« La formation de l’impératif dans la grammaire de Bar Hebraeus » (Georges Bohas, in « The Arabist Budapest Studies in Arabic », 40, 2019)

L’article étudie les relations entre le cadre grammatical arabe tel qu’il apparaît dans le Mufaṣṣal d’al-Zamaḫšarī et la grande grammaire de Bar Hebræus qui s’inscrit dans la tradition grammaticale de la Technè de Denys le Thrace, en abordant le traitement de l’impératif.

 

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Le religieux, le narratif et le littéraire. Coran et exégèse coranique dans l’histoire de la littérature arabe (Iyas Hassan, Geuthner, Presses de l’Ifpo, 2019)

Lire le Coran à la manière d’une œuvre littéraire et esthétique ! Voici le projet audacieux et à maints égards novateur du livre d’Iyas Hassan. À partir d’un récit compact et allusif, Mūsā avec le serviteur de Dieu (Cor. 18,60-82), l’auteur propose une analyse méticuleuse et passionnante des techniques de narration à l’œuvre dans le Coran puis dans la tradition exégétique arabe telles qu’elles se manifestent dans le commentaire de Muqātil Ibn Sulaymān (m. 767). Cette double lecture permet de décrire une transition esthétique qui mène à la naissance, vers le milieu du VIIIe siècle, d’un nouveau récit littéraire. Elle met en exergue le rôle des narrations religieuses dans la genèse de la prose littéraire arabe et s’oppose totalement aux affirmations de spécialistes invitant à penser que ce processus a été inauguré à partir des écrits d’illustres prosateurs et secrétaires de chancellerie abbassides.

Dans son célèbre ouvrage The Art of Biblical Narrative (1981), Robert Alter soulignait les progrès de l’enquête philologique sur la Bible tout en rappelant la nécessaire contribution de l’investigation littéraire dans la quête fascinante du sens. La recherche sur le Coran connaît aujourd’hui une situation similaire et Iyas Hassan participe au renouvellement de ces approches. Bien qu’elle soit ancrée dans les études littéraires, sa contribution dépasse le lecteur uniquement soucieux de littérature pour intéresser à la fois l’historien et le théologien, ce qui laisse présager que Le religieux, le narratif et le littéraire sera aux études coraniques ce que fut l’ouvrage de Robert Alter pour les études bibliques.

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Multimodalité du langage dans les interactions et l’acquisition (Audrey Mazur-Palandre et Isabel Colón de Carvajal (dir.), UGA Éditions, 2019)

Cet ouvrage aide à comprendre les phénomènes complexes du langage oral en situation d’interaction verbale. Basé sur des recherches récentes et originales, impliquant à la fois des méthodes variées et des bases théoriques solides, il permet une clarification plurielle de la notion de multimodalité, en prenant en considération les principaux éléments de la communication non verbale (notamment la gestualité) dans la compréhension des pratiques langagières.

C’est ainsi qu’est appréhendé le concept de multimodalité des pratiques langagières orales, à travers le prisme de plusieurs disciplines : les sciences du langage, la psycholinguistique, la linguistique interactionnelle, l’analyse conversationnelle et la didactique.

Cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, étudiants, enseignants et toutes personnes s’intéressant au langage oral en interaction, que ce soit avec de jeunes enfants, dans le milieu scolaire ou encore dans le domaine de la santé.

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Langage et formation professionnelle. Vers une linguistique sociale de la formation ? (Laurent Filliettaz et Patricia Lambert (dir.), « Langage et société », vol. 168, n°3, 2019)

Le champ de la formation professionnelle ne constitue pas un courant dominant de la recherche en éducation. À ce jour, la sociolinguistique, l’analyse conversationnelle et l’analyse du discours ne se sont pas non plus fortement emparées des questions sociales en lien avec le champ de la formation professionnelle initiale et continue.

Pourtant, un ensemble de problématiques actuelles se déploient à l’intersection des sciences du langage et des pratiques de formation professionnelle : quelle est la part du langage dans les questions sociales qui se posent dans la formation professionnelle ? Quels effets, en retour, ces questions produisent-elles sur les cadres de référence des sciences du langage ?

En questionnant les spécificités à la fois théoriques, méthodologiques et empiriques de ce qu’on pourrait désigner comme une « linguistique sociale de la formation professionnelle », les contributions regroupées dans ce dossier thématique viennent éclairer un point aveugle de l’étude du langage sur un terrain à la croisée de l’éducation et du travail.

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« La définition du mot et des parties de la phrase dans la tradition grammaticale syriaque » (Georges Bohas, in « Parole de l’Orient », vol. 45, 2019)

Du fait qu’en syriaque certaines lettres ont une forme différente lorsqu’elles sont en fin de mot, une connaissance intuitive du mot et de ses limites est facile à saisir. Cela n’implique évidemment pas de disposer d’une définition explicite du mot. Au début de la réflexion grammaticale, c’est la définition de la Technè qui a été retenue selon laquelle, le mot est la plus petite partie de la phrase.

Ensuite, les divers traités se sont attachés à définir le nom et le verbe et il faut attendre Bar Hebraeus (1226-1286) pour une définition explicite du mot  inspirée par le grammairien arabe Zamakhsharî : « le mot est une voix qui indique un sens par convention »

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Les composantes du lexique de l’arabe entre motivé et non-motivé (Georges Bohas, Geuthner, 2019)

Résumé partiel : la majorité des arabisants, sémitisants et linguistes adoptent, pour organiser le lexique des langues sémitiques, le concept de « racine », élaboré voici une douzaine de siècles par Sîbawayhi et son « maître » al-Khalîl. Certains sont même allés jusqu’à prendre ce concept pour une réalité innée présente dans le cerveau des locuteurs de ces langues, alors qu’il a été démontré par les travaux antérieurs de l’auteur qu’il échappe totalement à la conscience spontanée des locuteurs natifs. De nombreuses études ont de surcroît prouvé qu’il s’agit d’un concept trop abstrait pour organiser la phonologie et insuffisamment abstrait pour organiser le lexique. L’organisation fondée sur la racine échoue en outre à expliquer les principales caractéristiques de l’arabe : son extraordinaire propension à la synonymie, à l’homonymie et à l’énantiosémie.

Alors pourquoi la majorité des savants s’obstine-telle à demeurer fidèle à ce concept ? La réponse tient au fait qu’elle se fonde sur des théories linguistiques qui, se limitant au niveau des phonèmes et des morphèmes, n’adoptent pas les postulats et cadres conceptuels adéquats, ni la démarche et les unités empiriques pertinentes, et échouent donc à identifier les principales composantes du lexique de l’arabe que masque justement l’organisation fondée sur la racine (tri- ou quadriconsonantique).

Or la recherche évolue, précisément au fil de la découverte des inadéquations des concepts et modèles (ainsi la phonologie structuraliste ne domine-t-elle plus le champ, et a-t-on vu naître la phonologie autosegmentale ou la théorie de l’optimalité…).

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Une organisation phonosémantique du lexique arabe (Georges Bohas, Publications de l’Institut d’Études et de Recherches pour l’Arabisation, 2019)

Cet ouvrage explicite dans un premier temps le concept d’organisation phonosémantique du lexique. Dans cette perspective est ensuite étudiée la matrice {[antérieur], [dorsal]} corrélée à l’invariant notionnel « la courbure ». Cette matrice se réalise dans 951 racines (au sens traditionnel du terme), ce qui correspond à plus d’un millier de radicaux dans l’organisation proposée. Il apparaît clairement que dans cette perspective le lexique n’est pas une simple liste de racines rangées alphabétiquement sans aucun lien les unes avec les autres. Au contraire, par le biais de l’organisation en matrices et étymons, toutes les relations croisées fondées à la fois sur le son et le sens sont explicitement formulées, ou, pour mieux dire, sur la relation motivée entre l’articulation du son (donc le rôle des organes dans cette articulation) et le sens auquel réfèrent les lexèmes constitués de ces sons ; lequel sens est mimétiquement lié aux positions des organes concernés par l’articulation en question.

Cela n’est possible que parce que les constituants primitifs du lexique ne se composent pas de phonèmes mais de traits, ce qui permet de rassembler tous les mots présentant concomitamment un même trait phonétique et un même invariant notionnel, ce dernier étant motivé par l’articulation en jeu dans le premier (par exemple, la notion de « nez » pour le trait [+nasal], la « courbure » pour le trait [dorsal] etc.). La prise en compte du trait phonologique constitue bien un nouveau paradigme dans l’étude du lexique.

 

 

Les Valeurs dans l’argumentation. L’héritage de Chaïm Perelman (Jean-Claude Guerrini, Classiques Garnier, 2019)

Cet ouvrage restitue l’apport considérable du refondateur de la rhétorique Chaïm Perelman sur le point précis des valeurs en prenant la mesure exacte de son entreprise théorique et de la réception qui lui a été réservée dans les études contemporaines d’argumentation et de rhétorique.

 

 

 

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« Le trait [labial] et la motivation en arabe et en français » (Georges Bohas, in « Le français moderne », n°2, 2019)

L’objectif de cet article est de montrer que deux langues aussi différentes que le français et l’arabe font usage du même trait phonétique pour le même sens. On établit d’abord que, dans les deux langues, les termes désignant le nez, ses parties, ses maladies et leur traitement incluent le trait [±nasal]. On expose ensuite la théorie des matrices et des étymons au sein de laquelle s’effectue la démonstration.

On produit alors un nombre significatif de données qui font apparaître que dans les deux langues les termes tournant autour des lèvres manifestent la présence du trait [labial]. On résout quelques objections concernant particulièrement la motivation des termes abstraits et on cite des données qui suggèrent qu’il en va de même dans un grand nombre de langues fort diverses.

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Observer la multimodalité en situations éducatives : circulations entre recherche et formation (Véronique Rivière, Nathalie Blanc (dir.), ENS Éditions, 2019)

Si l’étude, déjà ancienne et dans différents champs scientifiques, des composantes multimodales de la communication fournit aujourd’hui des cadres pertinents pour l’analyse de la production des significations sociales, de l’organisation de l’interaction et du partage des connaissances, cet ouvrage propose de les traiter dans leur rapport à la formation des professionnels en éducation.

À partir d’études empiriques menées dans différents contextes éducatifs (milieu médico-éducatif, enseignement primaire et secondaire, formation professionnelle initiale et continue), et en s’appuyant sur la sémiotique sociale de G. Kress, il interroge les conditions méthodologiques dans lesquelles les pratiques éducatives mobilisant diverses ressources sémiotiques, comme le corps, l’espace, les objets et le langage, peuvent être observées et interprétées. Il questionne également la manière dont ces conditions d’observation et d’interprétation peuvent être réinvesties dans la formation aux métiers de l’éducation et appelle à une reconnaissance des pratiques multimodales dans la construction, la médiation ou l’appropriation des savoirs.

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La communication à l’épreuve du geste numérique (Pierluigi Basso Fossali, Marion Colas-Blaise, Maria Giulia Dondero (dir.), « Médiation et Information » n°47, 2019)

Ce numéro de M.E.I vise à rendre compte de la manière dont les technologies numériques ont transformé nos gestualités quotidiennes. Cette enquête s’inscrit dans la perspective de la théorie de l’énonciation, mais aussi des problématiques reconnues par l’analyse du discours, qui sont au cœur des Sciences de la Communication et de l’Information.

Les auteurs impliqués dans ce numéro se sont ainsi consacrés à relever un double défi : analyser l’ultra-contemporain de manière critique et réinterroger à nouveau frais les dimensions sensible, ergonomique et éthique des pratiques instrumentées.

 

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« Some theoretical and methodological challenges of transcribing touch in talk-in-interaction » (Luca Greco, Renata Galatolo, Anne Sylvie Horlacher, Vanessa Piccoli, Anna Claudia Ticca, Biagio Ursi, in « Social Interaction. Video-Based Studies of Human Sociality », vol. 2, n° 1, 2019)

In this paper, we deal with theoretical and analytical issues raised by the transcription of touching practices. We will focus on both transcription resources and on how these resources are suitable for representing relevant analytical issues in studying touch. In particular, we are faced with methodological and epistemological issues at work with the visual and iconic dimensions of transcription systems and their relation with sensorial modality – touch – that can be, according to the context, purely visual (touch for showing and mapping), tactile (touch for testing and diagnosing), and tactile and visual (touch for orienting and guiding).

 

À noter : Lorenza Mondada est l’auteure de l’article « Transcribing silent actions: a multimodal approach of sequence organization » dans le même numéro.

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