Les interactions en langues romanes : études multimodales (Biagio Ursi et Vanessa Piccoli (éds.), « Bulletin suisse de linguistique appliquée », n°111, 2020)

Ce numéro, édité par Biagio Ursi (université de Lorraine, ATILF, ) et Vanessa Piccoli (ENS de Lyon, ICAR), réunit des travaux portant sur l’analyse multimodale d’interactions se déroulant en une large gamme de variété de langues romanes : français de France et de Suisse, portugais brésilien, italien, espagnol colombien et espagnol L2, interactions plurilingues.

Les contributions rassemblées dans ce volume s’inscrivent toutes dans le courant interactionniste. Les données ont été collectées à l’aide de caméras et, par leur nature, se prêtent à une analyse séquentielle et multimodale fine.   Les articles présentés documentent des contextes bien différents – des classes de langue aux salons commerciaux, en passant par les émissions radiophoniques, les conversations familières, les réunions de travail – et des phénomènes interactionnels variés, qui illustrent des pratiques encore peu étudiées dans les langues romanes.

La version numérique du volume sera disponible en ligne en avril 2021. Des exemplaires papier peuvent être commandés en écrivant à Bulletin.Valsasla@unine.ch.

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Actes du ICODOC 2019 : Émotion, empathie, affectivité. Les sujets et leur subjectivité à travers les pratiques langagières et éducatives ( Luisa Fernanda Acosta Córdoba et Vanessa Piccoli (éds.), SHS Web of Conferences [en ligne], vol. 81, 2020)

Pour sa troisième édition, le colloque pour jeunes chercheurs et chercheuses ICODOC a proposé un espace de réflexion autour d’un sujet qui suscite un intérêt grandissant dans les sciences du langage et de l’éducation : les émotions. La prise en compte de l’affectivité, autant des sujets étudiés que des chercheurs eux-mêmes, se décline à travers plusieurs choix terminologiques, qui correspondent à des approches et des traditions différentes. Ce volume témoigne de cette variété théorique et méthodologique, en proposant des contributions qui se situent en linguistique interactionnelle, analyse du discours, didactique des langues, sciences cognitives, sciences de l’éducation, sémiotique et typologie linguistique.

Les quatorze contributions réunies dans ce volume ont été organisées en trois grands axes : le premier est consacré à l’analyse des manifestations émotionnelles émergeant en interaction dans plusieurs contextes ; le deuxième a pour sujet central le rôle de l’affectivité dans l’apprentissage et les pratiques éducatives ; le troisième et dernier axe porte sur les différents modes de sémiotisation des émotions dans la langue et dans le discours.

En savoir plus : actes intégralement disponibles en libre accès via la plateforme SHS Web of Conferences

« De la transmission d’informations cliniques au partage de savoir lors de relèves infirmières » (Isabel Colón de Carvajal, Louis Maritaud, Benoit Chalancon et Justine Lascar, in « Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage », n°36, 2020)

La relève infirmière, liant des équipes de soins en psychiatrie, garante de la continuité des soins, est riche d’une interaction singulière et variée, et ne se limite pas à la simple transmission d’informations, mais tend à co-construire une réflexion d’équipe tournée vers le patient. L’approche interactionnelle (Grosjean & Lacoste, 1999) et multimodale proposée ici vient mettre en lumière des compétences spécifiques de l’exercice infirmier au quotidien. À l’aide d’une captation audio-vidéo réalisée in situ, et dans une approche théorique s’inscrivant dans celle de l’analyse conversationnelle (Sacks et al., 1974), nous avons pu voir lors des réunions de relève, que l’actualité clinique du patient, autrement dit le « faire savoir », n’est pas la seule préoccupation des soignants. Une dimension didactique : le « faire apprendre » apparaît de façon assez fréquente, en rapport avec l’exercice infirmier en tant que tel, et non plus directement avec les patients.

Le projet CIPSY permet la mise en avant d’une richesse « technique » de l’infirmier à travers des compétences spécifiques. Les analyses futures de ce corpus complexe constitué viendront illustrer la richesse du travail quotidien des infirmiers, l’analyse conversationnelle trouvant ici un terrain d’exploration nouveau et contributif à la qualité des soins.

En savoir plus : article disponible en libre accès sur le site Web de la revue.

La transcription automatique : un rêve enfin accessible ? : Analyse et comparaison d’outils pour les SHS. Nouvelle méthodologie et résultats (Elise Tancoigne, Jean-Philippe Corbellini, Gaëlle Deletraz, Laure Gayraud, Sandrine Ollinger et Daniel Valero)

Le recueil de la parole est au cœur des démarches de recherches qualitatives de nombreuses disciplines de sciences humaines et sociales. Depuis la démocratisation des outils d’enregistrement dans les années 80 et surtout 90, la pratique de la transcription de l’intégralité de la parole enregistrée est devenue quasiment la norme, mais elle demande beaucoup de temps et s’avère souvent fastidieuse et un peu décourageante. À l’heure de l’intégration de modules d’intelligence artificielle aux algorithmes de reconnaissance automatique de la parole, ces derniers progressent rapidement et le fantasme de pouvoir automatiser cette tâche longue et pénible semble se rapprocher, voire être déjà accessible. Ce rapport présente le résultat d’un travail de comparaison de 8 outils de transcription automatique (Go Transcribe, Happy Scribe, Headliner, Sonix, Video Indexer, Vocalmatic, Vocapia, You- Tube) effectué par des membres du réseau méthodologique CNRS MATE-SHS (dont Daniel Valero, ICAR).

Quatre extraits de fichiers audio de langue française ont servi de test, chacun avec ses spécificités propres : un texte lu, un cours magistral enregistré en situation, un entretien avec deux interlocuteurs, une réunion associative avec de nombreux locuteurs.

En savoir plus : rapport disponible en libre accès via HAL-SHS

 

Sīrat al-Malik al-Ẓāhir Baybars (texte arabe de la recension damascène, t.17, éd. Georges Bohas et Iyas Hassan)

Cet avant dernier volume qui renferme dix-sept chapitres en 449 pages s’ouvre avec le thème des doubles et substitutions qui revient avec le voyage de Baybars à Deux-Soleils-Deux-Lunes. Dans cette ville aux confins du monde, qui reproduit trait pour traite le Caire, Baybars découvre son double ainsi que ceux de ses hommes, qui vivent dans un palais identique au sien sur une terre on dirait l’Égypte, sous un ciel si familier.

En savoir plus : présentation complète disponible sur le site Web de l’éditeur

« Transitivité et intransitivité dans la grammaire de Bar Hebræus » (Georges Bohas, in « Histoire Epistémologie Langage », vol. 42, n°1, 2020)

Cette contribution aborde la façon dont Bar Hebræus a emprunté au grammairien arabe Zamaḫšarī la notion de transitivité et comment il l’a reformulée dans le cadre de sa grammaire du syriaque. Je procède en traduisant et commentant son texte et en comparant avec celui de Zamaḫšarī. Son chapitre s’organise en quatre sections : 1. Première section : à propos d’exemples de verbes intransitifs et transitifs ; 2. Deuxième section : des causes de la transitivité ; 3. Troisième section : à propos de l’échec des causes de la transitivité ; 4. Quatrième section : à propos des verbes qui sont à la fois transitifs et intransitifs. C’est dans ces deux dernières sections que se manifeste le mieux la différence entre les deux grammairiens ; et il apparaît que si Bar Hebræus a emprunté le concept de transitivité à Zamaḫšarī, il en a donné un traitement qui dépasse largement sa source.

En effet, la seule préoccupation du grammairien arabe est d’assurer que tous les compléments sont bien à l’accusatif et d’identifier les causes de la transitivité. N’ayant pas ce problème d’assignement de l’accusatif, Bar Hebræus discute non seulement de la transitivité (simple, double ou triple) et de ses causes (pour nous, FIV et FII) comme le fait Zamaḫšarī, mais en outre, il envisage aussi l’échec de ces causes : les cas où elles ne produisent pas la transitivité et les cas où elles produisent autre chose que de la transitivité, à savoir un sens nouveau étranger. Les mêmes échecs se produisent en arabe. Enfin Bar Hebræus étudie en détail les verbes labiles qui sont à la fois transitifs et intransitifs.

En savoir plus : article disponible en texte intégral sur le site Web de la revue

Incitation à l’action et genres de discours programmateurs (Pierluigi Basso Fossali (dir.), « Langue française », n°206, 2020)

Presque vingt ans après les numéros de Langages et de Pratiques (en 2001) sur des thématiques proches (respectivement Les discours procéduraux et Les consignes dans et hors l’école), les genres de discours programmateurs ne sont certainement plus le « ‹continent noir› de l’analyse textuelle » (Garcia-Debanc, 2001a : 5). Néanmoins, ce numéro souhaite approfondir et renouveler le débat à partir d’une série d’aspects qui restent problématiques : l’autonomie ou le syncrétisme entre discours qui disent ‹de faire› (incitation) et discours qui disent ‹comment faire› (programmation), les équilibres modaux entre destinateur-programmateur et destinataire-réalisateur dans les stratégies énonciatives, le rôle de la ‹planification technique› de l’ordre des opérations, les supports d’autres types de discours pour adapter le discours programmateur au terrain d’exercice.

Plusieurs membres d’ICAR ont contribué à ce numéro :

  • Pierluigi Basso Fossali : Entre finalité et technique : La classe des discours programmateurs ;
  • Alain Rabatel : Pour une analyse conjointe de la programmation des actions et de l’incitation à l’action. Le discours de Daech dans Dar al-Islam ;
  • Nathalie Rossi-Gensane, Mathieu Goux : Discours programmateurs : le cas des recettes de cuisine en français classique et en français moderne.

En savoir plus : numéro disponible en ligne via CAIRN (accès authentifié).

« Représentations et usages du traducteur en ligne par les lycéens » (Aurélie Bourdais et Nicolas Guichon, in « Apprentissage des langues et systèmes d’information et de communication », vol. 23, 2020)

Le traducteur en ligne est un outil dont l’apparente popularité auprès des lycéens suscite souvent de vives réactions parmi les enseignants de langues vivantes en France. Le but de cette recherche, qui s’appuie sur une enquête par questionnaire menée auprès de lycéens, est de dresser un état des lieux de la fréquence d’utilisation et des représentations des traducteurs en ligne par ces élèves et d’analyser leurs pratiques déclarées pour identifier les enjeux didactiques que posent ces outils aux enseignants de langue. Le lien entre utilisation des traducteurs et niveau de langue estimé sera analysé.

Il ressort de cette étude que les traducteurs en ligne sont souvent utilisés pour des tâches de production écrite à des fins de vérification lexicale, ce qui pourrait répondre à la fois à des besoins cognitifs et affectifs, et que leur fonctionnement est généralement mal maîtrisé. Selon cette étude, les lycéens perçoivent un net décalage entre leurs pratiques et les préconisations de leurs enseignants. Des pistes de réflexion sur l’intégration des traducteurs au sein du cours de langue sont proposées en conclusion.

En savoir plus : article et volume intégralement disponibles en libre accès sur le site Web de la revue

« Étude des enjeux symboliques liés aux objets nomades connectés : vers une analyse critique du discours » (Jean-François Grassin et Nicolas Guichon, in « Nouveaux cahiers de la recherche en éducation », vol. 21, n° 3, 2019)

L’étude cherche à déterminer quelles incidences les usages d’outils numériques nomades introduits par les étudiants lors de cours de langue française peuvent avoir sur les contours d’une forme académique définie comme une forme d’organisation de l’enseignement/apprentissage en contexte universitaire. Une enquête par entretiens collectifs auprès d’étudiants et d’enseignants a été menée dans un centre d’apprentissage du français dont le public est constitué d’étudiants internationaux afin de recueillir les discours des acteurs et en proposer une analyse critique attentive à l’expression des rapports de pouvoir. Notre étude atteste qu’une forme académique perdure au travers d’une dialectique de la docilité et du contrôle dans un entre-deux où les règles vis-à-vis de l’usage des objets connectés sont rarement édictées.

En savoir plus : article intégralement disponible en libre accès via Érudit

« Dimension non verbale des interactions dans l’espace scolaire en Chine. Approche exploratoire dans une école primaire de Pékin » (Shiyan Qiao et Jean-Claude Régnier, in « Revista Akadèmeia », vol. 18, n°1, 2019)

En France, de nombreux chercheurs s’intéressent à la question de l’expression du corps dans le processus d’apprentissage. En classe à l’école, le corps de l’enseignant comme celui de l’élève est en mouvement continuel, ce qui peut entraîner des ruptures dans la communication maître-élève dans les situations d’enseignement-apprentissage. Ces mêmes discontinuités peuvent également être des atouts pour renforcer la communication dans de telles situations.

Partant de ce constat, nous avons exploré cette question de la place du corps et des expressions non verbales en Chine. Dans le cadre de l’école primaire contemporaine, la recherche que nous avons entreprise, vise à comprendre le type de relations que le sujet apprenant établit avec son environnement à l’école, qu’il soit en situation de réussite ou en situation de difficulté. C’est un domaine plutôt nouveau en Chine où la recherche sur l’expression du corps dans l’enseignement a commencé seulement au début du XXIe siècle. En nous appuyant sur les théories occidentales sur la communication non verbale, nous avons entrepris en Chine une étude de terrain. Cette étude prend en compte des dimensions multiples empruntant à divers domaines telles que la psychologie, la philosophie, la sociologie, l’anthropologie, et ceux centrés sur la communication non-verbale.

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