le français et l’arabe font usage du même trait phonétique pour le même sens. On établit d’abord que, dans les deux langues, les termes désignant le nez, ses parties, ses maladies et leur traitement incluent le trait [±nasal]. On expose ensuite la théorie des matrices et des étymons au sein de laquelle s’effectue la démonstration.

On produit alors un nombre significatif de données qui font apparaître que dans les deux langues les termes tournant autour des lèvres manifestent la présence du trait [labial]. On résout quelques objections concernant particulièrement la motivation des termes abstraits et on cite des données qui suggèrent qu’il en va de même dans un grand nombre de langues fort diverses.

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Observer la multimodalité en situations éducatives : circulations entre recherche et formation (Véronique Rivière, Nathalie Blanc (dir.), ENS Éditions, 2019)

Si l’étude, déjà ancienne et dans différents champs scientifiques, des composantes multimodales de la communication fournit aujourd’hui des cadres pertinents pour l’analyse de la production des significations sociales, de l’organisation de l’interaction et du partage des connaissances, cet ouvrage propose de les traiter dans leur rapport à la formation des professionnels en éducation.

À partir d’études empiriques menées dans différents contextes éducatifs (milieu médico-éducatif, enseignement primaire et secondaire, formation professionnelle initiale et continue), et en s’appuyant sur la sémiotique sociale de G. Kress, il interroge les conditions méthodologiques dans lesquelles les pratiques éducatives mobilisant diverses ressources sémiotiques, comme le corps, l’espace, les objets et le langage, peuvent être observées et interprétées. Il questionne également la manière dont ces conditions d’observation et d’interprétation peuvent être réinvesties dans la formation aux métiers de l’éducation et appelle à une reconnaissance des pratiques multimodales dans la construction, la médiation ou l’appropriation des savoirs.

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La communication à l’épreuve du geste numérique (Pierluigi Basso Fossali, Marion Colas-Blaise, Maria Giulia Dondero (dir.), « Médiation et Information » n°47, 2019)

Ce numéro de M.E.I vise à rendre compte de la manière dont les technologies numériques ont transformé nos gestualités quotidiennes. Cette enquête s’inscrit dans la perspective de la théorie de l’énonciation, mais aussi des problématiques reconnues par l’analyse du discours, qui sont au cœur des Sciences de la Communication et de l’Information.

Les auteurs impliqués dans ce numéro se sont ainsi consacrés à relever un double défi : analyser l’ultra-contemporain de manière critique et réinterroger à nouveau frais les dimensions sensible, ergonomique et éthique des pratiques instrumentées.

 

En savoir plus : numéro partiellement disponible en libre accès sur le site Web de la revue

« Some theoretical and methodological challenges of transcribing touch in talk-in-interaction » (Luca Greco, Renata Galatolo, Anne Sylvie Horlacher, Vanessa Piccoli, Anna Claudia Ticca, Biagio Ursi, in « Social Interaction. Video-Based Studies of Human Sociality », vol. 2, n° 1, 2019)

In this paper, we deal with theoretical and analytical issues raised by the transcription of touching practices. We will focus on both transcription resources and on how these resources are suitable for representing relevant analytical issues in studying touch. In particular, we are faced with methodological and epistemological issues at work with the visual and iconic dimensions of transcription systems and their relation with sensorial modality – touch – that can be, according to the context, purely visual (touch for showing and mapping), tactile (touch for testing and diagnosing), and tactile and visual (touch for orienting and guiding).

 

À noter : Lorenza Mondada est l’auteure de l’article « Transcribing silent actions: a multimodal approach of sequence organization » dans le même numéro.

En savoir plus : numéro intégralement disponible en libre accès à l’adresse suivante

 

 

Analyse des interactions en classe de physique. Le geste, la parole et l’écrit (Karine Bécu-Robinault, L’Harmattan, 2019)

 

Cet ouvrage offre une contribution originale dans le champ de la didactique de la physique. Des ancrages théoriques, relatifs à l’épistémologie et la sémiotique, ont été articulés pour constituer le cadre épistémosémiotique, mobilisé ensuite pour la conception et l’analyse de séances d’enseignement. Les hypothèses sous-jacentes à ce cadre reposent sur l’élaboration des savoirs en physique et leurs modes de communication.

 

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L’appropriation. L’interprétation de l’altérité et l’inscription de soi (Pierluigi Basso Fossali, Odile Le Guern (dir.), Lambert-Lucas, 2018)

Contributeurs : Juan Alonso Aldama, Bruno Bachimont, Sémir Badir, Pierluigi Basso Fossali, Denis Bertrand, Anne Beyaert-Geslin, Julia Bonaccorsi, Jean-François Bordron, Marion Colas-Blaise, Michela Deni, Jacques Fontanille, Nada Issa, Odile Le Guern, Audrey Moutat, François Provenzano, Pierre Sadoulet, Nathalie Simon Péron, Julien Thiburce

Premier volume de sémiotique consacré à la notion d’appropriation, ce recueil d’articles relève d’un projet unitaire visant à explorer les tensions entre les parcours d’appropriation des patrimoines linguistiques et textuels, les marques d’appropriation qu’on projette sur l’environnement culturel et la recherche de se rendre « propre » à ce dernier afin de respecter l’identité des objets et les témoignages des sujets. Ainsi, l’appropriation peut nous révéler les contradictions entre introjection de l’héritage culturel et sa mise à distance critique, entre les risques d’abuser et les soucis de respecter l’altérité. De telles contradictions reçoivent à la fois des solutions imparfaites selon les époques et les cultures (des incorporations ou des thésaurisations) et des formats temporels spécifiques visant à décaler ou à accélérer l’assimilation (du caractère progressif de la familiarisation à l’irruption ponctuelle de l’expropriation). L’appropriation trouve un ancrage spécifique dans les sciences du langage : du parcours d’interprétation jusqu’à la traduction, de l’apprentissage des langues à la créativité discursive, des formes polyphoniques de l’énonciation au plagiat.

Ouvrage publié avec le concours du laboratoire ICAR / LABEX ASLAN Université de Lyon

Les émoticônes et les interjections dans le tchat

Pierre Halté, Lambert-Lucas, 2018

L’apparition du tchat dans les années 1970 a rendu possible la communication écrite synchrone, non présentielle, avec un ou plusieurs interlocuteurs. Véritable « face à face à l’écrit », le tchat voit naître de nouvelles formes d’interjections (« lol », « mdr », « ptdr », « omg »…) et les émoticônes, pictogrammes qui ressemblent le plus souvent à des mimiques faciales et qui indiquent les émotions du locuteur. Ces émoticônes et ces interjections jouent, à l’écrit, le même rôle que la communication non verbale (gestes, mimiques, intonations, bruits vocaux) dans les interactions orales : elles portent un certain nombre d’instructions sémantiques et pragmatiques d’ordre indexical (ou modal), qui, combinées à la signification d’ordre symbolique, vériconditionnelle (ou dictale) des énoncés verbaux, construisent le sens des énoncés.
L’ouvrage analyse ces signes en termes sémiotiques, sémantiques et pragmatiques.
Il décrit la sémiotique des interjections et des émoticônes, emojis et autres pictogrammes dans un corpus de tchat. Il propose ensuite une typologie fonctionnelle, d’ordre sémantique et pragmatique, des émoticônes et des interjections, et de leurs fonctions en interaction, montrant que les émoticônes, signes non verbaux, sont très proches des interjections, signes verbaux.

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Quand les formes prennent sens. Grammaire, prépositions, constructions, système

Céline Vaguer (coord.), Lambert-Lucas, 2018

Cet ouvrage rend hommage à Danielle Leeman, pro­fesseur de linguistique française qui a consacré son enseignement et ses recherches aux formes langagières et à l’étude distributionnelle et syntaxique de leur fonc­tionnement, débouchant sur des hypothèses interpré­tatives de type morphologique, lexical, sémantique et pragmatique. Le titre de ce recueil fait écho à quelques-unes de ses passions. Sans jamais renier ses références théoriques et méthodologiques (Saussure, Harris, Dubois, Gross), elle a été à l’écoute d’autres approches (Guillaume, Culioli, Anscombre…) pouvant la guider dans l’analyse et l’organisation des formes étudiées. Son objectif et son désir reposaient, avant tout, sur la compréhension des énoncés plutôt que sur la défense d’une théorie ou d’une école.

Cette vision de la recher­che, tout comme sa conviction scientifique, son en­thou­siasme et sa générosité pédagogique, son engagement dans l’Université et la fonction publique ont fait de Danielle Leeman une femme enseignant-chercheur connue et reconnue tant en France qu’à l’étranger par nombre d’étudiants, de collègues et d’amis. L’ensemble des contributions ici rassemblées – dont une biblio­graphie complète de ses publications – rend hommage à ses travaux et à ses engagements.

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Dictionary of Argumentation An Introduction to Argumentation Studies

Christian Plantin, Studies in Logic and Argumentation, vol. 74, 2018

Contemporary argumentation studies continue a tradition founded by Aristotle, Cicero, Quintilian and others. Since the end of the Second World War, they have been vigorously taken over and reoriented by different schools of thought, stressing their link to the renovated disciplines of logic, dialectic, rhetoric or grammar. Anscombre, Blair, Ducrot, van Eemeren, Grize, Grootendorst, Hamblin, Johnson, Olbrechts-Tyteca, Perelman, Toulmin, Walton, Woods, and many others, have reconceptualized the field, reconnected it to contemporary scholarship and opened up rigorous and innovative avenues of research. At the turn of the century, argumentation in science education and argumentation about socio-scientific issues emerged as new fields within the larger area of argumentation studies.

Within this diverse and challenging context, this comprehensive Dictionary makes a significant contribution to the construction of a common culture and shared vocabulary of argumentation. Argumentation is approached as an all-pervasive linguistic-cognitive activity, and argumentation studies are posited as a multidisciplinary field.
This Dictionary of Argumentation defines 301 concepts. The 223 main entries define, comment upon, and illustrate a specific concept or a set of interrelated concepts. The 78 secondary entries refer to the relevant main entry (-ies). The relationships between the entries are marked by a system of cross-references, which strengthen the conceptual coherence of the Dictionary as a whole.
This is the first dictionary of its kind to be published in English.

Vers une écologie sémiotique de la culture : perception, gestion et réappropriation du sens

Pierluigi Basso Fossali, Lambert-Lucas, 2018

L’époque actuelle – avec son appropriation prothétique de la technologie et sa circulation intensive de représentations à faible taux de responsabilité – semble
garantir l’immédiateté de communications débarrassées de toute herméneutique et de tous filtres critiques. Mais la disponibilité des consommables se heurte à la
stérilité des appropriations. La créativité et l’innovation restent en suspens tandis qu’aux marges des institutions et des modes se développe le pillage médiatique.

La réponse de la théorie ne doit pas se borner à produire une photographie des tendances ou une justification de l’existant. Elle ne peut pas non plus être une abstraction idéale, obsédée par la rigueur interne de ses modèles. En particulier, la sémiotique doit justifier son importance scientifique en montrant l’hétérogénéité des questions de sens, la complexité de la signification face à l’indétermination des scénarios pratiques, l’importance de la culture comme source d’émancipation. Une science des médiations ne doit pas s’attarder aux routines mais travailler sur les crises endémiques des échanges et sur les contradictions du discours social.

Ce livre traverse plusieurs contrées théoriques et pratiques – de la perception aux jeux de langage, des œuvres d’art aux médias – et dégage des propositions de modélisation écologique et différentielle des dynamiques culturelles entre compréhension du passé et invention du futur.

Crises et catastrophes. De la mise en discours à l’argumentation

Durand Marie-Laure, Lefèvre Michel, Prak-Derrington Emmanuelle (dir.), Cahiers d’Etudes Germaniques, n°73, 2017

L’omniprésence des notions de crise et de catastrophe « à tous les horizons de la conscience contemporaine » ne laisse d’interroger l’ensemble des sciences humaines et sociales, et on ne compte plus le nombre de publications qui leur est consacré Pour sa part, ce numéro des Cahiers d’Études Germaniques concrétise les travaux menés par les membres de Sélia (Séminaire de linguistique allemande) sur ces deux notions et leur utilisation profuse dans les discours essentiellement publics, politiques et médiatiques. Les recherches de Sélia, réunissant les traditions de la linguistique textuelle, de l’analyse de discours et de la rhétorique, avaient débouché sur l’organisation d’une journée d’étude à Montpellier, les 9 et 10 octobre 2015, grâce à la collaboration des équipes du CREG (Centre de Recherches et d’Études Germaniques, de Montpellier et Toulouse) et d’ICAR (Interactions, Corpus, Apprentissage, Représentations, de Lyon). Ce sont pour l’essentiel les textes établis à partir de cette journée qui ont été rassemblés dans ce volume, enrichis par des contributions de spécialistes allemands et français, leur participation permettant d’intégrer les approches de la textométrie, de la linguistique de corpus et de la linguistique cognitive.

En savoir plus : numéro intégralement disponible en accès libre sur le site Web de la revue

 

 

La sémiotique du design / Semiotica del design

Beyaert-Geslin, A., Basso, P., et Festi, G., Presses Universitaires de France (fr) / ETS (ita), 2012 (fr) / 2017 (ita)

Sujets : Sémiotique / Design / Sémiotique visuelle

Cet ouvrage étudie la signification des meubles et s’attache spécialement à la chaise. Pour cela, il explore les catégories d’objets. En quoi la présence d’une chaise diffère-t-elle de celle d’une sculpture ? En quoi la chaise se distingue-t-elle d’un autre siège ? Comment les scènes domestiques s’organisent-elles dans la maison ? Quel supplément de sens le designer confère-t-il à l’objet de design ? En déclinant ces diverses facettes des objets, l’ouvrage dévoile une à une les contraintes du designer en même temps qu’il situe les points d’appui de la créativité. Pour caractériser la chaise, on mobilise ici des notions fondamentales de la sémiotique, telles la présence, la valeur et la factitivité afin de concevoir la relation qu’entretiennent les corps et les objets et de saisir quelques ressorts essentiels de la créativité. Sortie de la familiarité qui nous empêchait de la voir, la chaise rendue à la signification offre ainsi quelques précieux prolégomènes à une sémiotique du design.